‹ La maréchale d'AubemerChapitre 111 sur 155 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

et enfin le récit des soins presque filiaux qu'il en avait reçus pendant sa récente maladie. Ici le lieutenant s'attendrit et s'interrompit un moment ; Gudule l'écoutait avec un grand intérêt et un léger battement de cœur. Il reprit bientôt :

« Pourvu toutefois que mon colonel ne se dégoûte pas du service ! Nous le trouvons triste cette année ; et lorsque je lui ai dit que je passerais mon congé de convalescence chez mon frère curé de Magnanville, figurez-vous, madame, qu'il a soupiré comme si son cœur allait se briser en me répondant : IW^e^e^ bien heureux,,. Ma foi, si le comte Henri d'Estouteville n'est pas le plus heureux des hommes, lui, je ne sais pas qui aura le droit de l'être. » Madame de Saveuse s'attendait à ce

nom, un instinct secret le lui avait annoncé, elle ne fut pas surprise et pourtant elle rougit excessivement. Le dîner s'achevait avec les discours du lieutenant. Lorsque Gudule fut retirée le soir dans son appartement, elle se les rappela avec complaisance ; la bonhommie de l'officier la touchait; puis elle pensa, avec moins de satisfaction, que ce soupir assez triste pour frapper cette nature grossière s'exhalait pour la princesse Simon ! En posant la tête sur son oreiller elle ne put s'empêcher de souhaiter qu'un attachement plus digne de M. d'Estoute ville l'arrachât à celte coupable liaison ; elle aurait voulu lui voir épouser une femme capable d'apprécier tant de bonnes qualités et de l'entraîner dans une autre voie que celle où il mar-

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