‹ La marchande du temple drame en cinq actesChapitre 15 sur 55 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

M«** DELARUE, TIMOTHÉE, put* M— RON- DEAU.

*»• otrt.sRri. Vous voilà tard chez nous, monsieur Timothée!...

timotbér. Se h dut ht i f ouvrir la boutique de il"" Çtiard. Oh 1 ne tn'en patin ps», j'en suis honteus. L'homme est peu de cho-e. allez!.. On dit toujours qu'un f-ra ce qu'on veut, et - 'est une hé'ise. . Je toulais me coucher a bonne heure hier pour être ce tnal>ri lé premier ici, et puis il V a eu un revidagc avec des collègues, que j'ai cru que (a ne ItnrraiL pas... Vous l'un vu personne de la maison, marne Larue?

iiRLAH R. Non, monsieur Timothée.

timo'kék Apres ça, vous me dires, te n'est jamais le romuierre des modes qui est bien matiiieuv .. Mai» enfin il ne faudrait pas faire parler. manie Gérard SC donne «s»e< de iti.il cl »es j»* tite« aussi' . Là!... à présent que ta marri anitar vrnt clair, marne l ame, je vous demati- «l>r»i ta permission «le vous souhaiter le bonjour... Comment que ça va, ce matin?

t*"* drivrcb, bdtlhiHt. Fatiguée, monsieur Timothée... J'ai «ne lièvre typhoïde qui ne me luisse pas clore l'<»iit

TiMoTiitT. Dame ! vous, si je sais comment vous y tenez 1 .. Il faut que vous soye* rudement doublée tout de même... Ce n était pas assez tta vos malades, et de vos femmes en Couche; il a fallu vous faire encore marchande de layettes pour n’avoir dé rejv.s ni jour ni nuit. C’rsi trop de mat pour une femme aimi !...

«**• pRL.vtvLt, mon Iran I la boutique de madame

oérard. Je suis l’etemple qu'on me donne, monsieur Timothée.

t. « or n ki.. Marne Gérard a son Idée, elle, et vous «ave/ bien qu’on ne ta lui étera pas, . Elle mon* gérait plutôt ta terre de son jardin avant ça. Mais vous, niante Larue, que votre fi. Ir est établie, qui n avez ni enf.nits ni suivauts, ce n’ett pas avoir du bon sens*. . Est-ce que vous sérié* devenue aioa»8eu»i\ dites doue?... Je vous ai vue un lundi a une grande porte, rue Coq-Héron, où Ton vend de I eau de B»t(ot?

«*' ntuaua. Eli bien ?

timoiiiér. fch bien, ça s'appelle la Caisse d’épargne, sauf votre respect I vt** DEL* roi. Chacun a ses petite* afTiirei, monsieur Timothée. Est-ce que je voit» demande pourquoi vous avez supprimé votre café et votre tabac?... cachottier!...

TIMOTHÉE Oh, des mauvaises habitude*, voilà tout. O n'est pas par économie, allez 1... Ça donne donc un petit peu, les malades ?...

»■' HUA RtiK. Nuit.

Timothée. Le fait e*t que depuis quelque temps, l'air devient plus saine.

R® r dclariir. Bah! il y a des malades, mais on n a pas le temps de les garder... 1rs médecins vous les volent.

TiMOTBÉs. Allons , à cette heure!

m"* dcuizi. Sans doute. Dans les temps une maladie avait ses périodes, ses phrases, comme on disait. Ou la laissait se déclarerai puis lairo son temps voulu, sca ueut jours, scs trois semaines, fcl«ti la fievre qu» c'était... Apres ça on votait fuir a couper... An heurt qu'au jour d'hui, un vous prend le mal, crac! sans lui demander es-tu chien, es-tu loup? Mais le* maladies sont comme les personne*, rnoiivieur l'imotliec, il y en a qui *Vu vont quand un les brusqué; il y en a aussi qui se fâchent.

timothi r. C'est triste I... Eh bien, et le commerce ?

«*• nus hcr. Laissez dont, le commerce I il y a des jours qu'on n'étrenne pas .

Timothée. On est tsui.aus.i! A propos, marne l.arue, pendant que nous voila seuls... (!/»* /taude a u t'ett rapprochée et elle écoute) vous Ssves bien la femme a Ticard, le poêlier?...

M m * nct iRtiR. Oui est au lit depuis trois mois, ta ptUVfe femme ! Etroilà le temps des poêle* fini.

TiMiirntR. Elle rsl accouché* de cotte nu**.

J eu viens... l'nc misère! pas un linge! on a mis l'enfant dans un vieui «bàle de ta méie... Cest Ses bien braves gens, vous savez. Il faut que vous me faniez une (Utile layette, brin ? pa* Hier; on Ci t quelquefois plus rat qu'on ne voudrait être : mai* une layette, quoi!

M“ e ncLARül. Brave vleu», Allez!... Je vais vous arranger ça : drm béguins, un bonnet, une brauiêrr... hst-il fort, l'enfant?

rmoTiisR. Dante... moyen.

«•* delarue. Une brassléie, dent langes piqués et deui chemive* a brassières. CVst tout juste, dite* donc? {Elle arrange un autre pntjuet.)

riMuTiiÉE. Ah bien, pour le moment!. . Combien e»t-ce que j« vous dois, marne Larue?... u m * peuarle. C cil quatre francs dis sou».

TIMOTHÉE. Rond ?

m"* dei.arcr. Tris coûtant. Je veui bien ne pas gagner, mais je ne veut pas perdre.

TiMoTMl R, fui di/Nimnf une pièce de cinq francs. Décidément je croi» que vous devenez a masseuse.

pf.lvrciu Voila v«>* dis sous. Maintenant, comme vou» perdriez peui-éuc l'esprit a faire ta charité tout seul, erapurtez-aioi ça avec [MU lui donne foutre paquet.)

M" 1 ' rondeau, qui est allée dans sa boutique, ht j çn auvsi : il y a une couverture pour Le peut et j une l>lou»e neuve pour Je pere.

t<m tniÉi . Merci, mes hnimri âmes ; après rels, I de vous autre» du Temple, vous croyez peut-être j que quelque chose m'ctonueî... pas du tout. Ce . n'est pat ici que vous avez le emur. c'est sur ta main.

MUMfe. Venez, que je vous fasse un paquet de loul rcla.

Page 1