‹ La maréchale d'AubemerChapitre 109 sur 155 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

pressa de détourner la conversation.

L'été s'écoulait. D'Estouteville avait écrit de loin en loin à la maréchale des lettres fort spirituelles ; elle les montrait à son petit cercle d'intimes, et cela donnait occasion de faire son éloge.

La liaison de Lionel avec madame de Montford commençait à faire éclat dans le public, à la grande satisfaction de l'un et à la parfaite indifférence de l'autre. La duchesse de Montford, en revanche, en était courroucée, et le prince 'Simon contrarié ; Lionel l'ennuyait et ne pouvait jamais lui être bon à rien, tandis que Henri causait bien et possédait des rapports bons à être employés dans l'occasion. Du reste il continuait son rôle d'aveugle volontaire, ayant seulement pré-

venu sa femme qu'il trouvait son M. de Saveuse assommant et ne voulait pas être exposé à le rencontrer aux heures, assez courtes, où il quittait son cabinet; d'autant que le pauvre Lionel, sachant par théorie qu'il fallait être Vami du mari, lui faisait mille avances des plus gauches , et le prince Simon craignait de ne pouvoir, maîtriser une rebuffade dont l'effet aurait déjoué tout le plan de conduite qu'il trouvait commode d'adopter.

De temps immémorial le curé de Magnanville dînait tous les dimanches au château. C'était le dernier de la saison, il s'excusa cependant ; son frère, lieutenant d'infanterie, relevant de maladie, venait d'arriver au presbytère. La maréchale lui fit dire d'amener M. son frère. Malgré les

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