PROGRES OCCULTES
L'air de la campagne, l'exercice, une vie plus semblable à ses habitudes, avaient rendu la santé à madame de Saveuse; elle avait recouvré sa fraîcheur, parfois sa gaieté, mais non pas la sereine égalité de son humeur : elle avait de fréquents retours de tristesse. Lionel était plus que jamais sous le sceptre de la princesse de Montford, qui le gouvernait on ne saurait plus
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mal ; depuis deux années elle-même avait subi le joug, Henri la dominait ; elle s'en dédommageait en exerçant sur M. de Saveuse une tyrannie absolue et capricieuse. Le nom de la princesse Simon revenant sans cesse dans les discours de Lionel forçait Gudule à s'occuper des chagrins qu'elle était censée lui causer ; ce n'était jamais sans s'étonner qu'une pareille femme pût inspirer des sentiments tendres. Cette pensée lui venait d'abord au sujet de Lionel , mais elle le traversait vite pour s'arrêter longuement sur Henri, dont elle ne faisait pas difficulté d'admettre la très-grande supériorité. Ces réflexions, purement philosophiques, ne l'effrayaient nullement, captivaient son esprit et remplissaient ses loisirs; si bien qu'à force