RAPPORTS DE LA MANUFACTURE AVEC L'INDUSTRIE
qués à Sèvres sont communiqués aux céramistes français qui veulent bien les lui demander; il en est de même des modèles créés à la manufacture : des surmoulés de ces modèles ou des traits sont donnés aux industriels qui en font la demande et c'est par centaines que ces communications sont faites.
Pour développer ces excellents rapports, j'ai organisé en 1879 un service d'essais et d'analyse des matières premières, dans le but de renseigner les industriels sur les propriétés, la valeur et les usages possibles des roches, des argiles, des kaolins qu'ils ont entre les mains; ce service qui avait examiné, jusqu'en 1887, plusieurs centaines d'échantillons, était dans mon esprit destiné à recevoir une grande extension et à passer successivement en revue toutes les richesses encore inconnues de notre sol français.
Enfin il convient de signaler, à côté du concours direct que les ateliers de Sèvres prêtent à l'industrie privée, l'enseignement que le public tout entier peut tirer de l'incomparable musée céramique qui est une source inépuisable de documents précieux pour la technologie et pour l'histoire de l'art décoratif. Le conservateur du musée est en contact incessant avec les érudits et les amateurs du monde entier qui font appel à sa compétence pour éclaircir des' points douteux sur l'origine ou sur l'authenticité de leurs poteries.
Voici, en résumé, les faits essentiels qui me paraissent devoir caractériser, au point de vue de la fabrication, la période dont je retrace l'histoire.
La collection des formes de la manufacture a été
augmentée d'environ cent cinquante modèles nouveaux.
L'emploi des couleurs de petit feu a été supprimé presque complètement ; il a été remplacé par celui des pâtes colorées et des émaux de grand feu ; l'application de ces derniers a été régularisée et s'est enrichie de quelques nouveaux procédés.
La production des biscuits a reçu un grand développement justifié par divers perfectionnements.
La fabrication d'une porcelaine analogue à celle de la Chine a été créée et organisée sur une grande échelle ; destinée plus spécialement à la décoration, la porcelaine nouvelle a reçu les applications les plus diverses : elle a permis notamment l'emploi des émaux, des couvertes colorées, des composés du cuivre au moyen desquels on a produit les flammés, des vernis plombifères avec lesquels on a réalisé la peinture sous couverte.
Toutes ces découvertes ont été communiquées aux industriels français, auxquels on a ouvert les portes de la manufacture aussi largement que possible.