A VI-—SOÏNES DE NUIT
Gertrude se hâta de regagner sa chambre en répétant encore : — Dieu Seigneur, que va t-il se passer ?
Les deux Parisel restèrent un instant au milieu. du couloir dans une obscurité complète. François avait eu la précaution de refermer la porte basse et de pousser le verrou.
— Îl tremblaient tous les deux ; ils pouvaient entendre leur respiration haletante.
Au moment de commettre un crime prémédité, les plus grands scélérats ne
sont pas toujours sans émotion. 11 y a lu crainte d’être surpris, de ne pus ré.
ussir, et celle aussi de la justice, qui, tôt où tard, atteint et frappe le criminel.
}'— Il fait jour de bonne heure, dit le père à voix basse, nous n'avons pas de
t inps à perdre ; le moment est venu, il faut agir,
Tu es bien décidé?
— Ou, Et toi?
— Moi, je suis ici pour me venger, — Pendant qu'il en est temps encore, réfléchis ; tu de dessein, Tu ne renonces pas au tien, toi ?
— Je veux être riche, -— Et moi, je veux :na vengeance, Mellier dort, il ne se réveillera pas, tu peux être sans crainte ; Blanche seule pourrait te déranger, je me charge de: en pêcher de sortir de sa chambre, [1 fiv éclater une allumette et alluma un rat.de-cave. Us se regardèrent, Ils étaient d'une pâleur livide ; mais le feu de leurs regards aux lueurs sombres indiquait la résolution et l'audace. — Murchons, dit le père.
Hs sortirent du couloir et s’arrêtérent à l'entrée de ln grande salle, tendant l'ereille, 1e silence profond, qui régnait autour d'eux, les rassura. -— On est ici comme chez soi, chuchoua le beau Fraucois affectant un calme qu'il n'avait certainement pas, IS traversèrent la salle à pas de Joups, et montèrent l'escalier lentement, u archant l’un derrière l’autre, le père le premier, posant avec précaution les pieds sur les marches, s’arrétant à chaque craquement du bois,
IIS atteignirent le palier et s’arrétèrent devant la porte de i4 chambre du fermier, contre laquelle le père Parisel colla son oreille,
— Je n’entends rien, dit-il,
— Cela prouve qu'il ne ronfle pas.
Le père Parisel, plus pâle encore, la sueur au front, restait immobile, hésitant,
— Est-ce que tu as peur ? lui demanda François.
— Non, mais je respire à peir.e. C'est l'émotion, ça va se passer,
— Quand tu auras ouvert la caisse.
Les yeux du père étincelèrent,
François tourna doucement le bouton de cuivre, La porte était ouverte. Il avance, la tête et son regard plongea dans la chambre faiblement éclairée.
Jacques Mellier n'avait pas fait un mouvement, Il dormait.
— Îl a pris son opium, dit François, tu peux entrer.
Le père Parisel se glissa dans la chambre.
François ÿ entra à son tour et plaça le rat-de-cave sur le parquet à côté de la caisse, de telle façon que sa lumière, arrêtée par les rideaux de serge du lit, ne pouvait arriver jusqu’au fermier.
Accroupi derrière un fauteuil, sur lequel Jacques Mellier avait jeté ses ha. bis avant de se coucher, le père Parisel cherchait les clefs du coffre-fort.
Les fenêtres de la chambre étaient garnies de grands rideaux de velours vert ; François les rapprocha l’un de l’autre afin d'augmenter encore l'obseurité. Cela fait, il sortit de la chambre, laissant la porte entr'ouverte.
Joseph Parisel venait de s'emparer du trousseau de clefs du fermier.
Marchant, ou plutôt se traînant sur ses genoux et sur ses mains, les yeux
vrais renoncer à ton,
éti ver par gin
/ ou)
F ven Dis
sn rain faro selor essa] Na viole Jl
il fit lique s’ouv avec coffre Sul tions Sur u sous, Pa bruit.
TI] out Jac craque sur so Dar tourna de lui, l’autre
Au :
le saisi voix s0
Sure qui s’ét
is, de ne pus ré.
ppe le criminel s n'avons pas de
renoncer à ton,
eillera pas, tu ne charge de-
vu de leurs re-
salle, tendant
tant un calme
ler lentement, précaution les
: chambre du
immobile, hé-
tait ouverte.
nent éclairée.
quet à côté de serge du lit,
jeté ses ha:
tre-fort.
x de velours ore l'obseurie.
fermier.
ains, les yeux
fort, s’abattirent sur les rouleaux d'or com
sor qu'il convoitait, il se dirigea
étincelants, croyant tenir déjà le tré vers la cuisse, Il la voyait au imilie par la pensée, il croyait voir l'or, aux reflets brillants, ginait entendre ses doigts bruire les billets de
À ce moment Jacques Mellier S'agita Ioura :
— Rouvenat, Rouvenat.
I! 'évait,
Parisel s'arrêta, retenant sa ré ventre sur le parquet, Il avait eu peur. Malgré misérables ne sont pas exempts de faiblesse,
Convaincu bientôt que Sn sang-froid. T1 franchit la distance qui le séparait encore du coffre-fort en FUMpant comme un reptile. Alors il se dressa sur ses genoux, jeta un regard farouche sur le lit et chercha parini les cing ou six clefs du trousseau celle qui. selon lui, devait ouvrir la caisse. I ne put l'introduire dans la serrure, Il en SA Va une autre sans plus de succès, La troisième entra.
Sa main tremblait, son cœur bondissait dans sa poitrine, son sang battait Vislement ses tempes,
Il regarda encore du côté du lit, puis, certiin que Mellier il fit faire à la clef deux tours dans la serrure. lique assez fort ; un res
s’ouvrit d'elle même,
Les yeux du voleur s'arrondirent en s'ouvrant avec avidité pour se donner Ja satisfac coffre fort était rempli. É
Sur une tablette de métal, il y avait un monceau de titres de rente, des actions et des obligations au porteur à côté de grosses liasses de billets de banque. Sur une autre tablette étaient entassés une quantité de rouleaux d'or, Au-dessous, dans le fond du coffre, se trouvaient les sacs d'argent.
Parisel était ébloui, il avait le vertige. Ses lèvres grimacèrent ; il riait sans bruit. A ce moment il ne voyait que le coffre-fort ouvert, une fortune à prendre. T oubliait conplètemement le dormeur qui ne dormait plus,
Jacques Mellier venait de se réveiller. En ouvrant les yeux, il entendit le craquement du ressort de la caisse, un bruit qui lui était familier, Ilse souleva sur son lit et, doucement, écarta le rideau.
Dans la pénombre, devant son coffre-fort, tournant le dos, il ne put le re
banque, sur son lit et deux fois de suite nur
dormait toujours, Celle ci rendit un bruit métal sort venait de jouer à l’intérieur, la porte de la caisse: démesurément, et il se pencha tion de contempler les valeurs dont le
il vit un homme, Le voleur lui connaître, Malgré le saisissement qui s’empara de lui, le vieux fermier ne s'effraya point. I sortit ses jambes du lit l’une après. l'autre et se trouva debout.
— Je ne pourrai jamais emporter tout cela, se disait Parisel ; commençons
toujours par mettre l'or et les billets de banque dans mes poches.
Et ses deux mains, aux doigts er chus, plongeant ensemble dans le coffre-
me des serres d'oiseau de proie, Au même instaué, Jacques Mellier, en chemise, les jambes et les pieds nus
le saisit par les deux épaules et le tira violemment en arrière, en criant d’une voix sourde :
— Voleur! voleur !
Surexcité par ses appétits sensuels et plus encore par la jalousie et la haine,
qui s'étaient emparées de lui, le beau François, comptant sur le sommeil de,
sans bruit u d'un éblouissement, et l'ayant déjà ouverte sous ses yeux, et s'ima-
spiration, et, frissonnant, se coucha à plat leur audace les plus grands.
Jacques Mellier ne s'était pas réveillé, il retrouva,
l'opium, avait quitté son père, persuadé qu'il pouvait agir seul, sans danger, et que Jacques Mellier ne se réveillerait pas.
Si le misérable voulait à tout prix donner satisfaction à ses désirs infâmes, assouvir son horrible passion, il ne tenait pas moins à se venger des dédainx de l'innocente jeune fille, et du mépris et du dégoût qu’elle lui avait témoigné,
D'un autre côté, Jacques Mellier et Rouvenat l'avaient humilié et chassé de la ferme comme un chien : or, Blanche, devenant sa victime, il se vengeait en même temps des deux autres, de Rouvenat, surtout, qu'il n'avait pas réussi à assassiner,
Il ne s'était pus arrêté devant un premier crime, il ne devait pas hésiter à en commettre un second.
Le beau François étuit devenu facilement et en peu «de temps un monstre face humaine,
Il entra dans la chambre de Blanche l'œil en feu, ayant sur les lèvres un sourire atroce, et décidé à tout, même à lui enfoncer son couteau dans la gorge, s'il ne pouvait pas se venger autrement,
Sans trembler, la tête haute, les mains tendues, prêtes à saisir la jeune fille pour lui serrer le cou ou la bâillonner atin de l'empêcher de crier, il marcha hardiment vers le lit?
Il entendit la respiration lente et régulière de la jeune fille.
n ce moment elle faisait sans doute un joli voyage au pays bleu des rèves,
Le beau François éprouva une sensation étrange, quelque chose comine un enivrement subit. Un frémissement passa sur son corps et il lui sembla qu'au lieu de sang du métal on fusion coulait dans ses veines,
Son sourire satanique s’accentua encore et sa bouche eut une affreuse con traction, :
Comme le tigre qui lèche ses babines à la vue de la proie qu’il guette dans l'ombre, il semblait jouir d'avance des souffrances de sa victime.
Comme le tigre encore, et non moins féroce que ce fauve sanguinaire, il allait d’un bond se précipiter sur la pauvre enfant.
Tout à coup la porte d’un cabinet de toilette s’ouvrit brusquement, et la chambre de Blanche se trouva subitement éclairée.
Le misérable fit deux pas en arrière.
Une,femme s'élança hors du cabinet et se dressa devant lui, le regard fulminant. Û
C'était Lucile.
Cette apparition étrange, inattendue, produisit sur le beau François l'effet de la tête de Méduse, Il resta cloué au parquet, immobile, sans voix, le buste en arrière, les bras ballants, inertes, bouche béante, les yeux hagards.
La lumière, qui sortait du cabinet de toilette, éclairait en plein le visage de Lucile, dont elle faisait ressortir vigoureusement l'extrême blancheur.
Certes, en présence de cette femme qui, en ce moment, ressemblait plus à un spectre sorti de son tombeau qu'à une créature vivante, de plus hardis que le beau François auraient été épouvantés.
— Lâche, dit elle d’une voix sépulcraie, en tendant som bras vers lui, que viens-tu faire ici? Est-ce Pierre Rouvenat que tu cherches pour l’assassiner ? François Parisel, tu t'es trompé de porte. Cette chambre est celle de Blanche Mellier ; comme tu le vois, elle n’est pas seule, je suis là pour la protèger. Ta mère était une brave et honnète femme. Ah ! elle ne se doutait guère, en te mettant au monde, du trisie cadeau qu’elle faisait à l'humanité ! François Pa-
risel, t féroce Si j monde mais t reste «] Eco pas ètr deux }h que tu Comme crie sa) Mai) raté, at wdieuse Fran Corps ti mere he Le re péta d'u En LA Elle 4 teinte 1 — ()} lunt nc Puis :
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ssemblait plus à e plus hardis que us vers lui, que jour l’assassiner ?
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LA MALÉDIOTION D'UN pin 347
risel, tu nus
de l'homme que féroce !
l'enveloppe, tu es un monstre, tu es une bôte
Si je ne consuitais que mon indignation et ma colère je réveillerais tout le “
monde de la maison et tu ne sortirais d'ici que tantôt entre deux gendarmes : b
Hs Lu es encore jeune, tu peux encore te repentir et revenir au bien, s'il te Le reste quelque chose de bon duns l'âme. fe Ecoute le conseil que je vais te donner : si tu tiens à la liberté, si tu ne veux N.
pas ètre livré à la justice et trainé sr. ! banc des criminels, il faut que dans fi deux heures tu sois déja loin du Seuillon. Puis, fuis, va te cacher le plus loin Hal que tu le pourras, et surtout ne + enx plus der la nuit autour de la ferine À Comme un voleur où un loup affa ié, car il v à dans le vieux puits une voix qui mt
F8 sans cesse : “ François Parise! est un as ssin!.,," : Maintenant, va-t'en. Après avoir ‘et asile de l'innocence et de la pu 11
reté, qui devait t'être sacré, tn ne doi pas le souiller plus longtemps pur ton | olieuse présence,
e : + : over
Francois restait dans Son limimobilité, Corps tremblait coux ulsivement :
membres,
Comme pétritié, Cependant tout son la peur avait pour un instant paralysé ses
Le regard étincelant et les lèvres péta d'une voix menaçante :
— Vat'en! va-t'en!
En mème tewps, d'un geste
frémissantes, Lucile marcha vers lui et ré.
: hnpérieux, elle lui montra la porte, Elle était tout près de lui, 11 recula en frissonnant, Na figure a teinte verdêtre ; son regard fixe était celui d’un fou,
n F Q A M i d ; — Oh ! Je fantôme ! le fantôme ! Prononça.til d'une voix étranglée en reculant encore, ;
ait pris une
Puis un cri 'auque sortit de sa ayant sentir les premières atte terrible qui pesait sur lui, dont il descendit les mare sen père H
sorge serrée, Aiguillonné par l'épou vante, ne intes da la folie, il se courbn sous le regard bondit hors de la chambre et S'élança dans l'escalier, Ha hes quatre par quatre, [l'avait complètement oublié Le il n'avait plus de pensée,
Lucile S'était arrètée le beax Francois en dé
un instant sur le seuil de la chambre. Le bruit que fit
gringolant l'escalier l'empêcha d'entendre celui d’une lutte uns la chiunbre de son père.
(Juand elle se retourna, elle eur dans Je reward, debout
vit Blanche, pâle, tremblante, échevelée, la fray- pie au milieu de Ja chambre.
NA VII LvcLE pr Bravo
Blanche était sous le coup d’une agitation extraordinaire. Les soulèvements La de Sa, puitrine oppressée, lialetante, trahissaient la violence de son émotion. Elle Pi regardait avec une sorte de Stupeur cette femme inconnue, qui se trouvait près d'elle sans qu'elle sût comment et qui venait de la sauver d'un eftri able danger,
Après un moment d'indécision, pendant lequel elle se demanda si elle devait lé ter ou se retirer, Lucile s'avaneg vers la jeune fille.
ETe se trouvèrent en face l'une de l’autre,
-— Quelle est belle ! l’adorable enfant ! pensait Lucile,
— Camme elle à l'air bon ! se disait Blanche.
Elles restèrent un moment sile la sain à Luci!e :
-— Un homme est entré dans cette cha
ncieuses, croisant leurs regards, puis, tendant
imbre, dit Bianche,
— Oui, un misérable, un infäme !
— Je l'ai vu, je l'ai reconnu... [l me hait, je le sais ; est-ce qu'il voulait me tuer? Mais vous étiez la pour me défendre contre sa fureur... Vous l'aves empêché de s'approcher de mon lit, je lai vu trembler, écrasé sous votre regard : vous l’avez chassé, Ce que vous lui avez dit, je l’ai entendu...
— Ah! votre sommeil n'a pas été assez profond, répliqua Lucile, j'eusse. voulu vous laisser ignorer ce qui s'est passé.
— J'aime mieux le savoir, reprit vivement la jeune fille ; au moins je peux ous remercier du service que vous m'avezrendu. Muis qui êtes veus, madame, qui êtes-vous ?
— Votre amie et aussi celle du bon Mardocde.
Blanche l’examina plus attentivement.
— Vous connaissez Mardoche? fit-eile.
— Beaucoup.
— Dipuis longtemps ?
— Oui, depuis longtemps, répondit Lucile avec un doux sourire.
— C’est lui qui vous a fait entrer dans la maison ?
— Oui, mais je ne lui ai point dit que vous étiez menacée d'un épouvantable danger
— Ah! vous avez bien fait... Mais vous, comment avez-vous su ?
— La nuit dernière, le fils causait avec son père, j'ai entendu ses paroles.
— Je comprends, par amitié pour Mardoche, vous êtes venue pour me protéger,
— Par iunitié pour Mardoche, par affection pour vous.
— Vous im'aimiez donc sans me connaître !
— Est-ce que tout le monde Le vous aime pas!...
— Ainsi, vous êtes entrée dans ma chambre, vous vous êtes cachée dans ce cabinet ; vous saviez qu'il existait ; vous connaissez donc bien la maison !
Lucile tressaillit,
— Oui, répondit-elle d'une voix mue, oui, je connais la maison.
— Dites-moi votre nom.
— Je ne peux pas.
— Vous ne pouvez pas ?... Pourquui ?
— Vous le saurez quarid Pierre Rouvenat sera revenu au Seuillon avec votre finncé.
— Quoi ! s'écria Blanche, Mardoche vous a dit cela !...
Puis, baissant la voix :
— Vous n'avez dit tout à l'heure, continua t-elle, que vous le connuissiez depuis longtemps, vous devez savoir que le pauvre mendiant Mardoche à un. autre nom.
Lucile répondit à voix basse :
— Je suis qu'il se nomme Jean Renaud et qu'il est votre père !
— C'est étrange ! c'est étrange ! murmura la jeune fille,
Puis, tout à cou;
— Cette robe, dit-elle, cette robe que vous portez, je la reconnais ; e’est moi qui l'ai donnée ce matin à mon père.
— C’est vrai.
— Uette robe appartenait à Lucile Mellier, ajouta Blanche.
Ce nom de Lucile Mellier, qu’elle venait de prononcer, éclaira sa pensée d'une
clarté soudaine,
Saisi neux p Lucile Blanch Auss finissab Ses E Lucile, — El vivemer Blanc s Le D:
que j'ai êtes Luc — Ta — Al heur su] Lucile sur son 1 A cer le bruit — Ce Et elle Celle-e gie contr Mais, :
Lucile en bas, } k jardin.
Elle eu prendre 1:
l'apparten vante, la Le vieil coffre-fort A la vu sentit-son forge, et, — Aus Puis, to parvint à | Blanche
Mes pantou
Eile vit
sa ye) Lucile n’ — [ln'e; té entend
t-ce qu'il voulait ie eur... Vous l'avez sé sous votre regard :
iqua Lucile, j'eusse:
; AU moins je peux êtes veus, madame,
sourire, e d'un épouvantable
Z-VOUS Su ?
ai entendu ses pa-
‘enue pour me pre
êtes cachée dans ce jen Ja maison !
maison.
, Seuillon avec votre
vous le connaissiez int Mardoche a un,
» père !
econnais ; &’est 10)
Me .
aira sa pensée d'une
LA MALÉDICTION D'UN Ppirk
Saisissant le bras de Lucile, elle l’entrains doucement dans Le rayon Jumi-
neux projeté par la lumière de la lampe allumée dans le cabinet de toilette, — Comme quand elle s'était dressée en face du E
keauu François, la figure de Lucile se trouva en pleine lumière, Blanche l'enveloppa de son regard ardent,
‘ Aussitôt ses traits S’'animèrent et sa physionomie prit une expression indéfinissable, La joie Pétillait dans ses YEUX, rayonnait sur son front, Ses bras nus s’arrondirent comme un collier d'ail Lucile,
— Eh bien! eh bien !
vivement impressionnée.
Blanche répondit d'une
âtre autour du cou de
à quoi pensez-vous ? Que faite
s-Vous? murmura Lucile
Voix vibrante :
î — Dans la chambre de mon parrain, il y à un Portrait de Lucile Mellier, que j'ai souvent regardé... Vous avez bien vieilli, mais je vous reconnais ; vous êtes Lucile Mellier !
— Taisez-vous ! taisez-vous, dit Lucile frémi
— Ah! sécria Blanche avec exaltation, Die heur suprême ?
Lucile la serra doucement d sur son front.
À ce moment, elles entendirent un cri k bruit de pas lourds dans l'escalier,
— C’est lui, c’est François, il revient !
Et elle se serra effrayée contre Lucile.
Celle-ci s'était redressée, une flamme dans le regard, prête gie contre n'importe quel ennemi,
Mais, au lieu de se rapprocher, le bruit des pas s'éloigna et cessa tout à coup.
Lucile s’élanca vers la fenêtre, qu’elle ouvrit précipitamment. Elle regarda en bas. Elle vit un homme sortir de la maison et fuir à toutes jambes à travers k jardin.
ssante,
U nous réservait à tous ce bon-
ans ses bras pendant que ses lèvres se posaient
» Qui ressemblait à un râle, et aussitôt
s'écria Blanche.
à lutter avec éner-
Elle eut, soudain, une horrible prendre la lampe dans le Cabinet l'appartement de son
pensée, Elle poussa un cri Perçant, courut et bondit hors de la chambre, La porte de père était grande ouverte ; elle S'y précipita folle d’épou- 'ante, la respiration coupée par les angoisses,
Le vieillard était étendu Sans mouvement sur le parquet, en travers ‘lu wffre-fort ouvert, que Son Corps inerte semblait défendre encore.
A la vue de son père, qu'elle crut d'abord assassiné, Lucile chancela et elle “entit-son sang se figer dans ses veines. Un cri rauque, affreux, sortit de sa forge, et, de toutes ses forces, elle cria :
— Au secours ! Au secours !
Puis, tombant à Senoux, elle entoura son père de ses parvint à lui appuyer la tête contre sa poitrine.
Blanche accourut, Elle avait à peine pris le t Les pantoufles et de s'en velopper d’un peignoir,
Elle vit Lucile qui couvrait de baisers Le n tour, elle devina en parie ce qui s'était
-— Mon Dieu! mon Dieu ! gémit-elle.
Et s'agenouillant à côté de Lucile, elle
Lucile n'avait eu qu'un moment de
— [Il n’est pas mort, dit-elle. J'ai té entendue : tâchons, à nous deux,
bras, le souleva, et
emps de mettre ses pieds dans
front et les joues du vieillard. A Passé.
éclata en sanglots.
faiblesse.
appelé, personne ne vient, ma voix n’a, pas de le porter sur le lit, LJ
350 LA MALÉDICTION D'UN PÈRE Réunissant leurs forces et leurs efforts, elles parvinrent à enlever le vieiilur et à le mettre sur son lit.
— Blanche pleurait toujours.
— Mon enfant, dit Lucile, il faut renfoncer vos larmes ; ce n'est pas Le mu ment de pleurer. Avant de nous désoler, faisons d’abord ee qui dépend de nous pour le sauver, Je ne vois sur lui aucune blessure ; il n'a doncpas été froppé.. Mais il faut appeler un médecin en tout hâte. Vous allez prendre une lumivre et vous irez réveiller tout le monde. ;
Autrefois, il y avait un médecin à Frémicourt, y en at-il un encore !
— Oui.
—'Jant mieux ! Un des garçons, sur votre ordre, mettra un cheval à la vor ture et ira chercher le imédecin sans perdre une seconde. Les autres serviteurs de Jacques Mellier se tiendront prêts à recevoir les ordres que vous pourrez avoir à leur donner.
— Les vôtres, Lucile.
— Silence, Blanche ; ne prononcez pas mon nonr; jusqu'à ce qu'il me plaise de ne faire connaître moi-même, personne ne doit savoir qui je suis Blanche, en l'absence de votre parrain, quand la mort va peut être frapper mon pere, vous êtes la seule maîtresse au Seuillon, vous êtes Blanche Mellier. Vous gurderez aussi le silence sur les terrible événements de cette nuit. Il ne faut pas que les gens de justice entrent à la ferme sans v être appelés par Jacques Mel. lier, S'il vit, c'est lui qui décidera du sort des coupables.; s'il meurt, ajoutn. t-elle en frissonnant, nous laisserons à Pierre Rouvenat le soin de le venger.
Maintenant, mon enfant, allez donner vos ordres, Le médeein, n'est-ce pas,
le médecin !
La jeune fille alluma une bougie et descendit.
Un instant après, Lucile entendit le bruit des portes qui wouvralent €l se fermaient.
Les domestiques, réveillés en sursaut, étaient tous debout. Blanche ordennait à Jean d'atteler un cheval au cabriolet et de courir chercher le médecin: de
Frémicourt.
Lucile s'éloigna un instant du lit pour fermer le coffre-fort. Elie enleva le trousseau de clefs suspendu à la serrure et le glissa sous le traversin du lit.
Tout en entrant dans la chambre et voyant son père étendu devant le coffrefort ouvert, elle avait deviné la tentative de vol.
Qui évait le voleur? Elle n'avait pas reconnu l'homme qu’elle avait vu surtir de la maison et s'enfuir ; inais, sans hésiter, elle nomn.a tout bas Joseph Partsel. 1] n’y avait pas à en douter, conune pour précipiter Rouvenat duns le puits, les deux misérables, comptant sur la faiblesse d’une enfant et d’un vieillard, s'étaient associés de nouveau pour commettre un double crime à la faveur des
ténèbres,
Quand Blanche rentra dans la chambre, elle trouva Lueile tout en farines, uebout prés du lit, tenant une des mains du vieillard serrée dans les siennes,
— Eh bien ? interrogea Blanche.
— Toujours la même chose, répondit Lucile d'un ton douloureux ; il respir, ses nains ge int brûlantes, ...le voulais ne pus pleurer, continua-t-elle. mais, Ina & moi, les larmes ont jailli de mes yeux. Il y a dix-neuf ans que lai vu, ete sans pensée... Oh! c’est horrible
gr le retrouve airs}, SANS leLA! d, sans voix , Le) u ,
horrible !
— Pauvre Lucile! pauvre Lucile ! mumura Blanche avee compassion — Non, non, reprit la malheureuse avec véhémence, je ne suis plus matt
mer
J mal:
pen:
me :
lueu
dans moi,
mair
le vo SACCA CAISS(
BI trem je ve
Lu
Ja il fut
;a enlever le vieiilurd
: ce est pas Le mu e qui dépend de tous donc:pas été frur pi...
prendre une lumicre
-il un encore !
ra un cheval à, lu vor Les autres serviteurs es que vous E ourrez
qu'à ce qu'il me plaise qui je suis Blanche, e frapper mon pere, ie Mellier. Vous garnuit. Il ne faut jus elés par Jacques Mel s.; s'il meurt, äjontie soin de le venger.
nédeein, n'est-ce pas,
jui ouvralent El se
at. Blanche ordonuait rcher le médecin de
fort, Elle enleva le le traversin du lit.
tendu devant le coffre-
qu'elle avait vu tir tout bus Joseph Pariouvenat duns le puits, ant et d'un vieillard, crime à la faveur des
uetle tout en lartues, ‘rée dans les siennes
ouloureux ; il respir, tinua-t-elle, mais. mal if ans que l'ai vu, et}e
Oh! c'est horrible
\ve€ conrpassIon e ne suis plus maulits
LA MALÉDICTION D'UN PÈRKR 351 puisque Dieu m'a prise en pitié ; il ne n’a pas ramenée a m'a pas fait rentrer sous le toit de mon père mes yeux, Sans m'avoir revue, Non, non, pas faire cela !
Elle se mit à genoux, et, le front ter vers le ciel sa prière ardente.
Blanche pleurait silencieusement, ] Vingt minutes environ s’écoulérent Lucile était toujours agenouillée, de sa poitrine gonflée, Tout à coup, Jacques Mellier poussa un long soupir, s'agita convulsivement, étendit ses bras, et Presque aussitôt rouvrit les yeux, Blanche eut un eri de joie, — Mon père ! mon père ! S'écria-t-elle, D'un seul mouvement, Lucile, se dressa sur ses Jambes, Blanche aidait le vieillard à <e soulever sur son lit, Lucile resta immobile, les yeux fixés sur ment illuminé d'une joie imme
1 Neuillon, il ne pour le faire mourir &insi sous Dieu ne fera pas cela, Diéu ne peut
appuyé Sur ses mains jointes, elle fit mon-
à figure cachée dans ses mains.
À chaque instant un sanglot s'échappait
son père, Non visage s'était subitense,