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CHAPITRE DEUXIÈME

LB PISTOLET d' ARTHUR DURBIMOT.

Tout en marchant à côté d'Arthur, Benjamin causait avec lui.

Il n'était pas fâché de faire voir k son compagnon que, quoique novice àParis, il ne manquait pas d'une certaine instruction.

— Monsieur, cette manufacture des Gobelinê, où vous me conduisez, date déjà de loin, k ce qu'il me semble...

— Mais oui... c'est très*ancien... Nous allons quitter les boulevards et [prendre la rue Saint- Louis... ça abrège.

— Vous savez d'où lui vient le nom de Gobelin, qu'elle porte...

— Oui, je le sais... c'est-à-dire non, Je ne le sais pas... Nous couperons la rue Saint-Antoine.

— Monsieur, ce nom lui vient de Gilles Gobelin, fameux ouvrier en teinture de laine sous François I**'. Ce Gilles Gobelin s'établit dans une maison que lui-même avait fait construire et qui d'abord fut appelée la Folie Gobelin^ et plus tard Yhôtel des Gobelins. £n l'année 1666, le grand Golbert fit l'acquisition de cet bétel et y établît cette superbe manufacture de tapisseries que vous allez me faire voir.

— Diable, mais vous êtes savant, vous.

— A Louviers, ce que j'avais de mieux à faire était de lire... Le premier directeur des Gobelins fut le fameux Lebrun, premier peintre de Louis XIV.

-^ Ah ! ouî-da... Nous étions prendre par ici... ce sera plus court.

— L'Académie des inscriptions et belleé4ettres était chargée dé composer les sujets et les in^ scriptions des tapisseries que l'on exécutait auic Gobeiins.

— Tiens I tiens! tiens !... Nous ferons mieux de prendre cette rue-là...

— On dit aussi qae Colbert avait placé dans , cet^taUissemeat d'ha)l)i|es ouvriers en horlogerie .et en orfèvrerie; mais en 1694, le trjésor de

rÉtat se trouva tellement obéré par les dépenses de la cour, qu'il fallut congédier ces ouvriers.

— Fichtre. •• vous êtes très-instruit...

— Il faut bien que chacun ait sa spécialité. Vous ayez beaucoup vu ; moi, j'ai pas mal lu. Je coonais assez bien l'histoire de Paris et de ses monuments; vous, la ville vous est familière, TOUS la savez par cœur...

— C'est vrai, oh! quant à cela... Sapristi, je crois que c'est l'autre rue qu'il fallait prendre... Ça ne fait rien... nous arriverons toujours...

— Est-ce que nous ne sommes pas dans le bon ehemin?

— Oh! si faitl... mais il y en a plusieurs... on peut prendre l'un ou l'autre.

On continue de marcher; on avait passé l'eau, on se trouvait dans des rues sales, étroites, populeuses et dont les maisons n'étaient point élégantes. Arthur Ourbioot portait de temps à autre ses gros yeux effarés à droite et à gauche, puis il murmurait :

— Nous aurions pu prendre l'autre rue, mais ÇA ae fait riea..* nous arriverons la même chose.

Cependant ces messieurs marchaient toujours et n'arrivaient pas. Benjamin, qui commençait à être las, dit à son guide :

— Si nous demandions le chemin dans quelque boutique?

— Par exemple... est-ce que j'ai besoin de demander?... Jan^ais je n'ai demandé ma route, je sais bien la trouver... Nous allons y être... Tenez, au bout de cette rue-ci nous allons nous trouver devant la manufacture.

On avance, et au bout de la rue on se trouve sur le Port au Vin... Arthur fait une singulière figure... Benjamin se met à rire.

— Où sont donc les Gobelins, M. Arthur? Je ne vois que des tonneaux*. .

— C'est bien extraordinaire! Je ne comprends pas cela... Il faut qu'on ait rebâti d'autres rues par ici.

Un jeune homme s'arrête devant ces messieurs, en s'écriant :

— Tiens ! vous voilà par ici, M. Benjamin.

— Ah! c'est M. Tamboureau!...

— Est-ce que vous venez acheter du vin?

— Non; je vais avec monsieur à la manufacfacture des Gobelins...

— Mais vous lui tournez le dos... Au reste, il

serait trop tard pour j entrer aujourd'hui, il est cinq heures passées.

— Déji cinq heures ! dit Durbinot en ayant l'air de vouloir chercher sa montre, quoiqu'il n'en ait jamais.

— Voilà plus de deux heures que nous mar^ chons, dit Benjamin. Que faites-vous par ici, vous, M. Tamboureau ?

— Moi, je suis h la recherche de Boucaros, que je n'ai pas revu depuis le jour où vous lui avez prêté quarante francs !...

— Pas possible !

— n sera allé se griser quelque part, mais cela dure bien longtemps... Quelqu'un m'a dit l'avoir aperçu il y a deux jours de ces côtés. C'est pour cela que j'y suis venu... Maintenant je vais voir à Bercy... Où dînez-vous?

— Ma foi , je n'en sais rien ; mais je commence k sentir que je dînerai volontiers... nous avons tant marché !

— J'ai faim aussi, dit Arthur.

— £h bien! messieurs, si vous voulez, nous dînerons ensemble à Bercy... chacun son écot...

— J'accepte.

— C'est accepté, dit Arthur; je vais vous conduire chez un bon traiteur*

— Oh qon. .. j'aime mieux que ee soit M. Tarnboureau qui nous guide cette fois... Vouspaarriez preodre eiicpre la plus coqrt et ce serait trop long.

Tamboureau prend le bras de Benjamiu, les trois jeunes gens arrivent bientôt à Bercy et s'installent chez un traiteur. L'exercice qu'ils «ai fait leur a donné un grand appétit, aussi trouvent-ils excellent tout ce qu'on leur sert... Il n'y a pas de mauvais traiteurs pour les bons estomacs.

Quand on commence à causer, Benjamin s'informe de la dame dont les regards l'ont fasciné.

— Avez-vous fini le portrait de madame Durbalde ?

— Pas encore... Elle est fort difficile à faire cette femme-là.

— Bah ! pourquoi cela ?

— Parce qu'elle ehapge de physionomie vingt fois en une minute.

— C'est comme moi, dit Durbinot, je suis très-difficile à attraper.

Le jeune peintre considère quelques Imstants Arthur et sourit en murmurant :

— Vous, monsieur, je réponds bien de vous faire en une séance. •• et de vous faire ressemblant.

-— Alors TOUS me peindrez, ce sera peur Éléonore... Elle ne m'a pas demandé mon portrait, mais eHe n'en sera que plus surprise de l'avoir.

— Alors, M. Tamboureau, vous allez toujours chez madame Durbalde?

-^ Oui... mais je lui ai fait changer ses heu* res... A midi cela me gênait... j'y vais à trois heures... Tiens, cela me rappelle que je devais y aller aujouni'hui... Oh! ça ne fait rien, j'irai demain.

— £st*ee bien élégant chez cette dame?

— Fort élégant... son salon est admirable... Et son boudqir... il y a des chinoiseries adorables. «• des curiosités d'un trè&-grand prix... un ameublement Pompadour qui est magnifique...

— Alors cette dame doit être très-riche.

— Gela ne prouve rien... Je connais des actrices qui sont encore mieux meublées que cela, mais qui doivent tout ce qu'elles ont chez elles.

— Eléonore se contenterait d'un coupé... Une veiiture ! voilà son rêve. Si je lui en donnais une, je crois qu'elle consentirait à demeurer dedans.

— J'aime mieux le char des Grecs, dit Tamboureau ; savez-vous pourquoi ils le conduisaient eux-mêmes?

— Parce qu'ils n'avaient pas de cocher, répond Arthur.

— D'abord ; mais ensuite parce que c'était un honneur de bien conduire un char dans la carrière 1...

— S'ils avaient eu k passer dans la rue Saint- Denis il trois heures de l'après-midi avec leur char, je crois qu'ils auraient eu de la peine à s'en tirer.

— A-t-elle toujours d'aussi beaux yeux?

— La rue Saint-Denis?

— Je parle à M. Tamboureau de la dame dont il faille portrait...

— Oui... ses yeux sont superbes...

— Reçoit-elle beaucoup de monde... déjeunes gens...

— £n fait de jeunes gens, je n'ai encore vu chez elle que M. Valdener.

— Ainsi, elle est la maîtresse de ce monsieur.

— Cela me semble peu douteux ; et je crois qu'elle le mène à la baguette ; il a l'air très-petit garçon devant elle... Messieurs, dans les jeux, olympiques, qu'est-ce que vous auriez préféré du ceste ou du javelot?

— Je préférerais du roquefort en ce moment, et un bouteille de vieux beaune...

— Moi, je donoerais je ne sais quoi pour un tëte-à-téte avec elle!...

— J'aurais assez aimé à voir ce siècle de Périclès... et cette jéspasie si vantée. .

— Avec des biscuits de Reims.

Tx>uten discourant ainsi, les jeunes gensavaient fort bien diné et assez bu pour être gais sans être gris. La nuit vient les surprendre à table.

— Déjà la nuit ! dit Arthur, et nous ne sommes pas à Paris... Il faut partir.

— Qu'est-ce qui nous presse? dit Tamboureau. Il n'est que neuf heures.

— Oui, mais... avant que nous ne soyons chez nous !... Moi je demeure aux Batignolles... et le soir la campagne n'est pas toujours sûre.

— Oui, mais nous sommes trois... et vous avez votre pistolet.

— Et je me félicite de l'avoir pris... Ensuite, vous, messieurs, vous ne demeurez pas aux Batignolles.

— Je vous reconduirai jusque chez vous si vous le désirez, dit Tamboureau.

— Et moi aussi, dit Benjamin.

— Vraiment ! s'écrie Arthur dont la iSgure devient radieuse, oh! alors, messieurs, je ne suis plus pressé...

— PreQoris le café ici pendant que noua y sommes !

— Avec tout cela je n'ai pas retrouvé Bouca-

ros...

— Vous le retrouverez, en rentrant, couché

cheiE vous.

— C'est bien possible.

On prend le café, les liqueurs, on cause encore, enfin on sort de chez le traiteur.

— Messieurs, dit Arthur, laissez-moi vous conduire; au lieu de suivre le bord de l'eau nous allons traverser Bercy... Je connais le ohe» min, cela nous abrégera beaucoup.

— Il va nous perdre, dit Benjamin.

— Qu'importe ! dit Tamboureau,ilfait beau et nous avons le temps, laissons-le nous conduire.

Arthur Durbinot, fier de la confiance qu'on lui accorde, allume son cigare et ouvre ia marche. Au bout de quelque temps la lune se cache et le temps devient noir.

— Sommes-nous bientôt à la barrière? demande Benjamin.

— Je ne vous fais pas rentrer dans Paris tout de suite, messieurs... nous tournons les barrières... c'est bien plus court... et nous tomberons aux BatignoUes...

— Je crois, en effet, qtie nous finirons par tomber quelque part, d'autant plus que voilà des gouttes dé pitrie, et le chemin devient glissant.

— Allons en peu pWs tite.

Après avoir marcfcë une grande heure, Arthur décrie j

— Que vous avais-je dit !.. . voilà les premières maisons des Batignoliect... Hein ! comme je vous ai conduits !

— Ça ! les Batignolles ! dit Tamboui^eau. Laissez-moi donc tranquille. .. nous sommes à Vinceones.

Les jeunes gens étaient en effet à Vineennes. Arthur, obligé d'en convenir, déclare que c'est la faute dé la laàe. Cependant la pluie tombait plus fort. On avise une charrette couverte qui dèB6ei*iidait vers Paris, on offre au charretier un bon ponrboire s'il veut prendre trois voyageurs. H accepte en déclarant qu'il ne va que jusqu'au coin de la rue Ménilmontant et du canal. ! — Une fois là nous' trouverons bien des fiacres, dit Tamboureau.

Et les trois jaunes gens grimpent dans la charrette, qui les secoue de façon à activer leur digestion. Pendant tout le chemin, Arthur Dur-

binot ne sort pas sa main de la poche où est son pistolet.

Le voyage se fait sans accident, les jeunes gens descendent de charrette au coin du canal. La pluie a cessé, mais il fait très-sombre.

— Gagnons les boulevards, dit Arthur d'une voix entrecoupée. Il ne fait pas bon côtoyer le canal.

— Cette fois laissez-moi vous conduire, dit Tamboureau. Je connais ce quartier, j'y ai demeuré... Nous allons prendre la rue de la Tour. •• nous nous trouverons tout de suite derrière les théâtres...

— Mais c'est un coupe-gorge que votre rue de la Tour...

— Quelle plaisanterie!... une rue où Ton fabrique le gaz!...

Les jeunes gens traversent le pont, tournent à droite en suivant le quai Valmy ; au moment où ils approchent de la rue de la Tour, des cris de détresse se font entendre.

— On appelle au secours, dit Benjamin, et c'est une voix de femme...

— C'est dans la rue de la Tour, dit Tamboureau.

— r Que... que... que*., vous avais -je dit?

bégaye Arthur en s'arrétant. Il 7 a des voleurs... peut-être des assassins par là... rebroussons vite chemin...

— Par exemple ! y pensez-vous?. ..quand une femme appelle au secours!...

— Oh ! les femmes qui sont le soir dans ces rues-ci... merci... on sait ce que c'est... Elles font cela pour vous attirer dans un guet-apens... Eh bien, messieurs!... eh bien... où allez-vous donc?... Gela n'a pas de raison d'aller par là.

Mais Arthur parlait en vain. Déjà Benjamin et Tamboureau avaient pris leur course et étaient entrés dans la rue de la Tour. M. Durbinot se sent alors fort mal à son aise, il ne sait plus s'il doit avancer ou reculer ; en ce moment on crie :

— A la garde ! arrêtez-les!.*.

Arthur devient tremblant et, fouillant à sa poche, il en sort son pistolet ; il regarde autour de lui : contre le canal il voit un monceau de pierres de meulière placées là pour de prochaines réparations ; il se hâte d'y courir, puis fourre son arme sous des pierres dont il tâche de bien examiner la position ; cette opération terminée, il se décide à entrer dans la rue de la Tour avec plusieurs personnes que les cris avaient attirées de ce côté.

LA HAHB d'aUTECIL. ÂD. H. 4. 4

Dans le milieu de la rue, il y avait un groupe de monde amassé; au milieu était une jeune femme évanouie que Tambotireau soutenait dans ses bras, tandis que Benjamin disait :

— Au moment où nous sommes arrivés, cette pauvre jeune fille était déjà évanouie de frayeur, et le voleur essayait de lui arracher ses boucles d'oreilles... Il s'est sauvé par là.

— Il est pris, dit un des assistants.

— Mais il faut porter cette jeune femme dans une boutique...

— Je vais vous conduire ! s'écrie Arthur en se montrant; certainement il faut secourir cette infortunée...

— Ah ! vous voilà ! vous, dit Tamboureau ; où diable étiez-vous donc?...

— Je vous suivais... j'ai même couru après le voleur.

On porte la jeune femme chez un épicier, elle revient à elle, et Arthur s'écrie :

— Tiens... je reconnais mademoiselle. •• c'est l'amie de la personne avec qui j'ai polké au Château des Fleurs... M.Rocheville connaît bien mademoiselle !

Augusta, car c'était bien elle que les jeunes gens venaient de secourir, adresse de vifs remer-

ciments à ses libérateurs. Elle raconte que, sortant d'une maison de la rue du Grand-Prieuré, elle avait aperçu un homme se tenant dans l'ombre à quelques pas d'elle... Ne supposant pas qu'il eût l'intention de l'attaquer, elle avait suivi son chemin vers la rue de la Tour, mais au coin de cette rue cet homme s'était jeté sur elle en lui disant : K De l'argent! » Saisie de terreur, elle avait poussé quelques cris, puis s'était sentie défaillir; elle ignorait ce qui était arrivé depuis. En achevant son récit, Augusta fouille à sa poche et s'écrie :

— Ah! quel bonheur... il ne m'a pas volée, et j'avaisjustement cent cinquante francs sur moi... les voilà...

— Cest qu'il s'occupait d'abord de vos boucles d'oreilles ; mais il serait ensuite arrivé à vos poches, dit Arthur.

En reconnaissant Durbinot, la jeune fille semble plus rassurée. On a fait venir une voiture, et les jeunes gens proposent à Augusta de l'accompagner jusque chez elle. Mais elle les remercie, elle n*a plus aucune crainte étant en voiture, car l'épicier connaît le cocher et a dit qu'il répondait de lui.

La jeune fille est partie avec le fiacre, les eu-

rieux s'en sont allés; les voisins sont rentrés chez eux. Benjamin et Tamboureau se sont déjà remis en marche en disant à Arthur :

— Eh bien ! venez-vous?

Mais celui-ci s'arrête en leur disant :

— Pas par 1&, s'il vous plait...

— Gomment! vous voulez retourner au canal à présent?... Pas du tout^nous allons gagner les boulevards.

— Oui, tout à l'heure; mais auparavant, il faut que j'aille reprendre quelque chose que j'ai déposé là-bas... Venez donc... ce n'est pas loin.

— Que diable pouvez-vous avoir déposé sur les bords du canal, que vous puissiez avoir l'intention de reprendre?...

— Parbleu, mon pistolet... Vous concevez... j'étais seul là-bas ; on criait : « Au voleur ! arrétezle ! » Je ne savais plus où vous étiez, on pouvait par mégarde m'arréter, et en trouvant un pistolet sur moi, cela m'aurait compromis.

Tamboureau et Benjamin se mettent à rire, et ce dernier s'écrie :

— Mais alors, M. Durbinot, expliquez-moi pourquoi vous avez toujours un pistolet sur vous, puisque vous vous empressez de vous en dessaisir dès que l'on crie au voleur, ou au secours!

— Permettez, cela dépend de la position dans laquelle je me trouve. . . Ah ! . . . voilà les pierres. . . Pourvu que je reconnaisse Tendroit !

Arthur se met & chercher sous les pierres. Pendant ce temps les deux autres jeunes gens, assis chacun sur une borne, allument de nouveaux cigares.

— Elle m'a semblé fort bien cette jeune fille que nous venons de secourir.

— Oui, elle est jolie, elle n'a même pas l'air commun... Dites donc, monsieur du pistolet, vous vous êtes donc déjà trouvé avec elle?

— Oui... elle était avec une de ses amies au Château des Fleurs... L'amie doit être millionnaire quand ses oncles seront morts. Je l'ai fait polker, et pendant ce temps M. Rocheville s'en est allé avec celle-ci...

— Oh ! alors, c'est une maîtresse d'Achille ! dit Benjamin.

— C'est probable.. • Ce qu'il y a de certain c'est que celle avec qui je polkais... la millionnaire, a été furieuse en voyant que son amie était partie avec Rocheville... qui apparemment lui a fait la cour aussi... Elle s'est même servie de termes assez peu gracieux... Sapristi !... je ne

retrouverai donc pas mon pistolet. ••

— Savez-Yous le nom de cette jeune fille ?...

— Attendez... mademoiselle Âugusta... c'est cela... Il me semble pourtant que c'était à cette place.

— Que diable cette jeune fille feisait*elle si tard... dans ce quartier... et avec de l'argent dans sa poche?...

— Hom!... c'est un peu louche... Après tout, puisqu'elle a été avec Rocheville, ce n'est pas une vertu...

— Oh ! non , car on sait comment Achille mène ces intrigues-là.

— Ah çkf M. Durbinot, est-ce que vous allez nous faire passer la nuit sur les bords du canal? Ce serait peu amusant.

— Mon Dieu, messieurs... je n'y conçois rien... On n'a pourtant pas eu le temps de le trouver et de le prendre... Ah ! le voilà !... Victoire... il était là à terre... il sera tombé de l'endroit où je l'avais mis... Figurez-vous que depuis longtemps je voyais quelque chose de foncé à terre... mais je me serais bien donné de garde d'y toucher... je me figurais que c'était tout autre chose.

Arthur ayant son arme dans sa poche, les jeunes gens se remettent en route.

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