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d'un oomp dans ses affections, dans S& fortune et surtout dans son amour-propre, «voit non-seulement perdu tous ses avantages, mars paraissait maintenant plus Vieux qu'il ne fêtait rédlemeat.
A rhomme à la mode qui iigiïratt encore avec grâce dans les courses, dans les promenades, avait succédé un vieillaird débHe, souffrant, et auquel tous les plaisirs du monde semblaient •désormais avoir dit adiesu ; le dbangement avait été aussi rapide qu'ef&^ayant.
— Oui... oui... c'est wai, vous êtes changé..., murmure Albert, voms avez donc été trèsmalade ?
— Oh ! la maladie «st au moins aussi forte au moral qu'au physique*., mais l'un entraine souvent l'autre... Prenez donc un siége^ M. Monbreilly, et ayez la complaisance de venir vous asseoir près de moi... car, ainsi que je vous l'ai écrit... j'ai à causer avec vous,
Albert prend un siège et va se placer près du lit ; mais, tout en s^assejrant, ses yeux se sont encore portés autour de lui et un léger soupir loi échappe.
— Permettez-moi d'abord, M. Monbreilly, de vous remercier de l'empressement que vous avez mis à vous rendre à mon invitation...
— Monsieur... cela; était tout nAturel...
— Pour yous, peut-être*., mais depqîs que Ton sait q^ue j,e suis ruiné, je vous assure que biea peu de ces gens qui se disaient mes plus dé- TOUiés amis ont montré pour moi cet empressement. Oh! l'infortune!... c'est une excellente écolç, où Ton reçoit de bonnes leçons... c'est dommage qu'elles coûtent si cher. M. Monhreilly, je vous ai fait prier de venir me voir... parce que je désire vous faire connaître l'histoire de ma vie... Ceci vous semble singulier peut-être... n'ayant eu avec vous que des relations de société, que je vous choisisse pour mon confident... mais je sais qu'à tous égards vous méritez ma confiance... Et puis j'ai dans l'idée que daiis mon réeit il y a quelque chose qui vous intéresse partieulièrement*
Ces paroles ont vivement piqué la curiosité d'Albert, qui rapproche sa chaise du lit^ en di* saut à M. Valdener qu'il est prêt à l'entendre.
— Né de parents fortunés, me trouvant de bonne heure lancé dans le mpnde et à peu pjcès maître de mes volontés, je n'ai pas besoin de vous dire que j'usai largemenl dje tous ees avantages. •• La nature m'avait assez bûen traité... je puis te dire maintenant que ce n'est plus qu'un
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souvenir!..* bref j'étais fort bien vu par les dames, et mes hommages étaient accueillis et récompensés. Jugez donc de ma surprise... de mon désappointement, lorsque, voulant, pour varier mes plaisirs, mettre une simple grisette sur la liste de mes conquêtes, j'éprouvai là une résistance que je n'avais pas rencontrée parmi les femmes les plus réservées de nos salons.
Cette jeune fille qui m'avait plu, «t qui se nommait Adolphine, était fille d'artisans honnêtes. Elle avait reçu quelque éducation ; mais, ayant perdu de bonne heure ses parents, il lui avait fallu chercher dans le travail de quoi soutenir son existence; elle brodait... et avec sa broderie il lui fallait s'entretenir et se loger... elle devait pour cela travailler bien assidûment, mais c'est ce qu'elle faisait... Vous comprenez que je m'étais flatté de triompher facilement de cette jeune fille; en lui offrant un joli mobilier, quelques bijoux, des parures, je croyais qu'elle céderait bien vile à mes vœux... mais non, il n'en fut pas ainsi : Adolphine était honnête et voulait rester
telle.
«Elle ne me cacha pas que je lui plaisais, qu'elle
était flattée de m'avoir inspiré de l'amour; mais
comme elle ne voulait pas être ma maîtresse, elle
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me pria de cesser de la yoir, et de renoncer à des poursuites qui ne pouvaient que la rendre malheureuse et ne changeraient jamais sa résolution. Je ne vous dirai pas, M. Monhreilly, tout ce que je fis pour vaincre la résistance d^ÂdoIphine; lorsque je fus bien convaincu que je n'y réussirais pas... je me décidai à Tépouser.
— Ah ! vous l'avez épousée? dit Albert que ce récit commence à intéresser.
— Oui, monsieur, mais malheureusement je n'eus pas ce qu'on appelle le courage de son opi-ttton! Je ne fus pas plutôt l'époux d'AdoIphine que je me repentis d'avoir contracté ce mariage... Mou amour satisfait ne larda pas à s'affaiblir j alors je me dis que j'avais fait une grande folie, non-seulement en prenant une femme sans fortune... ceci pouvait s'excuser, mais en me donnant pour compagne une grîsette qui n'avait aucune habitude du beau monde et que je ne pouvais pas présenter en société sans craindre que l'on se moquât d'elle et de moi.
Enfin, monsieur, une année ne s'était pas
écoulée que... j'avais quitté ma femme!... Pauvre
Adolphine ! je n'avais cependant aucun reproche
à lui faire ! elle m'adorait et ne désirait que mon
bonheur... Croyez- vous, monsieur, que je lui fis
compreadre que, pour mon éUt... ma positioa... pour mes affaires, il était indispensable que je vécusse quelque temps comme un garçon!... Elle céda... elle se soumit à toutes mes volontés; je lui dis aussi que, pour des raisons de famille, elle ne devait pas encore porter mon nom... Elle consentit h touW.. Je lui faisais une modique pension... et j'allaîs'la \oi|^ quelquefois... trèsrarement... et cependant j'avais un enfant... uue fille...
— Une fille !>.. vous aviez une fille?...
— Oui, que sa mère élevait à m'aimer, à me respecter ! et pourtant Les années, en s'écoulanl, avaient détruit les illusions^ les espérances d'Adolphine ! elle voyait bien que je ne songeais nullement à me remettre avec elle,, et que le temps, loin de me donner de ia raison» ne faisait qu'augmenter encore mon désir de plaire, de briller... et surtout de paraître jeune!... Âh! ce maudit amour-propre avait endurci mon cœur et Tavait fermé aux plus doux sentiments de la nature!... 11 y a six ans à peu près, ma femme mourut... pauvre Adolphine !... en faisant jurer à sa fille de toujours respecter mes moindues volontés!....
— Et votre fille?,., s'écrie Albert qui, à
chaque insUnt, prend un plu$ vif intérêt à ce récit.
— Ma fille I. .. ab ! j'aurais dû alors la prendre avec moi... j'aurais dû en être fier!... car elle avait tout en partage, beauté, esprit, vertus !... mais il aurait fallu prendre Teoiploî d'un père au lieu de continuer celui d'un jeune homme... et, comm^ je ne pouvais m'y résoudiîe, je laissai vivre seule.., s^ns protecteur... sans appui... cellequin'avaitpas encore seize ans^. Je lui faisais six cents francs de pension... car je dépensais tant d'argent pour raun luxe» pour ma maîtresse, que c'est à peine s'il m'en restait pour ma fille... mais, ainsi que sa mère, elle uq se plaignait, pas, au contraire; comme en travaillant elle s'en faisait au moins autant, elle se trouvait assez, riche disait-elle... ce qu'elle désirait, c'était que j'ai* l^se La voir plus souvent.., mais je n'y pensais guère... Pauvre petite! ponr apercevoir un instant son père, elle m'a avoué qu'elle se rendait quelquefois seule à Auteuit \ elle savait qu'en sortant de ma maison de campagne je passais contre la mare : c'était là qu'elle allait se cacher et atten-dre; souvent elle était déçue dans son espoir, parce que je n'avais pas été à ma campagne^ mais quand elle m'apercevait enfin, elle revenait à
Paris plus heureuse parce qu'elle avait vu son père, auquel cependant elle n'avait pas osé parler, de crainte qu'il ne la grondât d'avoir épié son passage...
— Oh ! mon Dieu ! il se pourrait ! ...
— Mon homme d'affaires lui payait tous les trois mois sa pension.. . elle allait la toucher chez lui et y demander des nouvelles de son père...
— Elle y allait!... dit Albert, et sans doute votre homme d'affaires a demeuré rue du Grand- Prieuré?...
— Oui. . .oui. . • mais, de grâce, laissez-moi finir. Lorsque je fus assez fou pour devenir amoureux de madame Durbalde. . . cette femme m'avait tellement tourné la léte que pour la satisfaire j'étais décidé à l'épouser*. • mais ma fortune était bien dérangée... Voulant tout risquer pour faire . une brillante figure... ne voulant plus avoir de pension à payer à ma fille, c'est alors que je la fis venir à ma campagne d'Auteuil... Pauvre enfant!... elle consentit à tout ce que je voulus... et je lui donnai six mille francs en lui disant que c'était tout ce dont je pouvais disposer pour elle...
— Oh ! mon Dieu, monsieur, je comprends tout!...