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LE MÉTIER DE HAUTE LISSE

ce qui lui permet de s’assurer, aussi souvent qu’il est nécessaire, de la régularité du tissu et de la conformité de la copie à l’original. Par ces simples indi-

cations, on juge déjà de là difficulté du tissage de haute lisse.. On conçoit, par suite, qu’une longue pratique soit indispensable pour posséder toutes les ressources de la technique.

Si deux ans suffisent à un apprenti pour acquérir les principes essentiels qui lui permettent de travailler aux parties accessoires, il ne faut pas moins de douze ou quinze années de pratique pour devenir un tapissier émérite. Encore, ici comme partout, la différence d’aptitudes, sensible dès la période d’apprentissage, deviendi a-t-elle de plus en plus marquée après un long exercice.

Jadis, les plus habiles travailleurs, qu on désignait sous le titre de tapissiers de tète, avaient le monopole exclusif des figures et des nus. Les autres passaient leurvie à copier les acces^ soires, les ornements, les draperies, les fonds, les feu i liages, etc. Une pareille division n’est plus possible aujourd'hui; on habitue peu à peu les jeunes gens à exécuter les têtes et les chairs aussi bien que les accessoires. Mais le tapissier vraiment artiste, celui qui sait dessiner, qui a le sentiment de la couleur, qui voit juste, aura toujours, quoi qu’on fasse, une supériorité notable sur ses collègues.

Aussi, la production annuelle des travailleurs est-elle essentiellement variable.

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