‹ La malédiction d'un père [microforme]Chapitre 95 sur 109 · XIX-—LA CONFESSION DE JACQUES MEL · texte numérisé non relu

XIX-—LA CONFESSION DE JACQUES MEL

Le médecin examina longuement le vieillard : il lui trouv on grande faiblesse et une fèvre violente, Bien qu'il voulût paraître calme, on lisait dans

trine mes VOYE mon avec

Le Pi

&s prie, si vous me

le je te sente sur

7 à ici qu'un cou.

toyabie pour toi, rét à descendre

autrefois je t'ai

er de ce monde, de volonté. Ses dos du fauteuil, son regard s’édemanda Lucile tion... le bonrecoucher.

vous deux,

ss, c’est le soleil lanche, ce jour, on Dieu, comme

en ce moment.

mbre.

n+ grande faion lisait dans

ses yeux une vague inquiétude, Il soupconnait quelque grave désordre dans les Organes vitaux, mais l'auscultation ne lui faisait rien découvrir.

Lucile dans l'ombre, immobile sur un siège, attendait avec anxiété.

Blanche interrogeait le médecin du regard,

— Je ne peux rien dire encore, répondit-il ; attendons.

— C’est done grave, monsieur ?

Le médecin garda le silence sur cette interrogation directe,

— Vous avez dû éprouver quelque forte commotion, dit-il au vieillard.

Celui-ci répondit affirmativement par un mouvement de tête,

— Ïl y a évidemment congestion des poumons et épanchement du sang, reprit le docteur, en continuant à examiner le malade,

I vit alors les traces de Strangulation que Jacques Mellier portait au cou, et qu'il n'avait pas encore aperçues,

— Qu'est ce que c'est que cela? demanda:t.il vivement,

Jacques Mellier dut lui dire qu'un individu, qu’il n’était pas parvenu à reconnaître, s'était introduit dans sa chambre, au milieu de la nuit, pour le voler, et 1] lui raconta la lutte qu’il avait soutenue contre le voleur.

— Cela m'explique tout, dit le médecin ; ce misérable à tout simplement tenté de vous assassiner. Vous pouviez être étouffé à l'instant même où vous êtes tombé, ”

Tout cela est très-grave, monsieur Mellier, il faut prévenir la gendarmerie, il faut qu'il y ait une enquête sur cette douhle tentative criminelle. Il est impossible que la justice ne mette pas la main sur cet audacieux coquin. [la su trouver le clef de votre caisse dans la poche où vous la mettez toujours, il savait que vous aviez chez vous des valeurs importantes, il a l'air de connaître parfaitement vos habitudes. Le misérable ne sera probablement pas difficile à découvrir, Mais comment a-til pu pénétrer dans la ferme ? A moins qu'il n'ap- Partienne à votre maison...

Monsieur Mellier, êtes-vous sûr de vos serviteurs ? :

— Ils sont tous choisis par Rouvenat, répondit le vieux fermier, leur fidélité est éprouvée, et je ne voudrais pas même qu’on les soupçonnât,

Après avoir donné au malade les soins urgents que réclamait son état, le le médecin se retira, disant qu’il reviendrait avant midi.

Jacques Mellier avait voulu rester dans son fauteuil, ‘près de la fenêtre ou.-verte, Le médecin n’y avait pas vu d'inconvénient.

Le docteur parti, Lucile revint s'agenouiller près de son père.

Le vieillard s’affaiblissait graduellement, et à chaque instant sa respiration devenait plus difficile,

— Je n'ai pas voulu contrarier ce bon docteur, dit Mellier en souriant tristement ; mais je sens bien que je vais m’en aller.

Sur ces mots, Lucile et Blanche sanglotèrent,

Le vieillard les entoura de ses bras et approcha les deux têtes de sa poitrine,

— Mes enfants, dit-il, ne »leurez pas, il faut bien qu'on meure... Vous êtes mes deux filles, oui, mes deux filles … . Je sens la mort venir ; Mais, en vous voyant près de moi, je n’éprouve aucun effroi. I] me semble, au contraire, que mon cœur se remplit d’allégresse, Ah! à seulement Ronvenat revenait vite avec mon petit-fils !

Les yeux à demi-fermés, il parut réfléchir pendant quelques minutes.

Puis,"parlant à lui-même, :l murmura :

— Non, je ne veux pas mourir avant d’avoir rempli mon dernier devoir ; pour

cela, je ne veux pas attendre le retour de Rouvenat, Oh! si je mourais avant d'avoir parlé! ., Cette pensée m'épouvante,

— Mon père, lui demanda Blanche, est-ce un prêtre que vous désirez ?

Pendant un instant il regarda avec attendrissement la tête charmante de

enfant, $

Puis les yeux et une main levée vers le ciel :

— Oui, Blanche, dit-il, Je suis chrétien, et tu peux faire appeler M. le curé de Frémicourt, que j'estime et j'aime: je le verrai avec plaisir, si je ne suis pas mort avant qu'il n'arrive,

Blanche, reprit-il brusquement, il me semble que j'entends des voix d'homme:

parler en bas : va voir qui cause ainsi, mon enfant, et tu reviendras me Je dire.

Elle reparut au bout d'un instant.

— Et bien ? l’interrogea le vieillard.

— Mon père, répondit-elle, il y à en bas Jean, Séraphine, la servante, quatre de nos faucheurs et le vieux Mardoche.

— Que font-ils dans la grande salle ? — ls parlent de vous, mon père ; ils savent que vous êtes malade ils sont Con£ternés, k — Dis-moi les noms des faucheurs, — Le vieux Mathias, Andral, Brunet et Simonin. ke visage du vieillard parut s’illuminer, — Les quatre faucheurs que tu viens de nommer sont des amis de Rouvenat ‘ et de Jacques Mellier Slanche ; va dire à Mauthias, à Simonin, à Brune: et à Andral que je les attends ici, dans ma chambre ; tu Le diras ausst à mon garçon Jean et au vieux mendiant Mardoche.

La jeune fille le regarda avec étonnemment.

- Va, ma fille, va, ajouta le vieux fermier vivement ému, t:: entendras ce que je vais leur dire.

— Je vous obéis, mon père, répondit Blanche.

Et elle sortit de la chambre.

— Mon père, dit Lucile en se relevant, je devine votre pensée:

- — Puisque tu as deviné ma pensée, Lucile, dis à ton père si tu l’approuves,

— Oui, mon père, je vous approuve ; c’est bien ce que vous allez faire. J1

“wappartient qu’à vous de proclamer l'innocence de Jean Renaud. Mais permettez-moi de ne pas être témoin de votre confession.

— Qui, ma fille, .:ma Lucile, tu as raison, tu ne dois pas entendre cela... Passe par le cabinet et retire-toi dans la chambre de Rouvenat. Approche ton front, que je te donne encore un baiser.

— Pendant ce temps, Blanche avait interrompu une seconde fois la conver sation des faucheurs que Jean Renaud écoutait sans rien dire, assis, les coudes appuyés sur la table et la tête dans ses mains.

— Mes anis, dit Blanche, s'adressant aux faucheurs, mon père vous prie de monter dans sa chambre, il a quelque chose à vous dire.

—— À nous quatre? demanda Mathias,

— Oui, il désire vous voir tous les quatre, Et vous aussi, Jean.

Les cinq hommes échangèrent des regards de surprise,

: Blanche s’approcha de Jean Renaud et lui dit tout bas : — Jacques Mellier m'a dit de te faire monter avec eux. — Moi ! fit Jean Renaud tressaillant.

- — Oui. Tu as l'air contrarié, mécontent, Qu'as-tu ?

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— Blanche, je ne veux pas te le cacher, je suis inquiet, tourmenté, Je ‘vou

drais savoir quelque chose...

— Je devine peut-être ce qui te préoccupe, Jean Renaud plongeu son regard scrutateur dans les yeux de su fille. — À la ferme, cette nuit, il s'est ne fille, — Eh bien : l'interrogea-t-il avec — Un homme a pénétré q le voler et de l'assassiner — Parisel !

— Le pere, je le crois.

— Alors?

— Jacques Mellier ne l'a pas reconnu, — Qui donc l'a défendu contre l'assassin ? 1 une femme ?

anxiété.

ans la chambre de Ja:ques Mellier et à tenté de

anche, est-ce que tu n'as pas vu

— Si, Ecoute : au mome caisse de Jacques Mellier, que je dormais,

Jean Renaud blémit et deux sobres éclairs jaillirent de ses yeux.

— L'infâme ! murmura-t.il sourdeinent,

— Mou père, ajouta la jeune fille, ta Blanche doit peut-être plus que la vie à Lucile Mellier,

nt où son père, probablernen t, cherchait à voler la François Parisel est entré dans wa chambre pendant.

— Tu sais donc ?...

— Oui: mais ce n’est Pas le moment de te Viens, viens...

Is suivirent les faucheurs et

Jean Renaud et Blanche n'ét

raconter tout ce qui s’est passé.

le domestique qui grimpaient l'escalier.

aient pas encore arrivés sur le palier, lorsque ‘a porte de la ferine s’ouvrit et livra passage à un homme d’un certain âge, richement vêtu. Il avait les cheveux gris et ne portait pas de barbe, Son regard était vif et perçant, Sa physionomie froide et austère exprimait, néanmoins, la bienveillance et la bonté, Tout en lui révélait l'homme du monde intelligent, instruit, distingué,

Séraphine venait d'aller au jardin pour couper et arracher des légumes,

L'inconnu ne trouva Personne dans la grande salle.

—Tls sont probablement dans les écuries, se dit-il.

Il se disposait à sortir de la Mmuison, lorsqu'il entendit, au-dessus de sn tête un bruit de pas et de voix.

L'escalier était devant lui.

Aprés un moment d'hésitation, il se décida à monter au premier étage:

La porte de la chambre de Jacques Mellier était entrebäillée. [1 la poussa. Mais il s'arrêta sur le seuil en présence du spectacle touchant et imposant tout à la fois qui s’offrit à &: vue.

A côté de Jacques Mellier se tenait Blanche, légè

rement appuyée sur le dosser du fauteuil. Derrière la jeune fille

se trouvait Jean Renaud, avec sa longue barbe et ses longs cheveux gris, dans son costume pittoresque de mendiant, moins cependant la besace et le bâton. En face du vieux fermier, le garçon de lerme et les quatre farcheurs formaient un demi-cercie.

Mellier n'avait pas encore parlé,

L'inconnu fit un pas dans la chambre. , ferma douce immobile,

Personne ne s'aperçut de sa présence,

nt la porte et resta

passé dos événements Hraves, reprit la jeu: :

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