‹ La malédiction d'un père [microforme]Chapitre 81 sur 109 · Η-ROUVENAT VEUT ENRICHIR MARDOCHE · texte numérisé non relu

Η-ROUVENAT VEUT ENRICHIR MARDOCHE

Blanche était triste, Blanche souffrait.

Sa tête gracieuse se penchait languissanite comme la corolle d'une fleuw | s'incline prête à s'effeuiller. Sa gaieté, ses joies, ses beaux rêves avaient pri leur volée ainsi qu'un essañn d'abeilles au premier coup de tonnerre qui nonce l'orage,

On lisait sa douleur daris ses yeux, dont la douce clarté s'était éteinte, «: sur ses lèvres décolorées lorsque, parfois, voulant rassurer son parrain, elle “ef forçait de trouver un pâle sourire.

Blanche pleurait souvent, et sur les roses de ses joues la neige était tonihée Rouvenat l’entourait d'une sollicitude inquiète, Mais ni les paroles de ques Mellier, ni la tendresse touchante de son parrain ne pouvaient la console:

La révélation brutale de François Parisel l'avait frappée au cœur, Toutefois le souvenir d'Edmond était aussi pour beaucoup dans ses sombres tristesse Le ressort de sa vie s'était brisé, elle se voyait condamnée à une douleur sx tin ; elle n'avait plus rien à attendre, plus rien à espérer,

Une première illusion perdue, un preniier rêve de bonheur détruit, causent toujours un effroyable désenchantement.

La première fois que Rouvenat la vit, marchant à pas lents, les bras pen: dunts à ses côtés, le front courbé vers la terre, regardant tristement les fleur qu'elle aimait tant et qu’elle ne cueillait plus, il se sentit bouleversé jusqu'au fond des entrailles,

— C’est grave, grommela-t-il entre ses dents, c'est trés-grave !

Et il se sauva dans les champs et se mit à courir comme un fou le long des haies.

-— C'est mu faute, s'écria-til, c'est ma faute ! J'avais juré de veiller sur elle, de la protéger, de la défendre, et je n’ai rien fait... Elile pleure, elle est mal: heureuse... Ah! je suis un misérable !

Ses doigts se crispèrent sur sa poitrine nue et ses ongles labourèrent sa chair,

Le pauvre homme était désespéré.

— Que faire ? reprit-il en pressant duns ses mains son front ruisselant de sueur, que faire?... Oh! ce Parisel, l’infâme! Et l’autre, que j'ai éloigné ! Elle l'aime, je le vois bien maintenant ; mon Dieu, mon Dieu, elle en moura! Tonnerre ! hurla-t-il avec une énergie sauvage, si elle tombe malade, on me portera le lendemain au cimetière ; il y a assez de pierres sur le chemin pour me broyer la tête. Un gueux comme moi n’a pas besoin de vivre !

Quand il rentra à la ferme, il trouva la jeune fille dans la cour, jetant des graines à une cuvée de poulets. Il la prit dans ses bras et la serra fiévreusement contre son cœur en couvrant son front de baisers.

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la cour, jetant des ; la serra fiévreuse-

au cœur, Toutefois,

LA MALÉDICTION D'UN PÈRE — Tu m'aimes trop, lui dit elle, tu m'

aies trop !

— Non, je ne

taie pas assez, puisqu — Mais, au contraire, D'ailleurs, je suis

e je n'ai pas su te rendre heureuse.

tu as tout fait pour moi, aussi heureuse qu'il m'est possible — Non, non, fit-il en sec fois, tu as perdu t pleures,

de l'être, ount tristement la tête, tu n'e: ] à gaieté, tes joues ont päli, .. Tiens, en ce moment ème

— Mais ce n'est pas ta faute, s'é parrein, sachant ce que Je sais, est.

bien de bieurer ! Si voudrais, et toi, p

, je Vois des larmes dans tes yeux.

cria-t-elle, ce n’est pas ta faute !

J'étais joyeuse, si je arvrain, tu dirais que je nai malheureux pere et à ma mére, Civry.

pas de cœur...

—- Blanche, est-ce bien à eux — Tn veux savoir la vérité: eh bien, je sens que | marier et fière d'aimer... C’est si bon d'échanger de marcher à deux dans ln vie, | sur le bras d'un ami dont vous sentez le Mais, quand ces folles idées me vie

nnent, je | Je veux, je ne dois penser qu'au malheur de mon pére !.,

que J'aime de tout mon cœur. …. Oui, pour une pauvre fille comme moi, moindre choc peut briser, il est doux de s'appuyer comme je le f nant sur le bras d'un ani ? A !

Rouvenat tressaillit,

— aie pas cette crainte, dit:il. Je suis plein de santé et ie n'ai pas envie le te quitter avant d'avoir rempli ma mission jusqu'au bout, Seulement, voisfu, je ne veux pas que tu ploures, je ne pris me faire à cette idée que ma Blanche peut souffrir, Ah! c’est ton rire joyeux, c’est le bonheur de tes jeunes an. nées que je voudrais te rendre !

— Cela reviendr: peut-être, ré avec le temps tout s'oublie,

— Dis donc, Blanche, re

, à eux seuls que tu penses !

& Main dans la main, ou de s

pondit-elle tristement, si, comme on le dit, prit Rouvenat, jugeant utile de clu sation, il me semble que ton ami, le vieux Mardoche aujourd’hui, si je ne rue trompe pas, | Neuillon. Serait-il devenu riche ?

— Je lai vu hier,

— ici?

inger la conver-

, te néglive un peu. C'est

e quatrième jour qu'il n'est pas Venu au Il À Î

— Non, je l'ai rencontré à Civry.

— C’est Vrai, tu est allée à Civry.

— Porter uhe couronne sur la tombe ‘à personne inconnue, qui entretient | deux énormes bouquets, le matin verts de la resée de la nuit.

— Oui, c'est surprenant, dit Rouvenat songeur ; devine pas qui peut avoir porte }

-— C'est ég nercier.

— Je m'informerai à Civry, on me dira son nom. J'ai besoin de le voir, je voudrais causer avec lui, pas venu au Seuillon ?

de ma mère C'est singulier, parrain, a tombe de fleurs, avait encore apporté même, car les pétales des fleurs étaient cou-

J'ai beau chercher, je ne.

gardé ainsi le souvenir de Geneviève. Enfin, qu'im..

al, parrain, je voudrais bien connaître cette personne

pour la re.

Mais revenons à Mardoche Ë Ta-til dit pourquoi il n’est.

répliqua-t-elle vivement.

lus comme aut reta ne ris plus ; tu souffres, tu

Voyons, ce que je puis être gaie! Cia me fait du chantais comme autrefois, y ren je pense à mon qui sont pour toujours dans le cimetiere de

aurais été heureuse de ne ses pensées, de se dévouer.

‘appuyer, confiante, cœur battre à l'unisson du vôtre!

es repousse de toutes mes forces :

À toi aussi, parrain, que le als 1nainte- : Si tu mourais, que deviendrait ta pauvre Blanche!

— Il a fait, paraît-il, une longue tournée du côté de Saint-[run. — C’est absurde, dit Rouvenat mécontent, il n'a pas besoin de courir les ‘chemins, du moment qu'il est sûr de trouvur à la ferme, près de toi, Blanche tout ce qui lui est nécessaire.

— C’est ce que je lui ai dit, — Entin, quand viendra-:t:il ?

— Ces jours-ci.

— Ces jours-ci, cos jours-ci, c'est vague. "il ivest pas venu aujourd'hui à deux heures je monterai jusqu’à ses roches, il fant absolument que je le voie. — Parrain, peurquoi tiens-tu donc tani à causer avec Mardoche ? -—- Blanche, ces jours derniers, Mardoche m'a rendu un grand service, et, puisqu'il faut le dire, il m'a sauvé la vie, je veux le remercier. — Mardoche ne m'a pas parlé de cela. Que t’est-il donc arrivé? — Un accident... je te dirai cela plus tard. Ah! Mardoche est décidément un homme bien étrange ; il espère, sans doute, en cessant de venir au Seuillon, se soustraire à ma reconnaissance, Mais il se trompe : Rouverat sait se souvenir, Rouvenat n'oublie jamais. Je ne veux plus qu’il mendie ! Chaque fois qu'il venait au Neuillon et que je le voyais, sa besace sur le dos, j'éprouvais une sensation douloureuse, il me semblait que quelque chose se aéchirait en mot, De gré ou de force, je lui ferai accepter une petite rente qui le mettra à l'abri du besoin pour le reste de ses jours. Et puis, j'ai encore une idée : les inaçons, Blanche, sont depuis ce matin sur la masure de Jean Renaud ; quand ta maison rera rebâtie, ma mignonne, je la ferai meubier, et comme il lui faudra un locataire, j'ai pensé que Mardoche serait là très-bien. que dis-tu de cela ? La jeune tille lui sauta au cou.

— Oui, parrain, oui, et si Mardoche fait des difficultés, tu lui diras : Blanche le veut !

Ce n’était point, comme le pensait Rouvenai, po” soustraire aux cémoignages de la reconnaissance que Mardoche s'était absteuu de venir au Seuillon. Le vieillard ne pensait déjà plus au service qu’il avait eu le bonheur de rendre au parrain de Blanche, en le retirant du puits ; son esprit et sa pensée avaient des préoccupations autrement sérieuses. Il n’était pas venu à la ferme unique ment dans la crainte de se trahir. Il sentait que, maintenant, un mot, un regard, une larme de sa fille pouvait amener une explosion entre lui et Rouvenat. Ah! s'il n’y avait eu que Blanche et Edmond, il n'aurait pas été embarrassé pour agir ; mais Jacques Mellier se dressait fatalement devant lui. [l était dans une impasse : impossible d'avancer.

— Comment faire? comment faire, se demandait-il le cœur plein d'angoisse. — Il était désolé de son impuissance, Comme il l'avait dit à Blanche le matin, Rouvenat, ne voyant pas venir Miwdoche, se décida à aller le trouver.

Il le surprit, debout devant les roches, dans une attitude pensive, et le regard plongé dans la vallée.

— Tiens, c’est monsieur Rouvenat ! fit Mardoche sans chercher à cacher son étonnement.

— Bonjour, Mardoche, dit Rouvenat d'un ton amical, je vois à votre air que vous ne vous attendiez pas à recevoir ma visite,

— C'est vrai, monsieur Rouvenat, Est-ce donc le pauvre Mardoche que vous venez voir ?

— Si je vous dérange, c’est votre faute; voyant que vous oubliez le chemin de la ferine, j'ai pris, moi, celui des roches.

ce qué — | la mai jours ?

être re la vie uni, Sc que vo comme Mardo.

—7) PE Je j'ai ape gendar!

je ne w — Je doche e en les m rende p aventur quitté li c'est la :

—Je nous fai vous, M:

— De ne La — Ce:

jours que cela il m — Me — Je ; — C'e au métier -- Ah — Mar je puis fa du besoin est entièr Cents fran Deux g — Etp milieu de je fais bât à Blanche — Ah!

— Oui, Vous recev

‘un.

n de courir Îles

Me le toi, Blanche

aujourd'hui à que je le voie, che ?

and service, et,

vé ?

est décidément nir au Seuillon, int sait se soue! Chaque fois dos, j'éprouvais se aschirait en qui le mettra à : une idée: les Renaud ; quand “ne il lui faue dis-tu de cela ?

diras : Blanche aire aux cémoinirau Seuillon.

nheur de rendre \ pensée avaient a ferme unique un mot, un relui et Rouvenat.

s été embarrassé ui. [l était dans lein d'angoisse.

)yant pas venir nsive, et le reher à cacher son à votre air que

rdoche que vous

xbliez le chemin

— Soyez le bienvenu dans mon domaine, monsieur Rouvenat, et dites-moi ce que Mardoche peut faire pour vous être agréable,

— D'abord, dit Rouvenat en lui tendaut la main, touchez la, Mardoche, c'est la main d’un ami, Pourquoi ne vous a-t-on Pas Vu au Seuillon depuis quatre jours ? Est ce parce que, ayant fait une bonne action, vous ne vouliez pas en être remercié ! Mardoche, en me retirant du puits vous ne m'avez pas sauvé la vie seulement, vous avez conservé à la demoiselle du Seuillon son meilleur «ni, son plus sûr Protecteur, Ce matin, en causant avec Blanche, je lui ai dit que vous m'aviez sauvé la vie, en me gardant bien, toutefois, de lui ‘aconter comment je Suis tombé dans le vieux puits ; je l'aurais inutilement effrayée.

— Oh! quelqu'un vous a bien aidé à y descendre, monsieur Rouvenat, dit Mardoche en souriant.

— Mardoche, vous savez ce qui s'est passé : vous avez vu ? — Je n'ai rien Vu, j'ai deviné, Dimanche dernier, dans le j'ai aperçu les deux Parisel, courant à travers les halliers ; gendarmes,

— Ce sont les parent

bois d’Artemont, ils ont peur des

s de mon maître, répliqua Rouvenat, je ne dirai rien, je ne veux pas les dénoncer : qu'ils aillent se faire pendre ailleurs !

— Je ne vous blâme pas de penser ainsi, monsieur touvenat, reprit Mardoche en secouant la tête ‘ Mais, Voyez-vous, il est bon de se garer des méchants en les mettant dans l'impossibilité de nuire ; J'ai bien peur que l'impunité ne les rende plus audacieux encore, Prenez garde, monsieur iouvenat, ét ne vous aventurez pas trop, la nuit, aux alentours de la ferme, Les P quitté le pays : comme les bêtes fauves, cest la nuit qu'ils courent les champs, p

— Je suivrai votre conseil, nous faisons trop d'honneur &.

vous, Mardoche,

— De moi ?

— La vie que vous mene

arise! n'ont pas qui ont peur de Ja lumière du jour, rêts à se jeter sur leur proie,

Mardoche, je me tiendrai sur mes gardes. Mais ces gens-là en nous occupant d'eux. Parlons de

z Guns ce pays n'est pas gaie, Mardoche, — C'est vrai, monsieur Rouvenat, mais elle me plaît. J'ai plus de mauvais jours que de bons, sans doute: mais je sais me rendre heureux ; allez, pour cel il me faut bien peu...

— Mendier est si pénible à tout âge !

— Je ne peux plus travailler, monsieur Rouvenat.

— C'est vrai, Mais je ne viens pas vous dire: I] faut travailler et renoncer a métier que vous faites, Mardoche, je veux faire quelque chose pour vous.

-- Ah? Et que voulez-vous faire Pour moi, monsieur Rouvenat ?

— Mardoche, je travaille depuis longtemps, j'ai d'assez belles économies, et le puis faire un peu de bien à ceux que j'aime. Je voudrais vous mettre à l'abri

du besoin pour toujours, Mardoche : j'ai parlé de mon intention à Blanche, elle

St entièrement de mon avis. Vous ne me refuserez pas une petite rente de six tents francs que je veux vous faire, Deux grosses larmes roulèrent dans les yeux de Mardoche, — Et puis, continua Rouvenat, vous ne Pouvez pas demeurer toujours au milieu de ces r ches, en Compagnie des hiboux et des reptiles. En ce moment;

je fais bâtir où plutôt reconstruire une petite maison à Civry, qui appartient à Blanche,

— Ah! fit Mardoche, vive —— Oui, dans trois semaines VOUS recevoir, car Blanche

ment ému, vous faites rebâtir. … » Mardoche, la maison en question sera prête à a (lécidé que vous l’habiteriez, Vous ne refuserez

RS PE D à 2 à

pas non plus, j'espère, d'être agréable à votre jeune amie, Eh bien, est-ce en ul tendu ? est-ce convenu ! || — Monsieur Rouvenat, répondit Mardoche d'une voix tremblante, jaccep. D terai peut-être votre offre et celle de Mile Blanche : mais un peu plus tar —0 — Pourquoi pas immédiatement ? eu le m — Cela dépendra des événements, monsieur Rouvenat, timban

— Que voulez-vous dire !

tien. En aidant a vous retirer du puits l'autre soir, je n'ai fait que to

par une savoir 1

devoir, Vous tenez à me récompenser, je n'ai rien à dire à cela. Vous étes ui CC néreux, monsieur Rouvenat, trop généreux même. Mais il y à une chose que “Dh vous ne savez peut-êtré pas où que vous avez oubliée: ce n'est pas moi seul a fait u

«a famil de vous de l'orp

qui vous ai sauvé, nous étions deux...

Rouvenat tressaillit, —Je dois mème vous dire, poursuivit Mardoche, que j'ai beauc ‘oùp moins fait

en cette circonstance, que Je brave garçon qui nr: ACCOM PAL ait. Ni vous té V. absolument à ne récompenser aussi magnifiquement, je me demande ce que — À: vous pourrez faire pour celui qui, au péril de sa vie, est descendu dans le jui un sour: afin de vous attacher à Ju corde, — Ce Rouvenat da le mendiant avec effarement, chose pe

— Mardoche, dit-il brusquement, vous ne me dites pas toute votre perse 2 Ve comment eune homme se trouva Lte il avec vous? [ vous à parlé, que vous Je a t-il dit — D):

— Tenez-vous réellement à le savoir ? ver la fa

— Oui, oui, parlez, Mardoche, parlez, — He

— Eh bien, un jour le hasard l'a mené ici, a l'endroit où nous sonnues en ce Il.

femme a même a — C'e — N'e ar vant son enfa suhaite

moment, [Il pleuruit, il était désespéré, Je voulus savoir pourquoi. Je inter rogeal, [ m'avoua qu'il aimait Mile Blanche Mellier, et que le parrain dei demoiselle du Seuillon, M. Pierre Rouvenat, lui avait défendu de la revoir, hi aviut ordonné de ne plus revenir sur les terres du Neuillon, Je l'ai écouté ave intérêt, je vous dirai même que j'ai pris part à son chagrin... Pauvre garcon: il aime réellement Mlle Blanche, Monsieur Rouvenat, voulez-vous que je vou dise ? eh bien, je crois qu'il rendrait votre filleule heureuse,

L'aube

JI—JEAN RENAUD REPARAIT lgé chez

quatorze

— Non, non, dit Rouvanat, d’une voix altérée, je ne veux pas penser a cek Rouve — Pourquoi! Vous ne voulez done pas marier Mile Blanche ? tions,

Rouvenat poussa un soupir et ne répondit pas. — Cor

— Hier, reprit Mardoche après un moment de silence, j'ai rencontré Mik — Est

Blanche à Civry, elle sortait du cimetière ; je l'ai trouvée bien changée : s — Oui

joues ont pâli, ses yeux nor + d'éclat ; elle souffre, monsieur Rouvenit — Voy

homme ét dont Bert Senoux et

vous n'êtes pas sans vous 6: é A )erçu.,, — Oui, Blanche souffre ‘6 le su ; mais sa douleur à une autre cause qu celle que vous supposez, — C'est possible, monsieur Rouvenat, mais, eroyez-moi, le jeune homme doi

nous parlons n'est pas etranger à son chagrin, Er i d' — Mardoche, vous vous intéressez bien vivement à ce jeune homme ? Ant, S'ap] — C’est vrai, je mentirais en disant le contraire. + Déci — Où demeure- til ? lutéresse « — 1] logeait à Saint-Irun chez l’aubergiste Bertaux. Pour remplir là PS — Mar

messe qu il vous à faite, il a quitté le pays ; il est retourné à Paris, ‘enat d’ur

e,. Eh bien, est-ce en

x tremblante, j'accep is un peu plus tar

ir, je n'ai fait que tu e à cela, Vous êtes 4

il Ÿ A une chose qui “e n'est pus moi

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t où nous Sonmes en ce r pourquoi. Je Vinter ‘tque le parrain de k étendu de la revoir, li lon, Je l'ai écouté aved rin.., Pauvre garcon:

roulez-vous que je vou use,

veux pas penser à cel Blanche ?

‘, J'ai rencontré Mk vée bien changée : se , monsieur Rouvenit

L une autre cause qui i, le jeune homme don

: + > jeune homme ?

Pour remplir la pr rné à Paris.

Yenat d’une voix haletante.

— Îlest d'une bonne famille !

— Il n'a pas de famille, répondit Mardoc — Pas de famille ! répéta Rouvenat,

— Oui. Il n'a jamais connu son pére, et il avait à Peine Six ans lorsqu'il », eu le malheur de perdre sa mère, Celle ci, ramassée sur une toute par des salimbanques, engourdie par le froid, mourante, — c'était au mois de décembre, par une nuit de tempête et de neige, — est morte, parait-il, sans qu'on ait pu avoir ni son nom, ni d'où elle venait.

— C'est affreux, mumvra Rouvenat,

— Un des saltimbanques à recueilli l'enfant, | à fait un homme, entin : mais, quand le jeune « famille, comme il ne savait rien, il n'a pu lu d vous ennuyer, monsieur Rouvenat, je de l'orphelin.

-— Vous ne m'ennuierez pas, Mardoche ; dites, dites.

— Au fait, monsieur Rouvenat, cela peut vous intéresser, fit Mardoche un sourire singulier,

— Ce jeune homme m'a sauvé 1 “hose pour lui...

— Vous verrez,

Je vous écoute, Mardoche.

— D'après ce qu'il m'a dit, il était venu d ver la famille de sn mère.

— Hein? sa inère était done de la Franche-Comté ?

— Îl n'en sait rien, Mais c’est sur la route de Vesoul à Gray que femme à été ramassée par les saltimbh:

même à été trouvé.

— C'est étrange ! dit Rouvenat.

— N'est-ce pas ?... Tmaginez-vous, monsieur arrivant à Saint-Trun, il s'est souvenu tout à cor son enfance, à la vue des deux chiens de pierre “uhaiter la bienvenue à tous les voyageurs,

L'aubergiste, en effet, se rappelle très.-bien qu'une jeune femme, fort belle, a lgé chez lui avec son enfant pendant quelques jours, il y à de cela treize ou fuatorze ans,

he en branlant la tète,

à élevé, l'a fait instruire, en homme l'a interrogé au sujet de i répondre, Si je ne craignais pas vous dirais ce que Je sais de l'histoire

avec

a vie, Mardoche, et si je peux faire quelque

ans ce pays avec l'espoir de retrou

la pauvre ‘nques, comme j? vous l'ai dit, et que lui

Rouvenat, que l’autre jour, en 1p qu'il y était déjà venu dans de l'auberge, lesquels semblent

Fouvenat tit un brusque mouvement, Ses yeux brillaient comme deux tisons,

— Continuez, dit-il d'une voix oppressée, continuez,

— Est-ce que cela vous intéresse ? demanda Mardoche avec bonhomie.

— Oui, énormément.

— Voyez comment il est bon d'avoir de la mémoire, monsiear 11 Souvenir en amène un autre : notre Jeune homme s’est encore rappelé qu'un homme était venu voir sa mère dans la chambre d’auberge, que cet individu, dont Bertaux, malheureusement, n'a pu lui dire le nom, | #noux et longuement embrassé.

Saisi d'un ‘trouble extraordinaire, Rouvenat se frappa la poitrine et, chance. hat, s'appuya contre un arbre,

— Décidément, continua Mardoche, je vois itéresse de plus en plus.

— Mardoche, le nom du jeune homme, dites-moi vite son nom ! s’écria Rou-

touvenat ;

avait pris sur ses

que ce que je vous raconte vous

E Ja5

— Son nom ! Est-ce que vous ne le savez pas ?

— Je ne le Jui ai pas demandé, Mardoche, je vous en prie, dites-moi son nom !

— Il n'a que celui que sa mère lui donnait,

— Edmond, n'est-ce pas, Edmond ? exclama Rouvenat,

— C’est merveilleux, tit Mardoche, jouant la surprise, vous avez deviné, C'est bien Edmond qu'il se nomme,

— Les deux mains appuyées sur son cœur, Rouvenat respira bruyamment, Une joie délirante éclatait dans son regard. Il paraissait transfiguré.

Muardoche souriai:, la tête légèrement inclinée,

[ reprit au bout d’un instant :

— Je dois vous dire encore, monsieur Rouvenat, qu'un des saltimbanques, un brave homme du nom de Greluche, celui qui à pris soin de l'enfance de l'or. phelin, a trouvé dans un sac de cuir appartenant à la mère, douze mille francs en or. Comme vous le voyez, une sorte de providence veillait sur l'enfant, Cette somme permit au pauvre bateleur de le mettre en pension à Dijon, d'a. bord, et plus tard, quand il eut fait sa première communion, dans un collège de Paris, M. Edmond a fait toutes ses classes ; il est bachelier, monsieur Rouvenat,

Le vieux paysan ne put se contenir plus longtemps ; ; il éclata en sangluts,

— Mais vous pleurez, monsieur Rouvenat, qu'avez-vous done ? demanda Mardoche.

— Oui, je pleure : c'est drôle, n'est-ce pas ? Excusez-moi, Mardoche, je n'ai pas pu me retenir,

— Oh! avec moi, vous n'avez pas besoin de vous gêner, allez.

— Et, à son tour, des larmes jaillirent de ses yeux.

— Murdoche, Mardoche, reprit Rouvenat, vous pleurez aussi !

— C'est vrai, votre émotion m'a gagné.

— Mardoche, reprit Rrouvenat, M. Edmond est-il encore à Saint-Trun !

— Il est parti depuis quatre jours, je vous l'ai dit.

Un gémissement sortit de la poitrine de Rouvenat,

— Comment le retrouver maintenant ? murmura-t-il.

— Etes vous donc contrarié quil soit parti, monsieur Rouvenat ?

— J'en suis désolé, désespéré, Mardoche,

— Est-ce que vous avez changé d'idée ?

— Oui.

— Et c’est ce que je viens de vous dire ?...

— Oui, Mardoche, oui, c’est ce que vous venez de me dire qui n'a fait subitement changer d'idée ; mais vous ne pouvez savoir, vous ne pouvez pas con: prendre.

— Vous vous trompez, monsieur Rouvenat ; je sais et je comprends trèsbien,

Rouvenat secoua la tête

— Ce n’est pas possible, fit-il,

Mardoche se redressa le regard étincelant.

— Monsieur Rouvenat, dit-il d’une voix frémissante, vous venez de recunnaître dans ce jeune homme, qui aime votre filleule, que vous avez tiancé à Mlle Blanche il y a treize ans, vous venez de reconnaître le tils de Lucile Mellier, la fille de votre maître.

Rouvenat eut un mouvement de terreur et regarda Mardoche avec effarement. Puis, soudain, lui saisissant les deux bras :

la Fr nous

fait a s'est :

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