SCÈNE XI
LOUISE, en déshabillé blanc de nuit, la rhandclUà la main ; AMILCAll , endormi.
LOUISE , déposant son chandelier sur la table lU: gauche.
Il est encore là! Il dort... son sommeil paraît bien agité... (Amilcar s"agite de toute façon.) Il s■c^t endormi sur ses papiers! (Elle remue les papiers.) La lecture ne doit pas en cire amusante! )Elle remarque le papier rose qu'elle prend.) Voyons! Une lettre!... un lettre sans signature et sans date.. . ( Elle lit. ) « Vous le voulez; vous ne craignez les » remords ni pour vous ni pour moi ; vousm'en- » traînez dans le crime... Eh bien ! je ne résisie » plus... A ce soir! de la prudence!... Prenons » bien toutes nos précautions; que personne ne se » doute de rien : nous serions perdus ! » (Parlant ) On dirait une écriture déguisée.
AMILCAU , rêvant.
Un coup de poignard! le procureur du roi... l'écbafaud...
LOUISE, effrayée, voyant le poignard.
Grand Dieu! un poignard!
AMiLCAit , rêvant toujours , et faisant le geste de poignarder.— Il fiche le poignard sur la table.
Elzin! zin! zin!..- Deux... trois... qualre... Les voyez-vous la... tout sanglans... percés... Chut!. . chut!...
LOUISE
Oh; que dit-il?. . Et celtciettre... (Elle lit.) « Vous ne craignez les remords ni pour vous ni «pour moi; ^ous m'cnlrainez dans le crime. » (La lettre lui tombe des mains.)
AMii.CAlt , rêvant toujours.
Je soutiendrai que ce n'est pas moi... mais voudra-l-on me croire ?... Fualdès !... Papovoinc !... (Il chante :)
On lui a percé le liane, run, tan, plan.
LOUISE , elTrayéc de plus en plus.
Et ces \êlemens dont je n'avais pas d'abord remarqué le désordre... sa pâleur... ce poignard... (Elle prend le poignard, et s'éloigne.) Ah! le malheureux! il a tué quelqu'un... Je me meurs... Ah! qu'il ip,nore que j'ai surpris son secret!... il me tuerait aussi. Dès demain, je me sépare de lui ! je vais retrouver ma mère... Courons m'enfermer dans ma chambre à double tour.
(Elle va vers sa cliambre. Dans son trouble , elle se heurte à une chaise qu'elle renverse. — Amilcnr s'éveille en sursaut. Louise se tourne brusquement vers lui. — Elle a le poignard à la main. — Amilcar se lève. — Ils se regardent tous les deux avec effroi.)
AMILCAR , saisissant sa chaise sans la soulever. Qui vive! (A part.) Elle venait pour m'expédier...
LOUISE , à part.
Cachons ce poignard !
AMILCAU , à part.
Elle cache son arme ..
LOUISE, l'observant avec effroi, et reculant. C'est moi !... je venais... je croyais avoir entendu... Je rentre...
(Elle prend le flambeau qu'elle avait déposé sui la table de gauche.)
AMILCAR
Oui, rentre; tu me déranges. (A part.) Oh! oui, je suis bien dérangé.
LOUISE , lui souriant avec effort.
A bientôt ! mon bibi !
AMILCAR , à part.
Être le bibi d'une pareille créature! (Haut.) A revoir, ma chouchoute! (A part.) Quel sourire infernal ! (On entend Louise s'enfermer à double tour et entasser des meubles derrière la porte. — Amilcar, de son côté, place la table et une chaise derrière celte même porte.) Prenons bien toutes nos précautions jusqu'au jour; le moindre bruit m'avertirait. Oh! ciel! ma femme... une meurtrière!... j'aurais mieux aimé cent fois qu'elle me fût infidèle... qu'elle eût des amans... ça ne tue personne... au contr.'lre. (Il s'achemine vers la commode au fond. Pendant ce temps , le chevalier sort de la chambre à droite, premier plan. Il est pille et chancelant. Il s'appuie aux parois de la chambre.) Voyons, ne perdons pas un instant.
jcouocoiïoooooooooooooboasacooooooooooocooooisooooouca
scknl: XII.