CHAPITRE XII
ses bras; elle était évanouie. M. Ghevreux, plus attentif aux lois de l'hygiène qu'à celles des convenances, cria aux gens de la maréchale d'ouvrir la portière, et avant que madame d'Aubemer eiàt le temps de s'y opposer, madame de Saveuse se trouvait étendue sur le gazon à quelques pas de la route, M. Ghevreux lui tâtant le pouls et assurant que ce n'était qu'un saisissement dont elle ne tarderait point à revenir. D'Estouteville n'était pas assez grièvement blessé pour n'avoir pas entendu ce cri, et se dégageant adroitement de dessous son cheval il s'était promptement réuni au groupe formé autour de la jeune femme, encore sans connaissance. La maréchale s'évertuait à raconter comment, de sa calèche, on avait diî croire l'enfant écrasé,
et comment madame de Saveuse en avait été épouvantée ; chacun accueillait cette version avec un sourire d'incrédulité, hormis M. Chevreux qui y croyait parfaitement, et Henri qui n'osait croire autre chose. Gudule cependant commençait à reprendre ses sens, elle ouvrit les yeux. M. Chevreux, dans sa naïve simplicité, se hâta de lui dire :
« Soyez tranquille, madame la comtesse, l'enfant n'a pas été touché.
— Quel enfant? » reprit Gudule, et son regard tombant sur Henri elle s'écria :
(i Ah ! Dieu soit loué ! » et, cachant son visage, subitement empourpré, dans ses mains, fondit en larmes.
(( C'est la fin de la crise nerveuse, » dit l'imperturbable M. Chevreux, tandis