CHAPITRE XIV
du matin, il quittait Magnanville. En entrant chez madame de Saveuse, sa femme de chambre \u\ remettait ce billet à peine lisible tant les caractères en étaient tremblants :
(( Je serais le dernier des hommes si je n'en étais pas le plus désespéré — Je pars.... ne me jugez pas avec l'inflexibilité de votre esprit, mais avec l'indulgence de votre cœur. Gudule mon
Dieu! suis-je donc réduit à une pareille prière!... Gudule, ma bien-aimée Gudule, oubliez le malheureux.
«Henri. »
Presque au même instant arrivait un courrier de Saveuse : le vieux marquis
était tombé très-gravement malade, on réclamait la présence immédiate de la comtesse Lionel ; elle se décida à partir sur-le-champ. Cet incident suffit à expliquer h la maréchale le trouble affreux où elle trouva sa nièce ; les apprêts du voyage se faisaient avec une activité fébrile, et ce n'est qu'en remarquant l'absence de Henri au moment où Gudule montait en voiture, que madame d' Aubemer apprit qu'il était parti le matin pour Paris. C'était une circonstance trop simple pour lui causer un grand étonnement; elle demanda à sa nièce si elle lui avait écrit, Gudule ne fit aucune réponse et la voiture partit. La maréchale resta sur le perron, admirant cette inquiétude filiale ({ui dominait tous les autres sentiments, et se pro-