CHAPITRE XV
UN NOTAIRE d'AUTREFOIS. — CONCLUSION.
Une semaine d'attente s'était lentement écoulée, lorsque madame d'Aubemer adressa à un nouvel arrivant de Paris cette question banale :
(( Quelles nouvelles dit-on ?
— On ne s'occupe que du mariage du comte Henri d'Estouteville.
— Vraiment ! reprit la maréchale en souriant. Cela me paraît un soin prématuré.
— Mais pas tant, s'il se fait la semaine prochaine ; au reste vous en savez plus que moi, puisque je vous vois dans la con- • fidence. Cependant le marquis m'a dit, en recevant mon compliment, qu'ils partaient jeudi pour Caen où le mariage se faisait; je n'ai pas vu Henri. »
La maréchale eut peine à cacher son trouble ; peu d'instants ensuite la poste lui apporta une lettre de Gudule : après avoir dit sa satisfaction d'avoir trouvé son grand-père hors de danger, elle racontait l'étrange billet reçu le jour de son départ de Magnanville, et avouait ne pouvoir plus supporter l'incertitude où il la plongeait; elle conjurait sa tante de l'éclairer sur son malheur, et de mettre un terme aux mille conjectures qui, en se succédant dans son