‹ La maréchale d'AubemerChapitre 110 sur 155 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

encouragements du cure, l'ofFicier se sentait fort emprunté en si brillante compagnie et semblait très-mal à son aise. Gudule, avec sa bonne grâce et son bon cœur, le prit sous sa protection spéciale, le fit asseoir près d'elle à table et lui parla d'abord de son frère, puis de son pays qu'il n'avait pas visité depuis vingt ans, puis enfin de son régiment. Elle avait trouvé le point où le cœur du vieux lieutenant s'épanouissait; il s'exprima avec l'amour qu'il portait à son corps, et cela l'amena tout droit au colonel, objet de son enthousiasme passionné. Ce colonel avait débuté sous-lieutenant dans sa compagnie ; c'était alors le plus aimable enfant, le plus espiègle, le meilleur cœur... le lieutenant souriait en y pensant ; lui-même l'avait dressé aux devoirs militaires, et il

osait dire qu'il n'y manquait rien... puis il l'avait perdu de vue pendant quelque temps. Madame la comtesse pouvait penser avec quel bonheur il l'avait 'vu arriver l'année précédente son colonel au régiment ! et encore, ne l'ayant pas oublié, l'appelant son bon maître es armes ^ le remerciant de son ancienne sévérité (et il avait raison, car elle lui coûtait beaucoup) , et le comblant de marques d'intérêt. Sa sollicitude au reste s'étendait sur tout le corps d'officiers ainsi que sur le soldat ; aussi bien en était-il adoré, tous donneraient leur vie pour lui ; vienne la guerre et l'on verrait ce que ferait Navarre sous un tel chef î Puis suivirent une multitude de détails assez prolixes à l'appui des mérites, des talents, des vertus du colonel,

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