CHAPITRE XII
UNE CODRSE A VINCENNES.
La fin de l'automne vit M. et madame de Saveuse installés à l'hôtel d'Aubemer et Lionel dans la plénitude de sa gloire, ayant mené de front ses intérêts et ses plaisirs. Gudule, présentée à la cour par sa tante, y avait obtenu de grands succès, et chacun, en l'annonçant comme l'étoile la plus brillante de la mode pour l'hiver qui s'approchait, attisait la haine que la
princesse de Montford lui portait. Elle s'était mise cependant à lui faire de grandes avances, repoussées par madame de Saveuse avec une politesse froide qu'on attribuait à sa jalousie de Lionel. La maréchale en était convaincue et cherchait à distraire sa nièce en l'entourant de soins et de plaisirs ; elle espérait y avoir réussi jusqu'à un certain point, car Gudule reprenait cette sereine gaieté, cette douce égalité d'humeur qui, un temps, semblait l'avoir abandonnée. D'Estouteville, profitant de la nouvelle liaison si hautement affichée par la princesse Simon, avait rompu avec elle tout en conservant les formes d'un homme de bonne compagnie ; il fréquentait encore le salon de la duchesse de Montford, y était parfaitement poli pour sa belle-fille,