‹ La manufacture nationale de Sèvres 1879-1887Chapitre 3 sur 106 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

rend encore des services signalés à l'industrie privée, et qu'elle contribue à augmenter dans une large mesure le patrimoine glorieux de la France.

Il n'en est pas moins resté dans le public une sorte d'indécision sur le rôle qui lui est réservé, et ces hésitations ont pris un caractère de gravité exceptionnelle à la suite des rapports que la commission, instituée après la guerre de 1870 pour apprécier les travaux céramiques qui s'y exécutent, a présentés au ministre par l'organe de M. Duc, membre de l'Institut.

Dans deux documents considérables datés du 20 avril 1875 et du 29 mars 1877, ainsi que dans la lettre par laquelle M. Duc refuse l'honneur qui lui avait été proposé déjuger les ouvrages destinés à l'exposition de 1878, des jugements sévères ont été formulés sur la production artistique de la manufacture et sur les tendances qui y régnent; la fabrication elle-même n'a pas échappé à la critique.

Tout en rendant hommage à l'habileté des artistes dans l'exécution de leurs ouvrages, la commission signale la faiblesse de leur conception artistique, elle insiste sur leur ignorance des lois de l'esthétique, et elle l'a fait avec une rigueur que tempèrent àpeinequelquesbienveillants éloges.

« On pourrait croire que les artistes appelés à créer ces œuvres souffrent d'un manque de direction ou d'un savoir acquis par l'étude. Ils tombent dans des compositions confuses, languissantes et non coordonnées. Il semble que, fatigués d'incertitude, et par un sentiment de révolte, ils se jettent dans des inventions bizarres, dans l'espoir d'y trouver l'originalité...

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