‹ La marchande de plaisirsChapitre 31 sur 35 · LA MÈRE ET LA FILLE · texte numérisé non relu

LA MÈRE ET LA FILLE

Au moment 1 de l’enlèvement, on s’en souvient sans doute, Edwige était évanouie.

Ce ne fut que dans la chaise de poste, ce ne fut qu’en dehors des portes de la ville, qu’elle rouvrit les yeux, et qu’elle reconnut à ses côtés son ennemie.

Mais cette ennemie-là'... s’était dite sa mère devant Fabritzius, et Fabritzius ne l’avait point démentie!

Mais cette ennemie-là... ce n’était plus la môme femme... la femme du bal et de la petite maison... la femme toute à la passion, toute à là vengeance.

Non!!...

Une métamorphose complète s’était accomplie chez la courtisane... elle s’était en quelques heures transfigurée par la maternité !

Et maintenant, elle est là, devant Edwige... devant sa rivale... non... devant sa fille:., humble et suppliante... pleine de tendresse et de dévouement... si parfaitement mère, qu’après l’avoir contemplée quelques instants en silence, Edwige ne douta plus de ses souvenirs.

Mais, de la conviction à la réciprocité, il y avait encore un abîme.

Edwige baissa doue les paupières, feignit de dormir, puis, brisée par tant de fatigues et d’émotions à la fois, elle finit réellement par succomber au sommeil.

En se réveillant, elle retrouva devant elle la Dogaresse. dont la bouche n’osait parler encore, mais dont l’être tout eptier semblait lui crier : je t’aime.

Quelque chose aussi commençait à s’animer au fond de l’âme de la jeune fille, qui peu à peu subissait à son insu la domination de cette pensée, la fixité de ce regard, le magnétisme de cet immense et muet amour.

Mais, tour à tour entraînée, combattue tour à tour, elle hésitait, elle se taisait, elle attendait encore.

Et cette lutte tuait Edwige.

Au troisième relai, elle chancela, elle pâlit, elle ne put continuer le voyage.

— Ils me rejoindront peut-être, s’écria la Dogaresse... ils me l’enlèveront... j’en mourrai... mais qu’importe... pourvu qu’elle vive !

Et elle s’était arrêtée.

Le médecin ordonna des soins, du repos, des calmants.

La courtisane devint une sublime garde-malade, elle passa la nuit en pleurs, en prières, au chevet du lit de sa fille.

Le lendemain matin, au moment même où l’hôtelier vient de déposer son plateau près de la blanche alcôve d’un petit salon donnant sur des jardins tout remplis de fleura et de silence, nous allons voir entrer Edwige appuyée sur l’épaule attentive de la Dogaresse.

— Là, doucement!... disait-elle avec cette voix qui ne parle qu’aux lèvres des mères... bien doucement... nous serons mieux ici... nous y trouverons ce qu’a recommandé le docteur... du calme... de l’air... du soleil... appuie-toi sur moi, mon enfant...

— Merci!... murmura la jeune fille d’un souffle prêt à s’éteindre, la force me revient un peu. .. merci, madame. . .

— Madame !... répéta l’Italienne avec un sourire navré.

— Ah!... s’écria tout à coup Edwige en chancelant

sous l’énervante pression de quelque invisible douleur; ah!... que je souffre!

— Edwige! mon enfant !... ma. fille !...

La Dogaresse aussitôt se rapprocha d’elle, l’entoura de ses bras, la fit doueement asseoir dans une large bergère, s’assit elle-même sur un petit tabouret, et avec l’accent profond d’une tendresse infinie, elle commença l’entretien suivant, auquel la jeune fille ne répondit d’abord qu’avec une sorte de répulsion, qu’avec une persistante défiance.

— Votre fille !... c’est donc bien vrai !...

— Elle doute encore... juste ciel !... Elle doute toujours l

— Non... non... depuis que je vous ai vue durant ces deux jours de voyage... durant cette dernière nuit de fièvre surtout... attentive à mon moindre tressaillement... à mon moindre soupir... à ma moindre larme... sans cesse veillant... priant toujours... ah! c’est bien cela, une mère... je ne doute plus... non... mais...

— Mais...

— Mais... il y a dans tout ce qui m’arrive quelque chose que je ne puis comprendre... Et d’abord... d’abord cette accusation mortelle contre celui qui m’a servi de père ?...

— Il voulait nous séparer... il m’eût défendu de t’emporter dans ma fuite, il le fallait!... Mais sitôt arrivée, tu le sais, j’ai écrit aux juges pour me rétracter... II doit être hors de péril maintenant... il est libre. .. Ensuite?...

— Ensuite.., dans cette fête... dans cette affreuse maison...

— Oh !... ne me parle pas de cette infamie, no me parle pas de cette insulte... Enfant... je t’en supplie... n’en parlons jamais !...

— Alors... pourquoi donc avoir tant tardé?... Si l’on m’avait dit que je pouvais retrouver ma mère... si j’eusse appris que vous existiez encore 1...

— En savais-je davantage... moi?... enfant... enfant... il est des destinées fatales... c’était pour ton avenir...

ce fut par dévouement, que je te laissai toute petite chez le marquis de Saint-Fargeau, mais pour te venir reprendre bientôt... bientôt, entends-tu bien?... Abandonner ma fille... oh!... Dieu - m’en est témoin... jamais cette pensée ne me fût venue d’abandonner ma fille !... mais on me jeta dans une prison... mais j’y restai trois ans... trois ans à meurtrir ma tête et mes mains à des barreaux de fer... trois ans à t’appeler avec des cris et des sanglots... trois ans au bout desquels je n’étais pas morte de désespoir et de rage... Oh!... c’est que je t’aime bien, va... car, sitôt échappée de cet enfer, je retournai en France, puis en Allemagne, je courus, je volai vers toi... Le marquis avait disparu... je ne connaissais pas Fabritzius... plus rien... rien... N’importe!.. . je ne me rebutais pas... je repartis encore... j’explorai les plus petits duchés, les moindres villages... je visitai tout, je cherchai partout... demandant le marquis de Saint-Fargeau à chaque pas, semant l’or sur tous les chemins, flairant le sol et l’espace ainsi que la lionne à laquelle on a volé ses petits... Dieu ne voulut pas !... Enfin, brisée, mais non vaincue, je revins à Venise, où les années ont passé sur ma tète, ma'is sans amener l’oubli dans mon cœur... T’oublier... toi... ma fille!... allons donc!... est-ce qu’on oublie jamais la chair de sa chair, les os de ses os, l’âme de son âme?... Non... non... je pensais toujours à toi... tu souriais chaque nuit dans mes rêves... et chaque matin... tout en larmes... je m’agenouillais en murmurant pour unique prière : Mon Dieu!... si elle n’est plus de ce monde, faites-moi la rejoindre parmi vos anges... mais si ma fille est vivante... ô mon Dieu !... ne me laissez pas mourir sans avoir revu.*., sans avoir embrassé ma fille.

Vers le milieu de cette entraînante justification, la Dogaresse s’était levée toute en larmes; à la fin elle retomba suppliante aux pieds d’Edwige attendrie.

— Oh !... je comprends... murmura la jeune fille, avec une croissante émotion... je comprends maintenant... car moi-même... moi qui vous avais perdue trop jeune

encore pour me souvenir... je me souvenais néanmoins... Et là... là... tout au fond de mon cœur... oh ! je l’ai dit bien souvent à Fabritzius... je gardais une vague espérance... un trésor d’affection... une part d’amour à ma mère !

— Eh bien !... cet amour... reprit anxieusement Maria... ce trésor... me le refuseras-tu, quand je suis à tes pieds, quand je l’implore avec des sanglots?... Ne sois pas impitoyable... enfant... j’ai bien souffert... va... je suis bien malheureuse... mais si ton regard s’arrêtait tendrement sur le mien...

— O mon Dieu !...

Et Edwige souriait à sa mère.

— Si tes bras s’ouvraient à mes bras tendus vers toi...

— Mon Dieu!... mon Dieu!...

Et Edwige écartait lentement ses frémissantes mains...

• — Si tu me disais enfin avec une voix partie du cœur... si tu me disais...

— Ma mère... oh!... ma mère!...

— Ma fille, ô mon enfant... ô ma fille !...

dette fois la glace était rompue... la voix du sang l’emportait enfin... la nature parlait en maître.

Les deux femmes confondirent enfin leurs baisers et leurs larmes, les deux femmes se tinrent étroitement et longuement- embrassées.

— Qu’as-tudonc?... s’écria tout à coup la mère en sentant sa fille faiblir sur son sein... qu’as-tu donc?... tu frissonnes... tu pâlis...

— Moi !... rien... mère... rien... balbutiait Edwige; la fatigue... l'émotion... mais je suis bien contente... va... je suis bien heureuse...

— Oh !... oui... oui... tu seras heureuse.

— Je pourrai donc revoir... mon bon père Fabritzius?...

— Un jour sans doute... bientôt... bientôt...

— Et lui... lui.,.

— Lui?'

— Horace f

La fille et la mère se séparèrent aussitôt, comme si quelque invisible précipice se fût creusé soudainement entre elles.

— Oh!... reprit avec effort Maria; pas ce nom-là, mou enfant... entre nous jamais ce nom, jamais !...

— Pardon, ma mère... pardon... gémit douloureusement Edwige, je ne le prononcerai plus avec les lèvres, mais, je ne puis vous promettre... hélas !... de l’effacer de mon cœur !

— O mon Dieu!... mon Dieu!...

— Ma mère... ma mère... puisque vous ne pouvez me donner l’oubli... versez-moi du moins ce profond sommeil, qui pour quelques instants ce matin avait anéanti ma pensée... Ce sommeil encore... Oh !... donnez-moi ce sommeil !

En même temps, elle indiquait du doigt le plateau placé sur un guéridon près de la blanche alcôve.

— Eh bien !... oui... consentit la Dogaresse... là, sur ce lit de repos... Voici justement la carafe, le verre et l’oubli...

En même temps elle touchait déjà le flacon.

— Beaucoup, supplia la jeune fille... oh ! beaucoup, ma mère...

— Deux gouttes seulement... enfant... le docteur l’a bien recommandé... rien que deux gouttes... et tiens... ma main tremble... j’ai peur... tiens, verse toi-même... verse bien doucement...

Et elle lui passa le flacon.

— Une... compta Edwige.

— Deux... c’est assez... interrompit vivement la mère en reposant la fiole sur le guéridon. Quelques-unes de plus, ce serait la mort !

— La mort !

Maria ouvrit alors les rideaux, et la jeune fille s'étendit sur le lit de repos, tandis qu’en la recouvrant avec amour d’un léger voile, sa pauvre mère disait :

LA MARCHANDE DE PLAISIRS. Wô

— Maintenant... bois... bois et dors, dors là sous l’aile de ta mère... hélas 1 Dieu lui a refusé le bonheur d’être ta berceuse... mais lorsqu’elle te voit sommeiller en souriant à ses côtés... il lui semble qu’elle rajeunit de quinze ans... que la couche où tu reposes se transforme en un berceau... et que nous sommes bien heureuses toutes les deux, car tu es petite encore... - petite, ô mon enfant... toute petite !

— Bonne nuit... murmura doucement Edwige qui se rendormait déjà; mère... bonne nuit!

— Bon sommeil... enfant... bon sommeil! poursuivit la pauvre mère en s’agenouillant auprès du lit, en y appuyant bientôt sa tète sur la main pendante $e la jeune fille. Déjà ses paupières closes ! elle dort déjà ! j’ai trop attendu pour l’embrasser... mais je puis la regarder encore... le regard ne réveille pas!..» Dors donc, Edwige... dors, ma fille... demain nous nous remettrons en route... nous irons trouver bien loin quelque introuvable retraite où Pabritzius viendra nous rejoindre plus tard... car, je le connais, il pardonnera... sans nous rappeler jamais le souvenir d’Horace... Horace... pourquoi donc ne puis-je pas l’oublier non plus?... Horace !...

— Maria... me voici ! répondit tout à coup une voix terrible.

La Dogaresse épouvantée releva la tête.

Horace était là, debout sur le seuil, égaré, haletant, livide comme un fantôme vengeur.

LA MÛRE ET I.’aMANTE.

Eu s'échappant de la maison de santé, Horace se trouvait possesseur des six cents francs formant la caisse sociale des trois fugitifs.

Il put donc courir sans désemparer jusque chez le maître de poste, avec lequel il s’était entendu le matin même relativement à la voiture qui devait attendre les deux nouveaux époux à la sortie du presbytère, et qui n’avait fatalement servi qu’à faciliter l’enlèvement d’Edwige.

Moyennant la bourse tout entière, il se fit équiper instantanément le meilleur cheval de l'écurie, il le précipita ventre à terre sur la route d’Italie.

Au premier relai, il aperçut la serrure encadrée de noir, et, sans perdre le temps de changer de cheval, il passa comme un éclair.

Même signal au second relai ; Horace le franchit de même.

Mais à la troisième poste, il s’arrêta tout à coup.

Ce n’était plus du noir, cette fois, c’était du rouge.

Le pauvre cheval, écumant, ensanglanté, moribond, vint donc s’abattre dans la cour de l’hôtellerie.

LA MAKCHAN DU DK l'LAlSIRS.

Déjà le cavalier était à terre, déjà, dépeignant à la hâte les deux voyageuses arrivées de la veille au soir, il demandait impatiemment leur appariement.

On lui indiqua le premier étage.

Il y grimpa soudain avec l’agilité d’un chat-tigre.

Et, comme on vient de le voir, il apparut spontanément aux yeux stupéfaits de la Dogaresse.

Elle eut cependant la force de se relever aussitôt; elle eut encore la précaution de refermer vivement les rideaux de l’alcôve, sur le lit de laquelle restait Edwige profondément endormie.

Puis, elle recula instinctivement sous l’étrange regard d’Horace, qui lentement s’approcha d’elle jusqu’au point de lui effleurer le bras, et qui, d’une non moins étrange voix, lui dit :

— Un jour... madame... vous ôtes entrée chez moi comme j’entre chez vous aujourd’hui... vous m’avez de même réveillé d’un doux songe en me touchant à l’épaule... et vous m’avez dit comme je viens vous le dire à mon tour : Pitié... pardon... pardon et pitié!...

— Pitié... murmure comme un plaintif écho la Dogaresse.

— Oui... reprit l’artiste avec un commencement -de menace. La prière d’abord... ensuite...

— Monsieur... se récria-t-elle soudain avec un imperceptible frissonnement. Monsieur... osez- vous encore... lorsque vous m’avez aimée?...

— Oh !... déclara solennellement Horace en relevant son beau front pâli vers le ciel, grâce à Dieu qui veillait sur nous sans doute, grâce à Dieu... madame... cet amour resta si pur... que c'est la conscience paisible, la tète haute et sans la moindre rougeur au front... voyez plutôt ! que je viens vous demander votre fille!

— Pour elle... répondit la pauvre Maria d’un ton de solennité semblable, Horace... pour elle... je puis tout sacrifier... oui, tout... mais cet autre amour... cet amour fatal est encore là... et je ne puis l’en arracher qu’en m’arrachant le coeur... mais vivre tous les trois... en-

semble... oh! — non... je ne le puis pas... je ne le veux pas... non 1...

A cette catégorique déclaration, le fiancé d’Edwige eut d’abord un mouvement de colère.

— Maria!...

Puis, se calmant tout à coup, et avec une douceur infinie dans le regard, et avec une tendre et suppliante ferveur dans la voix :

— Maria... reprit-il après un silence, songez-y bien... oe n’est pas pour moi non plus que je vous parle... oh!

tuoc... que je sois chassé du paradis de mes rêves que

j’aille souffrir au loin... peu importe 1... e'est pour elle seule... pour elle qui m’aime... oui... qui m’aime d’un de ces amours qui sont toute la vie— Oh!... madame... elle me l’a dit un jour... elle ne peut plus vivre sans moi... elle en mourrait, voyez-vous bien, madame..’, elle en mourrait. Oh !... tenez... je vous en conjure par votre propre devoir de mère... je vous en supplie au nom de son avenir que je ferai brillant, et honoré... au nom de son bonheur dont je vous réponds devant Dieu... au nom de sa vie... Maria... tenez-, à mains jointes... à genoux comme vous autrefois... je vous en supplie à genoux... je vous en supplie.

Vers les derniers mots de cette fervente invocation, l’artiste peu à peu s’était affaissé sur lui-même... à la fin il inclina devant l’Italienne son front enfoui dans ses deux mains.

Un instant Maria sembla prête à céder, un instant elle sembla tenter un effort surhumain sur son cœur...

Mais la force encore une fois lui faillit; elle comprit qu’elle ne pourrait jamais... elle répondit avec le rude élan d’une inflexible volonté :

— Non... non !...

Semblables à deux étincelles tombant snr un baril de poudre, ces deux monosyllabes firent éclatera la fois toutes les colères contenues dans le cerveau d’Horace.

Il se redressa tout à coup, il bondit en arrière, il devint efl‘rayant à voir.

Et d’une voix stridente, heurtée, impitoyable :

— Non?... non?... répéta-t-il en fouillant avec rage dans sa poitrine convulsive. Eh bien 1 alors, madame... ici même... à l’instant... vous allez mourir. 1 . „

— Mourir 1

— Oui !... poursuivait frénétiquement le malheureux, dans la main duquel étincelait une ariùe; oui... car vous perdriez cette enfant comme vous l’avez déjà voulu perdre... moi... je ne le veux pas... et je vais vous tuer!... Oui, car après votre mort, après la mienne, elle redeviendra la fille honorée de Fabritzius... je veux qu’il en soit ainsi, moi... et je vais vous tuer.... Que je sois un assassin... que je sois un infâme... peu m’importe... mais je veux la sauver d’une mère telle que la Dogaresse et je vais vous tuer!...

L’Italienne d’abord avait eu peur.

Mais une soudaine inspiration illumina son regard.

Elle courut à l’alcôve, elle l’ouvrit toute grande, et se renversant en arrière au-dessus de la jeune fille toujours endormie :

— Eh bien! soit... merci... tue-moi là... tue-moi vite... après, tu ne pourras plus épouser ma fille !...

— Ah!...

Et l’arme s’échappa des mains de l’artiste, qui reculait à son tour, épouvanté.

— Allons! poursuivait la mère triomphante., allons donc... pas de sotte pitié... car... moi vivante... personne ne pourra de nouveau nous séparer!...

— Si fait... moi!... répondit tout à coup la voix de Fabritzius, qui venait d’arriver à son tour, et qui s’avança gravement entre ces deux volontés égales, entre ces deux amours ennemis.

Ils se trouvaient trois à lutter maintenant.

Qu’allait-il se passer entre eux ?

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