‹ La maréchale d'AubemerChapitre 136 sur 155 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

prude et guindée, sans aucun usage du monde, qui ne saurait tenir sa place ni à la cour, ni à Paris; elle n'avait aucune fortune : sans doute sa tante était fort riche, mais la princesse Simon tenait de sa bel le- mère, amie intime de la maréchale, que jamais elle ne consentirait à rien assurer par contrat de mariage, et personne n'ignorait à quel point madame d'Aubemer était capricieuse dans ses affections. La princesse Simon gémissait de voir Henri engagé dans ce mauvais pas, c'était au marquis à y porter remède. Celui-ci se rappelait bien, en effet, avoir entendu citer différentes personnes comme ayant chance à hériter de la fortune de madame d'Aubemer, et accepta d'autant plus facilement la dénonciation

de madame de Montford, qu'elle lui expliquait la nouvelle conduite de son fils ; mais ce mariage dérangeait trop ses projets pour qu'il ne se promît pas de l'empêcher. Le moment était arrivé de conclure l'alliance si longtemps méditée avec la petite comtesse de Toreignstein. 11 avait été la voir à Caen ; elle n'était que légèrement contrefaite, assez fraîche, bien moins laide qu'il n'avait craint; avec ses beaux yeux et une toilette plus intelligente que celle du couvent, elle serait très-passable. Le marquis arrivait enchanté lorsque la confidence de la princesse Simon vint interrompre toutes ses combinaisons et le désola; car, outre le peu de fortune actuelle et l'incertitude des volontés de la maréchale, il éprouvait une extrême

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