‹ La maréchale d'AubemerChapitre 117 sur 155 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Henri ne répondit que par un profond salut et un coup d'œil de reproche d'atténuer ainsi son bonheur. Gudule ne le comprit que trop, elle baissa les yeux et ne put s'empêcher de les relever plus tendrement; un éclair de joie la remercia. La correspondance d'un amour passionné venait de s'établir.

Madame d'Aubemer dit à son cocher d'avancer. Elle aurait trouvé mieux d'assister à la véritable course dont le moment approchait, mais la proposition arracha à madame de Saveuse un « ah, ma tante! » si douloureux, qu'elle donna l'ordre de rentrer dans Paris. Appuyées au fond de la calèche, ces deux dames n'eurent aucune peine à suivre la prescription de M. Ghevreux de garder le silence. Quant au calme

qu'il leur conseillait également, ni l'une ni l'autre n'y prétendaient. Arrivés à riiôtel d'Aubemer, M. Chevreux insista pour tâter le pouls de madame de Saveuse, le trouva fort agité, recommanda de la mettre au lit et de l'y retenir toute la journée. Elle se sentait trop besoin de solitude pour s'y opposer; la maréchale de son côté prévoyait des ennuis de toute part et n'était pas fâchée d'avoir le temps de réfléchir à loisir; on obéit donc. Mais avant de prendre congé, M. Chevreux annonça le projet de se rendre chez d'Estoutcville pour l'engager à se faire saigner; il avait été frappé de l'altération de sa figure, le croyait plus atteint qu'il n'avait voulu l'avouer, et souvent ces chutes sans fractures étaient les plus fatales par leurs

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