X PRÉFACE
basé permettront au public de se placer à ce point de vue ; plus éclairé, il portera sur la manufacture un jugement raisonné et il rectifiera peut-être quelques-unes de ses opinions. Ce compte rendu pourra d'ailleurs servir de point de départ pour continuer ce que l'expérience aura fait reconnaître utile, pour éviter les fautes commises, pour appliquer ailleurs les réformes que la pratique aura justifiées.
Mon désir était de présenter cette publication pendant mon administration : j'estime qu'il serait bon que les directeurs des services de l'État fussent appelés à fournir de tels comptes rendus, destinés à la publicité ; ce serait un stimulant sérieux pour les uns, un encouragement utile pour les autres. Les circonstances ne m'ont pas permis de soumettre cette pensée à l'administration supérieure et de donner suite à mon projet ; je le regrette vivement parce que je suis actuellement dans l'impossibilité de faire connaître bien des documents qui me paraissent intéressants et qu'elle m'eût sans doute autorisé à publier.
Un pareil travail prête forcément à la critique : l'impartialité dans l'exposé des faits auxquels on a pris une part directe est difficile ; si elle est possible, il y a beaucoup de chances pour que le public n'y croie guère. Aussi avais-je tenté d'abord de donner simplement, sans discussion ni appréciations, la suite des circulaires et des rapports officiels auxquels mon administration a donné lieu ; mais les idées, les désirs, les ambitions, ne se traduisent pas par de simples circulaires lorsqu'il s'agit de questions scientifiques ou artistiques, et les motifs qui