‹ La maréchale d'AubemerChapitre 124 sur 155 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

leurs que Gudule ne pouvait se distraire un moment du coup qui la frappait, elle encourageait ses épanchements. La matinée s'avançait, lorsque mademoiselle Julie réclama la présence de la maréchale dans sa chambre , où des marchands l'attendaient ; elle se hâta de sortir, tandis que Gudule se détournait pour cacher sa figure pâle et inondée de larmes. — A peine la porte fermée, mademoiselle Julie s'arrêta.

(( Ah ! madame, un grand malheur !

— Qu'est-il arrivé? » dit froidement la maréchale accoutumée à entendre traiter de grands malheurs des choses assez futiles, selon l'humeur momentanée de mademoiselle Julie.

a Ce n'est pas que je l'aime, bien au

contraire ; tout le monde à l'hôtel est révolté de sa conduite. Mais madame la comtesse est si bonne qu'elle va être au désespoir.

— Au désespoir de quoi ? expliquezvous donc, je vous prie.

— Eh bien, madame, M. de Saveuse est mort. •

— Mort ! comment ?

— Tué d'un coup d'épée. »

Les jambes de la maréchale fléchirent sous elle; elle envisagea d'un seul coup d'œil toutes les conséquences de ce douloureux événement, ne doutant pas que Henri d'Estouteville ne fut l'antagoniste de Lionel. Elle put à peine se traîner jusqu'à sa chambre où un jeune homme fort pâle et très-agité l'attendait. Se laissant

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