IX—UNE VISITE MATINA LE
Rouvenat sortit de la chambre et descendit dans la grande salle,
Presque aussitôt la porte s'ouvrit et le tueur de loups entra dans la ferme.
Le brave homme paraissait exténué de fatigue.
— Bonjour, monsieur Pierre, dit-il en se découvrant, comment vous portezvous ce matin ?
Le domestique avait eu le temps déjà de se composer un visage de bonne humeur.
— Très-bien, ami Jean Renaud, très-bien, comme un homme content de voir se préparer une belle journée de soleil pour nos foins.
— Il fera encore chaud tantôt tout de même, monsieur Pierre.
— Quel vent vous amène par ici de si bonne heure, Jean Renaud ?
—J'e suis allé déjà à Frémicourt où j'avais une commission à faire, et, en revenant, j'ai pris le chemin de la ferme : vous savez, l'habitude...
— C'est bien aimable à vous, mon cher Renaud, vous n'oubliez Jamais vos am's.
—Si j'ai des défauts, monsieur Pierre, ze n’est pas celui de l’ingratitude,
— C'est vrai. Voulez-vous boire une petite goutte ?
— Non, merci ; il est encore trop matin, je ne prendrai rien.
— Qu'est-ce qu’on dit de bon à Frémicourt ?
— Rien de bon, monsieur Pierre, au contraire,
Rouvenat ne put s'empêcher de tressaillir,
— Comment, au contraire ; que voulez-vous dire ? fit-il en jouant l’étonnement...
— Vous ne savez douce pas encore ?.. , — Quoi ?
— Li commune est en grande émotion, — Qu'est-il done arrivé ?
— Oh ! un grand malheur.
— Un incendie ?
— Non, c'est plus affreux encore, — Vous m'effrayez, Jean Renaud.
— C'est vraiment épouvantable, monsieur Pierre, — Enfin, qu'est-il arrivé ?
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— Un crime, monsieur Pierre, — Un crime?
— Un crime abominab'e ! Il a été commis pendant la nuit.
— À Frémicourt!
— Non, sur la route pierre,
— C'est affreux !
— Horrible, monsieur Pierre ! Un pauvre joine homme a été assassiné.
— Mon Dieu, mon Dieu, fit émotion : c'est la première vallée si tranquille,
, à un quart d'heure d'ici, avant d'arriver au pont de
Rouvenat, donnant les signes d’une profonde fois qu'une chose pareille arrive dans notre honnôûte
— C'est vrai; mais ça n’en est que plus malheureux.
— On doit déjà connaître l'assassin ?
— Non, J'ai même dans l'idée qu'on ne le découvrira pas.
— La jistice à de bons yeux, Jean Renaud, et elle sait chercher.
Le tueur de loups secoua la tête.
— Elle ne trouvera pas, murmura-t-il,
Rouvenat s'approcha de Jean Renaud et son regard scrutateur essaya de lire dans sa pensée, Mais ce’ ai-ci nétrable,
— Au fait, reprit-il, d’un ton presque indifférent, ne parlons plus de cela, Un jeune homme à été assassiné ln nuit dernière : voilà le fait, Pourquoi ? par qui? Ceci ne nous regarde pas. Nous ne pouvons rendre la vie à la victime, n'est-il pas vrai ?
avait couvert son visage d’un masque impé=
— Malheureusement, répondit Rouvenat avec un accent douloureux, qui n'échappa point au tueur de loups.
— Comment va M. Mellier? demanda.t-il.
— Très-bien, Jean Renaud,
— Est-ce qu'il est déjà dans la prairie ?
— Non, il est en train de faire ses comptes là-haut, Est-ce que vous avez quelque chose à lui dire? Je vais...
— Non, monsieur Pierre, non, ne le dérangez pas. Et mademoiselle Lucile ?
—Elle va bien aussi, très-bien.
Elle doit être levée : elle ne tardera pas à descendre, n'est-ce? Je vais l’'attendre un moment,
— Est-ce que vous avez besoin de la voir?
— Oui, une petite commission à lui faire, de la part de Geneviève,
— Oh ! c'est tout à fait contrariant, dit Rouvenat.
— Comment cela ?
— Vous arrivez un peu tard,
— J'avais peur d'arriver tôt, monsieur Pierre. Je sais que Mile Lucile, sans reproche, bien sûr, n’est jamais la première levée à la ferme.
— Aujourd'hui, par extraordinaire, elle à dû être la première sur pied afin de se préparer pour son voyage, et elle est partie avant le jour.
La figure de Jean Renaud exprima la plus vive contrariété.
— J'ai vu Mlle Lucile hier soir, reprit-il, elle ne m'a point dit qu’elle devait faire un voyage.
— Elle ne le savait pas encore, La lettre qui la obligée à partir lui a été remise très-tard dans la soirée,
Jean Renaud tourmentait son chapeau en’ re ses mains. Il paraissait atterré.
— Est-ce qu’elle sera longtemps absente ? demanda-t-il,
titre — nt
34 LA MALÉDICTION D'UN PÈRE — Huit jours, peut-être quinze, — Elle est donc allée bien loin ?
—En Champagne, Une de ses amies de pension est dangereusement mala-
de : elle appelle Lucile près d'elle, Vous comprenez, Jean Renaud, une amie
qui se meurt, c'est dificile de refuser, Mellier s'est fait tirer l'oreille, mais il a
fini par consentir, et la jeune maîtresse est partie, — Si j'avais su, si j'avais su, murmura le tueur de loups, — Eh bien ?
— Je serais arrivé une heure plus tôt, je le pouvais, — Elle était encore à lu ferme, vous l'auriez vue,
- Enfin...
— Votre femme ne sera probablement pas contente ? —Je le crois, Mais Je ne pouvais prévoir... Non, ce n'est pas ma faute,
— C'était donc bien important ?
— Assez, à ce qu'il paraît,
— Mon cher Jean Renaud, ce n'est qu'un retard, et, quand la jeune maîtresse
reviendra...
— Au fait, vous avez raison, monsieur Pierre, il sera toujours temps...
C'est égal, il ÿ a comme ça des Jours où rien ne vous rénssit, Voilà le soleil qui . Commence à monter ; allons, je m'en vais : au revoir, moiseur Pierre !,,, Dites le bonjour de ma part à M, Mellier.
— Je n'oublierai pas; au revoir, Jean Renaud, à bientôt !
— Ah ! fit tout à coup le tueur de loups, où donc ai-je la tête? J'allais oublier mon fusil,
— Hein! fit Rouvenat qui tressaillit,
— Hier, j'avais affaire à Terroise, continua Jean Renaud, et comme il ne pouvait me servir qu'à m'embarrasser, je l'ai laissé ici.
Il s’approcha de la cheminée, au manteau de laquelle l'arme était accrochée, la prit et passa la bretelle sur son épaule gauche,
Rouvenat sentit le sang battre ses temps en même temps qu'une sueur froide perlait à son front.
II découvrait alors seulement que son maître s'était servi du fusil de Jean Renaud pour commettre le crime,
Une horrible angoisse le saisit au cœur. Le malheureux crut qu'il allait défaillir, Cependant il se tint ferme sur ses jambes.
Heureusement, Jean Renaud n'avait plus rien à dire. Il envoya un dernier salut de la main à Rouvenat, accompagné de ces mots :
— Au revoir !
Et il sortit de la ferme,
Le pauvre Pierre essuya la sueur de son front, but un grand verre d’eau et se laissa tomber sur un des bancs de bois près de la table,
Mon Dieu, se disait-il, mon Dieu, que va-t-il arriver ? Si Jean Renaud s’aperçoit que son fusil à été déchargé, il comprendra que quelqu'un s’en est servi : il aura un doute ; il le dira... On voudra savoir... il faudra expliquer... On viendra ici, on interrogera. ., Et lui, lui, qui veut se suicider !... Que faire, mon Dieu, que faire ? Oh! j'ai peur, oui, maintenant j'ai peur !
Il fut subitement distrait de ses lugubres pensées par l'entrée d’un garçon de ferme qui venait lui demander des ordres pour le charriage de la matinée.
Après que Rouvenat l’eut quitté, J acques Mellier avait chargé ses deux pistolets jusqu’à la gueule ; puis, ayant pris une feuille de papier blano, il s'était is à écrire d’une main fiévreuse,
C'était quelque chose comme un testament ou ses dernières volontés.
En rentr:
inquiétude :
Genes io vi l'attestaient Jean Ren Il n'en poux — Eh ! | — Tu ne -Oh! ls Elle S'app — Connie sière : tes vi — La pou — Et puis — Parble — Jean, t une nuit? Ï| me venaient — (a, c'es — Jean, t un malheur ( —— C'est vi Puis, élev:
— Muinte — Oui, me — Seruis-t — Tu sais — Net'es- — Je ne |; devais être r — Diable, — Tâche d —.Je t'as — Enfin, t —Je suis I santé de la de matin pour |:
— Encore ?
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— Ah Le .
— Ensuite,
rine tantôt, t Terroise et...
—Tuyes.
— Voila ; j — Sans son en ne te vVOya nable,
mulaami sila
l'ESSCG S,,,
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