‹ La MaratreChapitre 54 sur 93 · ACTE III, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IX

PAULINE

Vous vous trompez, monsieur.

LE GÉNÉRAL

Godard.

PAULINE

Si vous me faites la faveur de ne plus vouloir de moi pour femme, vous possédez alors à mes yeux les qualités brillantes qui doivent séduire mesdemoiselles Boudeville, Clinville, Dérville, et caetera.

GODARD

Assez, mademoiselle. Ah ! comme vous vous moquez d'un amoureux éconduit qui cependant a 40,000 fr. de rentes. Plus je reste ici, plusj'ai de regrets. Quel heureux homme que M. Ferdinand de Charny!

PAULINE

Heureux? et de quoi ? pauvre garçon ! d'être le commis de mon père.

GERTRUDE

Monsieur de Rimonville.

LE GÉNÉRAL

Godard...

Monsieur de Rimonville...

LE GÉNÉRAL

Godard, ma femme vous parle.

GERTRUDE

Aimez- vous le thé peu ou beaucoup sucré?

GODARD

Médiocrement.

GERTRUDE

Pas beaucoup de crème?

GODARD

Au contraire, beaucoup, madame la comtesse. [A Pauline.) Ah ! monsieur Ferdinand n'est pas celui qui... que vous avez distingué... Eh bien ! moi, je puis vous assurer qu'il est fort du goût de votre belle-mère.

PAULINE

Quelle peste que ces curieux de province !

GODARD

Il faut que je m'amuse un peu avant de prendre congé ! Je veux faire mes frais.

GERTRUDE

Monsieur de Rimonville? si vous désirez quelque chose de substantiel , voilà des sandwich.

GODARD

Merci , madame !

gertrude, à Godard.

Tout n'est pas perdu pour vous.

GODARD

Oh ! madame ! j'ai fait bien des reflexions sur le refus de mademoiselle de Grandchamp.

GERTRUDE

Ah! {Au Docteur.) Docteur! le vôtre comme à l'ordinaire?...

LE DOCTEUR

S'il vous plaît, madame?

GODARD

Pauvre garçon, avez-vousdit mademoiselle?... Mais monsieur Ferdinand n'est pas si pauvre que vous le croyez ! il est plus riche que moi.

PAULINE

D'où savez-vous cela ?

GODARD

J'en suis certain, et je vais tout vous expliquer. Ce monsieur Ferdinand, que vous crovez connaître, est un garçon excessivement dissimulé...

Pauline, à part.

Grand Dieu ! saurait-il son nom ?

gertrude, à part^ Quelques gouttes d'opium versées dans son thé l'endormiront, et je serai sauvée.

GODARD

Vous ne vous doutez pas de ce qui m'a mis sur la voie...

Oh! monsieur! de grâce?...

GODARD

C'est le procureur du roi. Je me suis souvenu que chez les Boudeville, on disait que votre commis... Pauline, à part.

Il me met au supplice.

GERTRUDE

Tiens, Pauline!

vernon, h parL Ai-je la berlue ? j'ai cru lui voir mettre quelque chose dans la tasse de Pauline.

paulinb.

Et que disait-on ?

GODARD

Ah ! ah ! comme vous m'écou tez ! ... Je serais bien flatté de savoir que vous auriez cet air-là pendant que quelqu'un vous parlerait de moi, comme je vous parle de M. Ferdinand.

PAUL1NK.

Quel singulier goùl a le thé! Trouvez-vous le vôtre bon?

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