‹ La maréchale d'AubemerChapitre 139 sur 155 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

(( ment ses bonnes grâces à madame de (( Saveuse. J'ai dû, mon bon Henri, te pré- (( senter le tableau fidèle de notre sitaa- (( tion, maintenant c'est à toi à la fixer. (( Une consolation bien sensible me reste (( du moins tout entière : ton nom, cfuoi (( qu'il arrive, n'est aucunement compro- (( mis; c'est justice, puisque tu es resté « étranger à toutes ces transactions , et (( que tu ignorais la source de l'argent que « tu dépensais; il ne peut donc en rejaillir (( aucune honte sur ta tête , et sois bien (( sûr que je m'arrangerai de façon à (( ce que tu en restes complètement à (( l'abri.

a Je m'afflige d'avoir à te faire une si (( pénible révélation ; peut-être cependant (( aurais-tu pu la prévoir, d'après ce que

30a LA MARÉCHALE D'AUBEMER.

(( je t'ai communiqué de l'état de mes (( affaires à ton retour d'Allemagne. S'il (( m'est encore permis de te donner un (( conseil, mon cher fils, c'est celui d'être (( rangé à l'avenir ; juge ce que je souffre (( aujourd'hui, de me voir forcé à appor- (( ter du trouble à ton bonheur ! Jamais je (( n'ai autant regretté les embarras d'une (( fortune où les libéralités excessives de (( ta pauvre mère ont commencé à por- (( ter le désordre ; mais nous ne pouvions a pas, mon cher enfant, nous plaindre de (( tant de vertus et refuser des- engage- (( ments pris par elle. Je me résume, mon « cher Henri : si tu es en mesure, viens (( à mon secours ; si cela est impossi- (( ble, laisse-moi me tirer d'affaire tout (( seul. Reçois ma bénédiction d'avance,

Page 1