‹ La maréchale d'AubemerChapitre 101 sur 155 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

de la grande cour fut choisi pour établir le laboratoire ; deux heures ne s'étaient pas écoulées que les ouvriers, sous l'inspection de M. Chevreux, travaillaient à l'approprier à sa nouvelle destination.

D'Estouteville avait été des plus ardents à lever toutes les difficultés ; il adorait la chimie, disait-il, et s'était montré tout à la fois suffisamment habile et suffisamment ignorant, selon l'occurrence, pour animer le zèle du savant et se trouver appelé tout naturellement à devenir son aide dans ce cours, dont il avait d'assez grandes notions, mais où il aurait encore tant à apprendre ; il se trouva donc devoir séjourner à Magnanville un assez bon nombre de jours sans qu'il semblât en avoir eu la

préméditation et uniquement par amour

de la science. Il partit le soir même pour Paris emmenant M. Ghevreux, et promettant tous deux de revenir ensemble la semaine suivante. D'Estouteville, nous ne pouvons le dissimuler, était parfaitement content de lui-même dans cette circonstance; il trouvait bien madame de Saveuse un peu froide pour lui, mais il s'en inquiétait peu ; il était presque tenté d'en tirer bon augure ; il avait réussi à la retenir indéfiniment à sa portée.

Lionel était devenu son complice ; et la maréchale, la seule qu'il redoutât sur le terrain où il voulait triompher, paraissait tellement rassurée, que les soupçons précédemment conçus rendraient d'autant plus facile de tromper sa surveillance. Ne venait -elle pas d'accepter comme chose

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