‹ La maréchale d'AubemerChapitre 120 sur 155 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

(( Puisque vous n'avez pas plus de philosophie contre un accident assez commun, quoique je reconnaisse un tel scandale rare, il ne fallait pas vous y exposer ; après tout, c'est votre faute; que ne la laissiez-vous retourner dans son donjon, quand elle en avait si bonne envie?

— On m'a dit que je passerais pour un sot, qui laissait échapper la succession de la maréchale.

— Qui vous a dit cela?

— Henri d'Estouteville, articula Lionel avec un tremblement de colère.

— Henri d'Estouteville !... Ah ! que cela est plaisant ! »

Et elle se renversa dans son fauteuil en se pâmant de rire. Lionel s'arrêta vis-kvis d'elle en se croisant les bras :

{( Oui, très - plaisant ; il riait comme cela. )) Il reprit sa marche et la princesse ses sarcasmes.

« Gomme cela a dû l'amuser... Vous n'avez donc pas compris qu'il voulait la garder ici pour en faire sa maîtresse ! comme ils vous ont bien joué!... »

Et l'hilarité de madame de Montford continuait tandis que la fureur de Lionel croissait de plus en plus.

(( Et encore il a le bras fracassé ! » murmura-t-il entre ses dents en se jetant avec violence sur un siège. La princesse Simon le croyait, et le lui avait dit sans émoi; toute méchante qu'elle était, elle n'aurait pas travaillé de la sorte à exaspérer M. de Saveuse. Elle voulait un esclandre et non pas un combat, éloigner Gudule qu'elle

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