ACTE IV
LiGURIO. — De l’aloès 3,
NicrA. — Va-t'en au diable! Spu, spu.. (4x Fr. Timoteo qu'il prend pour Callimaco) Maître, vous ne dites rien ?
FR. TIMOTEO. — Ligurio m’a mis en colère.
NiciA. — Oh! vous contrefaites bien votre voix !*.
LiGURIO. — Ne perdons plus de temps ici. Je veux être le capitaine et mettre l’armée en ordre de bataille. Callimaco sera préposé à l’aile droite, moi à la gauche, et entre les deux cornes! se tiendra le dotfore ici. Siro sera l’arrière-garde pour donner renfort à la troupe qui fléchirait. Le mot d'ordre sera saint Cocu.
NICIA. — Qui est saint Cocu !*?
LiGURIO. — C’est le saint le plus honoré en France. Allons-y, dressons le guet-apens en ce coin-ci. Tendez l’oreille: j'entends un luth.
NIcIA. — C’est bien ça. Qu’allons-nous faire ?
LIGURIO. — Il faut envoyer par-devant un éclaireur pour découvrir qui c’est, et nous agirons selon ce qu’il nous rapportera.
NICIA. — Qui ira ?
LIGURIO. — Vas-y, Siro : tu sais ce que tu as à faire. Considère, examine, reviens vite, fais-nous rapport.
SIRO. — J'y vais.
NIcrA. — Je ne voudrais pas qu’on prenne un crabe — un vieillard ou un infirme — et qu’on ait à refaire ce jeu demain soir.
LiGuRIO. — N'ayez crainte: Siro est un vaillant homme. Le voici qui revient. Qu’as-tu trouvé, Siro ?
SIRo. — C’est le plus beau gars que vous ayez jamais vu! Il n’a pas vingt-cinq ans!” et s’en vient seul en manteau court jouant du
luth.
NIcrA. — Il fera l'affaire, si tu dis vrai. Mais prends garde, sinon tout ce
133. Le jeu comique avec la boule de cire est tiré de Décaméron Vi.6.