‹ La maréchale d'AubemerChapitre 12 sur 155 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

lettre avec bien moins d'attendrissement qu'elle n'en éprouvait au moment où M. David en avait arrêté la lecture.

(( Je connais trop le cœur de ma chère ( Emilie pour penser que le monde ait pu ( le gâter ou même l'altérer, c'est donc ( avec une entière confiance que j'y viens ( faire appel. — Ma fille se rend à Paris ( avec son mari ; je vous la recommande, ( ma sœur, non pas pour la mener à ( l'Opéra et la faire prier au bal, mais pour ( veiller maternellement sur elle ; vous i voyez à quel degré je compte sur votre i bonté et sur cette tendre amitié qui a ( trop longtemps régné entre nous pour se ( pouvoir jamais effacer. — Je vous confie ( non-seulement ce que j'ai de plus cher, ( mais ce qu'il y a de plus sacré, une

« jeune femme qui n'a pas connu de cha- (( grin et ne sait pas qu'il en peut arriver. « — Chère sœur, aimez-la, protégez-la « dans un monde où elle va être si étran- (( gère et peut-être si étrange ; j'ai besoin « de m'appuyer sur l'espérance de votre (( sollicitude pour prendre un peu de cou- (( rage à voir partir mon enfant. — Bonce jour, chère Emilie, Caroline vous presse (( tendrement sur un cœur dont il vous est (( donné de soulager l'inquiétude et l'aa mertume en acceptant sa demande. »

(( Encore un ennui ! pensa la maréchale; cela m'ira bien de promener une petite provinciale, tout occupée de m'employer à lui procurer des permissions pour voir tout ce qu'on ne montre pas, et des places pour tous les spectacles où l'on

Page 1