SCÈNE IIL
M"« DELARUE, M“* GKKARD, TIMOTHÉE.
timothée- I b bien, oui, roc voilà!... Pardi, le temps me durait assez. avec leur* loties et leurs tpichet! Quel grand genre, mon Dieu! Mais ce n'est pas cela : où en es-tu, voyons, marne Gérard?
h“* gér ird, TantAt, dés que j'ai pu me reconnaître, je suis allée cher mon notaire; nous avons fait tout Paris... le possible et l'impossible, vendu, engagé, emprunté t il s'est chargé des frais, il me 1rs avance, et poarlaut il me manque dis mi le francs.
a»' ubl « m k, à port. Si et u 'avait été encore que deus ou trois mille...
timotuéb. Dit mille francs... oui... Oh ! j'ai bien vu que tu n étais pas en règle, tantôt, quand le petit nous a eu parlé de ce diahle d'homme, et puis devant le domestique.. Mais enfin, quoi! Ie< chrétiens sont des chrétiens... Quand quelqu'un a fsil ce qu'il a pu, le bon Dieu n'a rien à lui dire... quVsl-cc donc que les hommes y auraient? On a ses forces, on n‘a pas davantage. . I)ii mille francs, ne voila-t-il pas ! Il peut bien te faire crédit de cela, ce millionnaire.
gérari*. Crédit?... Est-ce que c’est une dette, Timothée? non, c'est une marque! Et qu’importe ce qu'on en a enlevé? Ce qui reste révélé ee qu'il y avait C'est la clef sanglante de Barbe-BIme, pauvre père! J’aurais voulu, tout à l'heure, quand il va être ici, ce Vengeur du crime qu'il a acheté, pouvoir lui dire, courbées devant lui, nos cent mille francs a la main : Voila, monsieur. Ce que la veuve pouvait, elle l'a lait ; ce que la mère et les enfant» avaient de lâche est à Vos pieds, «oyez clément pour le reste, car ce qui est mortel n'y peut plus rien,.. J'aurais voulu cela, Timothée, parce que la pensée de voir cet homme seulement une fuis m'épouvante, et que subir de nouveau sa présence me tuerait... Il me sera fatal, je le sens, que veut-lu que je te discl
Timothée. Mon Dieu, j'entends bien tomes te* raivims. qui • e sont pas d-s rais -us; et j'e»> ai la lé'e a l'envers, si bien qu'il ce rep-s je u'ai fa’l et dit que dra mnltionneirié» et de» béusr-... Mais, qo'eot-re que lu veut?... Tout le m»nde u'a pas dis mille francs, non plus. Si c'étal; mc-re s i ou sept mille, eh bvcnl on verrait voir a sa retourner dans le* amis... Je croyais que nous au- • lon* eu plus de temps que cola.. Qu’est-ce donc qui pourrait bien...
*“• 0RL4RDR, prenant Timothée à part. Mon- *icur Tinioibee, vous saurics où avoir sept mille fra.es? *
TiNuTiié.R. Peut être bien... pourquoi?
«** Delarue. kh bien! lener... i Elit lui donne ton livret de U Caisse d'épargne.) En voilà trois mille deui cent*.
Timothée Hum! ça sent fièrement la porte coebére a l'eau de lUiitot. hein? | Il lut serre ta main, i Maine Gérard ! {Eût reste absorbée.) Marne Gérard t
Gérard. De quoi, mon ami ?
Timothée. Veut -tu me faire bien plaisir?
M*» Gérard. Sons doute.
tivothé*. Eh bren, embrasse marne Larue pour moi, cl vanie-tui d avoir la une liére brave femme... Ab! oui, on peut bien dire que les meilleur» n'y étaient p»s, à la fête. C'e»l dit mille francs qui te manquent, pas vrai?.. Les voila : trois nulle drus cent* de la Caisse d'épargne, à elle; uie rente que j ai do trot» cent» francs, et un bdlet de banque... le <iu<i(rc et demie»! a quaire-vtngl-quntone . Manie Larue, ou vous rendra ; vous avez dumié de trop...
m".* r>n,\«ce. C'est vous qui donnes de trop, m msieur Timothée.
M** gérard. Comment, mes amis... c'est vous.. . Timothée. Quoi, voyons.., est-ce que ce n'esl pas simple? .Nous sommes tou» le* drus dans le secret, mante Larue et mol, eb bien ! nous y restons... Tu as prit assez de mal pour mériter qu'on l'aide... Pas vrai, manie Larue?
m*' nrtARi'R. C'est logique, parbleu !
TIMOTHÉE. Tu vols bien, elle dit que c’est logique de le donner tout ce qu’elle a... C’est pour toi qu’elle amassait, tout bonnement.
*“• delirce. Non, mais enfin on n’a plus quinze an», monsieur Timothée, et il faut bien se garder quelque chose devant soi dans de* temps de cherté comme nous sommes. Et puis, parlez donc voir un peu, vous I Figurez-vous, madame Gérard, que voila plus d'un an qu’il u'a pris de café. Il a donné son chai. Il un fume plus. Il s'est retiré jusqu'à son vin blanc et scs dominos pour v»us garder sa rente.
timotiiée. Vous donnez bien vos épargnes, rapporteuse?
delari'K. Eh bien! des épargnes, ce n'est pas nécessaire, puisque c’est de» épargnes... nb !
timothée Alors, pourquoi faire ma rente, ai c’est cela ?... Tant que je serai marchand d’ha- i bu», e»l-ce que j'ai besoin d’élrc rentier?... j L'honnête ho.ume ue fait pas deut étals, marne ! La rue.
h®* t>M.inim. Vous nous faites dire des bêtises, monsieur Timothée.
m"* céhard. Cœurs d'or ! généreux amis!...
je te vous remercie pas... je pleure!...
TiMoriiÉE. Il ne faut pas... Dis si tu es contente de nous. . voila tout.. C'est toi qui nous a formés. tu sais bien... On gagne à fréquenter ce qui e*t beau... Dans le* jardins, au vuisinage de* grandes fleurs, les petites, qui ne sentaient rien, se melteni a sentir bon.
*■' GÉRARD. Mats vous rendre!... vous rendre!...
*»“’ ngiARUE. Quand tous voudrez, madame Gérard !
Timothée. Non pas... elle voudrait trop vite... Quand tu pourras... Plus de bêtise»... Assez de misère, et de nuits passées, et de santé perdue a tes filles et à loi... Je vou» défi*mls d'être malades. Lo dette sera payée, bon! il sera dimanche apres et pour longtemps, car la semaine aura duré trois ans. C'est égal , vois-tu, marne Gérard; je t‘ai blâmée tout bas. et j'ai pleuré en moi de eolére et de chagrin sur ton martyre; mat» tu as f >U la une crâne chose, et tu as été la digne enfant du Temple.
n®* Gérard. Tais-loi, père! Vou» venez de me lendrc heureuse . me» amis .. Je ne «avais pa» qur de l’argent pût Taire tant de plaisir. Mai» ne me donner point d’orgueil : remplir son devoir n est pa» une vertu.
timotbée. Il y ea a même qui diraient que c’est un ion.
m** Gérard. Il faut Ifi plaindre, ceut-là.
DELARUE. Bih ! je plains ceui qui ne plaignent, moi...
TIMOTHÉE. Caillou, Ta ! Eh bien, dites dooe, je ppui m'en retourner?
U"’ gérard Oh ! non... il va venir... Soyez là, mou ami et loi aussi, Marguerite.
TIMOTHÉE. Bon... Au fait, je ne serais pas fiché de le counaltre, puisqu'il me connaît.