‹ La maréchale d'AubemerChapitre 129 sur 155 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

d'Estouteville lui avait écrit, et une correspondance de plus en plus active s'établissait entre eux; ses lettres, comme beaucoup d'autres, passaient sous les yeux de Gudule, elle les rendait sans réflexions; mais sa tante remarquait que ces jours-là sa tendresse pour tous les siens était encore plus expansive et sa gaieté plus franche.

Madame .d'Aubemer ne se décidait pas sans un vif regret à quitter Saveuse, le long séjour qu'elle venait d'y faire s'était écoulé comme un songe. Entourée de soins et d'affections, les jours semblables entre eux, mais diversifiés par des occupations variées, lui paraissaient suffisamment remplis, et elle s'était presque avoué qu'il vient un âge pour lequel la monotonie n'est pas

de l'ennui , mais seulement du repos.

L'air des montagnes lui était salutaire, et surtout le sentiment d'isolement dont elle, souffrait si habituellement , se trouvait écarté d'elle ; avec sa sœur elle pouvait parler de leur jeunesse , de leurs amis d'autrefois ; avec Gudule de ses relations présentes. Le vieux marquis lui-même conservait toute sa mémoire, et, ayant servi dans les mousquetaires, rattachait des souvenirs du temps jadis à ceux plus récents de la maréchale, qui par là semblait se rajeunir à ses propres yeux. Plusieurs voisins, dont quelques-uns assez aimables, se réunissaient souvent au cercle de famille, et, à tout prendre, sept mois venaient de s'écouler fort agréablement.

Toutefois la pensée de séjourner un hiver

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