‹ La MaratreChapitre 52 sur 93 · ACTE III, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VIII

GERTRUDE

C'est une plaisanterie, nous étions à rite. N'est-ce pas, Pauline... tu riais, ma petite?

PAULINE

Oui, papa. Ma chère maman et moi, nous étions en train de rire.

vernon, bas à Pauline, Un bien gros mensonge !...

Vous n'entendiez pas frapper?...

PAULINE

Nous avons bien entendu, papa; mais nous ne savions pas que c'était toi.

le général, à Fernon.

Comme elles s'entendent contre moi! (Haut,) Mais de quoi s'agissait-il donc?

GERTRUDE

Eh! mon Dieu! mon ami, vous voulez tout savoir : les tenans, les aboutissants, à l'instant ! ... Laissez-moi aller sonner pour le thé.

LE GÉNÉRAL

Mais enfin !

GERTRUDE

C'est d'une tyrannie ! Eh bien ! nous nous sommes enfermées pour ne pas être surprises, est-ce clair?

VERNON

Dame ! c'est très-clair.

GERTRUDE, bas.

Je voulais tirer de votre fille ses secrets, car elle en a, c'est évident ! et vous êtes venu, vous dont je m'occupe, car ce n'est pas mon enfant; vous arrivez, comme si vous chargiez sur des ennemis, nous interrompre au moment où j'allais savoir quelque chose.

LE GÉNÉRAL

Madame la comtesse de Grandchamp, depuis l'arrivée de

Allons, voilà Godard, maintenant.

LE GÉNÉRAL

Ne ridiculisez pas ce que je vous dis ! Depuis hier, rien ne se passe ici comme à l'ordinaire ! Et, sacrebleu, je veux savoir...

GERTRUDE

Oh ! des jurons, c'est la première fois que j'en entends, monsieur. Félix, le thé. Vous lassez-vous donc de douze ans de bonheur.

LE GÉNÉRAL

Je ne suis pas et ne serai jamais un tyran. Tout à l'heure,

j'arrivais mal a propos quand vous causiez avec Ferdinandl J'arrive encore mal à propos quand vous causez avec ma fille... Enfin, cette nuit...

VERNON

Allons, général, vous querellerez madame tant que vous voudrez, excepté devant du monde. (On entend Godard.) J'entends Godard. {Bas au Général.) Est-ce là ce que vous m'aviez promis? Avec les femmes, et j'en ai bien confessé comme médecin, avec elles, il faut les laisser se trahir, les observer... Autrement, la violence amène les larmes, et une fois le système hydraulique en jeu, elles noyeraient des hommes de la force de trois Hercules.

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