‹ La Manufacture nationale des GobelinsChapitre 22 sur 56 · LES ATELIERS D’AMEUBLEMENT · texte numérisé non relu

LES ATELIERS D’AMEUBLEMENT

L’édit de 1667 ordonne de maintenir à la Manufacture des meubles de la Couronne les « bons peintres, maîtres tapissiers de haute lisse, orphèvres, fondeurs, graveurs, lapidaires, menuisiers en ébeine et en bois, teinturiers et autres bons ouvriers en toutes sortes d’arts et métiers qui sont établis et que le Surintendant de nos bâtiments estimera nécessaire d’y établir ».

En vertu de cette disposition, Le Brun attacha aux Gobelins un certain nombre d’artistes en qualité « d’officiers qui ont gages pour servir généralement dans toutes les maisons royales et bastiments de Sa Majesté ». Bonnemer, de Sève, Anguier, Houasse, Yvart le père, Yvart le fils, Baptiste Monnoyer, Verdier, Ramodon, Nivelon, peintres; Audran et Rousselet, graveurs; Leclerc, dessinateur et graveur; Coysevox et Tubi, sculpteurs. Les appointements fixes que ces artistes touchaient à la Manufacture étaient fort minimes, 200 à 3oo livres par an, mais ils constituaient un lien officiel très recherché; les travaux étaient payés selon leur importance.

LES GOBELINS

En général, les peintres ne composaient pas de modèles originaux, ils faisaient des copies, retouchaient les toiles, reconstituaient les morceaux détruits, ajoutaient des motifs. Bonnemer, qui avait été à Rome « pour se rendre capable de servir Sa Majesté », dessina des broderies pour les meubles de la grande galerie de Versailles et fut chargé « d’ouvrages de tapisserie, de peinture ou teinture » sur gros de Tours et de Naples; cette peinture sur soie, dont le Mobilier national possède deux pièces, ne s’explique pas bien dans une fabrique de tapisserie, d'autant que Bonnemer reproduisait des modèles de tapisseries; c’était une fantaisie coûteuse et fragile. Anguier traitait plus spécialement les ornements, Houasse les animaux et Baptiste les fleurs. Concurremment avec eux Le Brun employait un grand nombre d’autres peintres selon les besoins du service; on trouvera leurs noms dans le détail des tapisseries.

L’atelier de broderie ne paraît avoir été composé que de Simon Fayette pour les figures et de Philibert Ballan pour le paysage; ils exécutèrent deux pièces « représentant une manière de prendre les oyseaux au passage », des bordures pour les soies peintes, des meubles et des travaux sur fond d’or, selon les modèles de Bonnemer, de Testelin, de Boullongne le Jeune et de Bailly, à qui l’on doit une suite de miniatures d’après les tapisseries de la Manufacture. Le travail connu des deux brodeurs ne correspond guère aux nombreuses pièces d ' emmeublement brodées que possédait Louis XIV.

Dans l’état actuel des informations, il est impossible d’établir la nomenclature même approximative des produits fabriqués dans les ateliers d’orfèvres, de fondeurs, de lapidaires et d’ébénistes. D’abord, malgré la dénomination de Manufacture royale des meubles de la Couronne, la Manufacture des Gobelins n’était pas le seul établissement oü le

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