‹ La manufacture nationale de Sèvres 1879-1887Chapitre 62 sur 106 · ORGANISATION DU BUREAU DE DISTRIBUTION · texte numérisé non relu

ORGANISATION DU BUREAU DE DISTRIBUTION

Art. 6. — Dans le cas où le feu prendrait de l'extension, l'administrateur enverra un exprès au commandant des pompiers et à la gendarmerie de Sèvres pour demander du secours et une garde suffisante.

Art. 7. — L'agent comptable ou, à son défaut, un chef de service que l'administrateur désignera, parcourra la maison pour veiller à ce que personne ne puisse, profitant du trouble, y commettre un délit; s'il le juge utile, il préposera à la garde des objets précieux les hommes en qui il aura une confiance absolue.

Art. 8. — La clef de la remise des pompes devra toujours être chez le portier de la grille donnant sur la grande rue. Dans le cas où un sinistre éclaterait au dehors de la manufacture, le chef de garde pourra laisser sortir les deux pompes foulantes accompagnées par le sergent et le caporal; mais, quoiqu'il arrive, la pompe aspirante et foulante ne devra jamais sortir de la manufacture.

Art. 9. — L'administrateur se réserve le droit de récompenser les personnes qui auraient montré le plus de zèle et de sang-froid dans l'exécution de ses ordres; par contre, toute infraction au règlement et toute insubordination seront sévèrement punies.

L'administrateur : Ch. Lauth.

Sèvres, le 30 septembre 1879.

Organisation du bureau de distribution.

L'administrateur, considérant que la distribution journalière et en quelque sorte permanente des objets dépendant du matériel entraîne avec elle des abus et des pertes de temps;

Que, d'autre part, elle na amené aucun résultat utile au point de vue du contrôle ;

Arrête :

A compter du 1er octobre prochain, le bureau de distribution ne sera ouvert qu'une fois par semaine, le mardi, de 8 heures du matin à 11 heures.

MM. les chefs de service sont priés de vouloir bien faire déposer

DOCUMENTS ADMINISTRATIFS

dans une boîte placée à la porte du bureau du matériel, leurs bons de demandes, le lundi avant midi.

La distribution du linge aura lieu comme par le passé.

L'administrateur : Ch. Lauth.

Sèvres, le 10 septembre 1879.

Organisation de l'atelier de démonstration.

L'administrateur, considérant que les visites des étrangers dans les ateliers de la manufacture entraînent avec elles des inconvénients sérieux, cjne, notamment, la présence dans les ateliers d'un grand nombre de visiteurs est de nature à gêner les ouvriers, à altérer la qualité de leurs travaux et est l'occasion d'un trouble incessant ;

Arrête :

A partir du lundi 15 septembre, les visites des ateliers de production seront suspendues. Les personnes munies de cartes seront conduites par les gardiens dans l'atelier dit « de démonstration» où toutes les opérations relatives à la fabrication de la porcelaine seront effectuées et expliquées sous leurs yeux; on leur fera visiter ensuite les fours.

Ces visites, jusqu'à nouvel ordre, auront lieu tous les jours de la semaine, sauf le dimanche, de midi à 5 heures.

L'administrateur : Ch. Lauth.

Sèvres, le 8 mars, 1886.

Règlement des majorations.

L'administrateur, considérant qu'il est nécessaire d'établir d'une façon définitive les majorations dont il convient de frapper les pièces de porcelaine fabriquées et décorées, en représentation

RÈGLEMENT DES MAJORATIONS.

des frais généraux de manutention et d'administration de la manufacture de Sèvres,

Arrête :

Art. 1er. — Les pièces en blanc seront frappées, à leur entrée au magasin de réserve, d'une plus-value de 10 p. 100 sur leur prix de revient.

Art. 2. — Les pièces décorées au grand feu entreront au magasin de réserve au prix du blanc augmenté du prix payé à l'artiste ; elles ne pourront en sortir qu'en passant par le deuxième département où elles subiront les majorations prévues aux articles 6 et 7.

'Art. 3. — Les pièces en fond de grand feu ou de moufle entreront au magasin de réserve avec un prix double du prix de revient de ces pièces en blanc.

Art. 4. — Lorsque les pièces en fonds seront accompagnées d'une décoration, elles entreront au magasin de réserve avec le prix des pièces de fonds augmenté du prix de la décoration.

Exceptionnellement cependant et d'après la nature du travail, ces pièces pourront entrer au magasin de réserve dans les conditions prévues à l'article 2.

Art. 5. — Les pièces de sculpture entreront au magasin de réserve et de vente avec une majoration de 50 p. 100.

Art. 6. — Les pièces qui auront été décorées ou qui auront reçu un complément de décoration dans les ateliers de peinture seront frappées de 25 p. 100 sur les frais de décoration.

Art. 7. — Toutes les pièces (sauf l'exception prévue à l'art. 5) entrant au magasin de vente seront frappées de 40 p. 100. Il en sera notamment de même pour les pièces en fonds destinées à être vendues sans autre décoration ou sans monture. Elles passeront pour ordre par le deuxième département et seront frappées de 40 p. 100 à leur entrée au magasin de vente.

Art. 8. — Les pièces dont la marque aura été oblitérée ne subiront point la majoration de 40 p. 100 à leur entrée au magasin de vente.

Art. 9. — La conférence pourra modifier en plus ou en moins les pièces qui lui seront présentées selon la réussite de ces pièces.

L'administrateur : Ch. Lautr.

Lauth.

DOCUMENTS ADMINISTRATIFS

Extrait du Journal Officiel du 17 décembre 1884.

Ch. 20, manuf. nationale de Sèvres, 624-450. M. le Président. — M. Hémon a la parole.

M. Louis Hémon. — Messieurs, ce n'est pas une augmentation de crédit que je viens demander à la Chambre. Mais je n'ai pu me défendre d'une impression de surprise qui sera peut-être partagée ici, en voyant une réduction de 15,000 francs frapper le personnel de la manufacture de Sèvres au lendemain de cette exposition des arts décoratifs, où cette manufacture, sous la direction la plus éprise d'innovation et de recherches artistiques, a montré des résultats inconnus jusqu'à ce jour (Très bien ! très bien ! sur plusieurs bancs).

M. Hippolyte Maze. — C'est vrai! vous avez absolument raison.

M. Louis Hémon. — Il faudrait se plier à cette nécessité si, d'une part, il était démontré qu'elle sera sans influence sur les progrès de la production de Sèvres, et si, d'autre part, on constatait que le traitement économique appliqué par la commission du budget à nos manufactures nationales est égal pour toutes. Or, les autres manufactures, qui n'ont certes pas des titres supérieurs, sont épargnées ou, du moins, ne sont pas atteintes au même degré.

Ce que je me borne à demander, c'est qu'au moins la manufacture de Sèvres ne soit pas seule frappée... (Interruptions), qu'elle ne soit pas l'objet d'une mesure exceptionnelle que rien ne justifie, et que devraient, au contraire, détourner d'elle les succès qu'elle vient d'obtenir tout récemment.

Il y a trois manufactures qui font l'objet de trois chapitres différents. Je demande que les trois chapitres soient renvoyés à la commission pour que celle-ci examine de quelle façon pourraient être réparties entre les différentes manufactures nationales les réductions qui, en ce moment, frappent exclusivement, et, je crois, injustement, la manufacture de Sèvres (Très bien! très bien ! sur divers bancs).

M. le Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts. — Je tiens à ajouter au témoignage que vient de rendre M. Hémon en faveur de l'administration de Sèvres, celui de l'administration

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