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LES ATELIERS D’AMEUBLEMENT

roi faisait travailler pour les palais; il avait des ateliers au Louvre et donnait des commandes en ville; puis les inventaires officiels ne mentionnent qu’exceptionnellement le fabricant — le nom de Villiers n’y est que deux fois; — les comptes des Bâtiments du roi sont très sobres de descriptions, enfin dans l’orfèvrerie notamment, presque tout a disparu, Louis XIV ayant, en 1689, ordonné la fonte de ses meubles en argent massif pour subvenir aux dépenses de la guerre, comme l’avaient fait avant lui Louis Ier, roi d’Anjou, François Ier et d’autres princes.

Colbert voulait mettre le royaume en état de se passer des étrangers; pour appliquer ce principe, il eut recours aux étrangers chaque fois qu’il ne trouvait pas en France les éléments nécessaires à l’affranchissement; il avait pris des tapissiers dans les Flandres, des verriers à Venise; il chercha également au dehors des orfèvres, des ébénistes et des mosaïstes.

Les orfèvres Claude de Villiers et son fils François furent appelés de Londres et établis aux Gobelins; la fabrication ne fut pas d’abord poussée très activement. On lit en effet dans le journal cité plus loin, du Voyage du cavalier Bernin en France, à la date du 9 septembre 1 665 :

« L’on a parlé, après, de l’argenterie qui se fabrique aux Gobelins, oü il se fait des vases et des bassins d’une grande magnificence. Sa Majesté a dit : qu’il n’y avait encore de fait que ... vases ... bassins 4, mais que dans dix ans, il y aurait de quoi faire un buffet raisonnable, qui irait du bas d’un de ses salons jusque en haut. Le cavalier a dit à Sa Majesté qu’Elle s’y prenait fort bien et que ces choses confirmaient ce qu’on lui avait dit avant qu’il partît de Rome : Che il re haveva un grande cervellone 2. »

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