SUR LA COUVERTE ÉGAILLE
C'est une composition excellente, mais elle donne des résultats incertains. Appliqué mince, cet émail est pauvre d'aspect; plus épais, il perd facilement sa transparence, prend un aspect métallique et détermine la tressaillure.
Nous avons tout d'abord cherché à supprimer l'emploi de la terre d'ombre, produit essentiellement variable, et à préparer une couverte faite avec des éléments constants.
A cet effet, on a fritté, au fourneau à vent, de la pegmatite, d'un côté avec du colcothar Fe203, de l'autre avec du bioxyde de manganèse MnO2, en prenant dans les deux cas 40 parties d'oxyde pour 60 parties de pegmatite. Ces deux frittes donnent isolément des couleurs sans intérêt, la première une' sorte de noir, la seconde un jaune brunâtre. On les a mélangées en proportions variables, et l'expérience a prouvé que le meilleur rapport, au point de vue de la nuance, est 4 p. de fritte au manganèse pour 1 p. de fritte au fer. L'intensité du mélange étant trop forte, il a fallu l'additionner de 20 p. de pegmatite pour 80 p. du mélange, qu'on peut préparer en somme en prenant :
Pegmatite 68,0 p.
(2) Manganèse 25,6 p.
Colcothar 6,4 p.
Cet émail donne de bons résultats et il a été employé avec succès à la manufacture de Sèvres, de 1882 à 1886. Comme cependant on constatait quelquefois des tressaillures sur certaines pièces, nous avons repris cette étude en 1886.
La cause de ces tressaillures est due à l'extrême basicité et à l'alcalinité de cette couverte.
Quant aux irrégularités constatées avec les diverses écailles préparées d'après la formule de Brongniart, à des époques différentes, c'est à la nature même de la pegmatite qui sert à sa préparation qu'il en faut rapporter l'origine. Les analyses qui ont été faites à Sèvres montrent, en effet, que la pegmatite subit dans sa composition une modification qui s'est constamment accentuée ; au fur et à mesure de l'épuisement des premiers bancs de la roche, celle-ci s'est de plus en plus rapprochée de la composition du feldspath : de 75 p. 100 la silice s'est abaissée à 70,64 p. 100; l'alumine de 15 p. 100 s'est élevée à 17,6, et les alcalis et la chaux se sont élevés de 10 p. 100 à 10,70 p. 100; l'augmentation de la basicité est de 2/9 environ et elle explique comment la formule de Brongniart, et la formule [2] ensuite, après avoir donné des résultats à peu près satisfaisants, se sont trouvées plus lard en désaccord absolu avec la pâte.
Nous aurions pu , par des additions convenables, ramener la pegmatite à son ancien type et reproduire exactement la couverte de Brongniart, mais les accidents auxquels elle donne lieu nous ont décidés à en chercher une nouvelle.
Après avoir établi que la présence des alcalis est la cause de l'instabilité de l'écaillé, nous avons pris le parli de les éliminer complètement; après de nombreux essais, nous nous sommes arrêtés à la formule suivante :
On mélange intimement :
Sable 37,69
Kaolin 35,38
Bioxyde de manganèse 21,54
Colcothar 5,39
On fritte ce mélange au fourneau à vent, en poussant la