‹ La maréchale d'AubemerChapitre 137 sur 155 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

répugnance à étaler la situation de ses affaires devant une famille étrangère. Son inquiétude était donc grande lorsqu'une lettre de Magnanville vint la confirmer. Henri racontait en termes passionnés son long attachement pour madame de Saveuse; le deuil étant arrivé à son terme, il demandait le consentement de son père à un mariage qui assurait le bonheur de sa vie, mais de façon à faire comprendre la détermination bien arrêtée de l'accomplir. Le marquis ne s'y trompa pas, il avait eu le temps de méditer sa réponse et la voici :

(( Malgré le ton exagéré dont tu en (( parles , mon cher Henri , je suis très- (( disposé à admirer ton ange gardien;

« j'ai aperçu madame de Saveuse, elle m'a « paru fort jolie ; tu la dis pleine de grâces « et de vertuSj je le crois; elle est trèsce bien née, je n'aurais rien à reprendre à « ce choix, si, lors de notre conférence, (( il y a bientôt quatre ans, tu m'avais (( répondu : Douze cents livres de rente (( et ma Sophie!,,., et que, depuis, ta « vie eût été réglée sur ce principe ; mais, « mon cher enfant, tu en as agi tout autrece ment : il me faut donc , à mon extrême (( regret , te montrer les choses telles (( qu'elles sont, tu jugeras ensuite et je (( n'en appellerai pas : mon consente- « ment est acquis à ce que tu déci- (( deras.

(( Confiant dans ta parole, j'ai eu la fai- (( blesse d'appliquer à tes dépenses, et

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