VIII PRÉFACE
« La décoration n'a plus de principe, elle ne connaît plus la division de l'espace, le rapport des champs et des parties décorées, l'échelle variée des ornements principaux et accessoires, le jeu des oppositions de formes, de lignes et de couleurs qui s'attirent l'une par l'autre. En un mot, l'artiste paraît ignorer qu'il existe une architecture décorative pour un vase comme pour un monument.
« Dès lors, les artistes, sans instruction préparée, sans frein, sans conditions, sans conviction, s'abandonnent à des compositions qui témoignent de leur peu de connaissance des ressources infinies de l'art décoratif, aussi bien que de leur embarras pour créer une nouvelle ornementation... Ils jettent au hasard quelques feuillages sur la panse d'un vase, y font intervenir une figure comme un événement, sans avoir égard à ses lignes de construction, et alors l'ensemble de la décoration, ainsi conçue sans la moindre frise pour la régler, laisse le spectateur dans l'attente et comme déconcerté.
(( ... Les artistes, assurés d'une bonne position fixe et peu menacés par la bienveillance de la direction, arrivent par la continuité du même travail et par des habitudes sédentaires à une inertie qui se refuse à toute initiative dans l'art... »
Fort heureusement, l'œuvre de la commission n'est pas restée exclusivement critique ; ses appréciations ont été accompagnées d'un exposé complet et magistral des principes de l'art décoratif appliqués à la céramique, par M. Lameire et de l'indication de quelques recherches techniques à entreprendre, par M. Th, Deck.