‹ La maréchale d'AubemerChapitre 140 sur 155 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

(( et garde un éternel secret sur ce que je « t'avoue... tu ne dois jamais en avoir eu (( connaissance. »

Le marquis se sourit à lui-même en achevant cette lettre ; il savait la fortune laissée par sa femme à peu près dissipée, et Henri hors d'état de lever une somme de quelque importance. Il connaissait assez son fils pour être assuré qu'il en obtien-

drait d'autant plus qu'il lui demandait moins, et il espéra un plein succès de sa perfide abnégation. Les choses étaient moins graves qu'il ne les représentait : ses biens, en effet, se trouvaient fort obérés ; mais les substitutions restaient, et les capitaux de la petite de Toreignstein n'avaient pu être entamés. Toutefois le mar-

quis avait compris qu'un intérêt d'honneur pourrait seul déterminer Henri.

Ce pauvre Henri attendait la réponse de son père sans une trop grande préoccupation ; absorbé par son bonheur, il vivait sous le charme du doux sourire de madame de Saveuse : c'était là son présent, son avenir, et sa pensée ne pouvait s'en écarter. Au retour d'une promenade où il avait obtenu sans trop d'efforts la permission d'écrire au marquis de Saveuse, pour demander la main de sa petite-fille, Henri, transporté de joie , se rendit dans sa chambre pour expédier cette lettre ; celle de son père l'attendait sur sa table. Une violente migraine servit de prétexte à M. d'Estouteville pour ne point reparaître au salon ce soir-là. A cinq heures

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