‹ La MaratreChapitre 27 sur 93 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les mêmes, moins NAPOLEON.

LE GÉNÉRAL

Quand il se met dans ses questions , cet enfant-là, il est à mourir de rire.

GERTRUDE

Il est souvent fort embarrassant de lui répondre, (à Pauline.) Viens là nous deux, nous allons finir notre ouvrage.

VERNON

C'est à vous à donner, général.

LE GÉNÉRAL

A moi... Tu devrais te marier, Vernon, nous irions chez toi comme tu viens ici, tu aurais tous les bonheurs de la famille. Voyez-vous, Godard il n'y a pas dans le département un homme plus heureux que moi.

vernon.

Quand on est en retard de soixante-sept ans sur le bonheur, on ne peut plus se rattraper. Je mourrai garçon. (Les deux femmes se mettent à travailler à la même tapisserie.)

gertrude, avec Pauline sur le devant de la scène.

Eh ! bien, mon enfant, Godard m'a dit que tu l'avais reçu plus que froidement, c'est cependant un bien bon parti.

PAULINE

Mou père, madame, me laisse la liberté de choisir moi-même un mari.

gertrudr.

Sais-tu ce que dira Godard Vil dira que tu l'as refusé parce que tu as déjà choisi quelqu'un.

PAULINE

Si c'était vrai, mon père et vous, vous le sauriez. Quelle raison aurais-jede manquer de confiance en vous?

GERTRUDE

Qui sait? je ne t'en blâmerais pas. Vois-tu, ma chère Pauline ; en fait d'amour, il y en a dont le secret est héroïquement gardé par les femmes, gardé au milieu des plus cruels suppli* Pauline, à part, ramassant ses ciseaux qu'elle a laissé tomber.

Ferdinand m'avait bien dit de me défier d'elle... Est-elle insinuante?

Page 1