ACTE IT
NICIA. — Pas cent lires, pas cent grossi®, va donc! C’est que, en ce pays, celui parmi nos pareils qui n’a pas une bonne position ne trouve pas un chien pour lui japper après # et nous ne sommes bons qu’à aller aux enterrements ou aux célébrations de mariage ‘”, ou à traîner toute la journée sur le banc de la rue du Proconsul à faire les donzelles‘!. Mais je me fiche d’eux, je n’ai besoin de personne ©. C’est bon pour plus #a/bris que moi. Par contre, je ne voudrais pas que ces paroles soient rapportées comme miennes, car jen aurai sûrement quelque taxe % ou quelque poireau dans le derrière‘ qui me ferait suer.
SIRO. — N'ayez crainte Ÿ.
NicrA. — Nous voilà chez moi. Attends-moi ici, je reviens tout de
suite.
SIRO. — Allez-y.
Scène IV SIRO SEUL SIRO. — Si tous les doffori étaient comme celui-là, nous prendrions des
pierres pour des fours %. En effet, ce malin de Ligurio et mon fou
58. Le grosso était une petite monnaie d’argent de peu de valeur.
59. Peu de clients viennent solliciter (japper après) les avocats qui n’ont pas le statut social dans la cité.
60. Les avocats à l’étroit courent les cérémonies civiles dans l'espoir de trouver des clients qui ont besoin d’actes notariés.
61. À flâner sur la place publique comme des midinettes qui mont rien à faire. Dans la rue du Proconsul à Florence, près de la Cathédrale, il y avait une banquette où se tenaient, aux dires de certains poètes, les vieux et les désœuvrés.
62. Malgré tout, Nicia est riche, sans doute pat héritage ou mariage.