‹ La maréchale d'AubemerChapitre 138 sur 155 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

aussi aux miennes (car, loin de repous- ( ser la solidarité, je la réclame) des capitaux appartenant à ma pupille : il m'était plus facile de me les procurer sans achever de grever des terres qui devaient à la fin revenir à vos enfants. Cette faiblesse que ton mariage avec elle aurait ( couverte et comme légitimée, est devenue ( un tort d'autant plus impardonnable que ( les appels faits à sa fortune se trouvent ( plus nombreux que je ne le savais. J'ai ( reçu ta lettre avant-hier, et depuis ce ( temps j'ai passé trente heures sur un gri- ( moire de chiffres; je trouve toujours de ( quatre à cinq cent mille francs de plus ( que je ne possède à rembourser à made- ( moiselle de Toreignstein. Vois, de ton ( côté, où tu en es de l'héritage de ta mère,

(( et si tu peux venir à mon secours. Je (( veux bien être ruiné; mais déshonoré, « j'aimerais mieux l'éviter ; il y a toujours, « sans doute, la ressource de la Trappe ou (( de la rivière; toutefois, comme ce sont (( des moyens peu agréables, il ne faut y « avoir recours qu'à la dernière extrémité. « Si tu peux disposer de la somme que je (( dois, si madame de Saveuse consent à (( accepter ta main sans aucune fortune, (( lorsque tu lui auras loyalement exposé « notre position, je recevrai avec admira- (( tion la charmante belle-fille que tu me « promets. Je pense qu'il serait peu déli- « cat et bien imprudent d'avoir recours à (( madame d'Aubemer; telle qu'on la con- « naît, une pareille demande lui déplairait (i excessivement et enlèverait probable-

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