‹ La maréchale d'AubemerChapitre 145 sur 155 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

M. Chevreux, sous prétexte de fatigue, et écrivit à l'abbé Blondel de venir immédiatement chez elle :

(( Mon cher abbé, lui dit- elle, depuis de bien longues années que j'observe le monde, j'ai constamment remarqué qu'il y a, dans les affaires les plus compliquées, un moment où tous les embarras se peuvent éviter ; mais lorsqu'on ne le saisit pas, il arrive des malheurs irrémédiables : voyons donc si nous en sommes encore à ce point, et si, en nous expliquant, de vous à moi, avec une entière franchise, nous ne parviendrons pas à nous entendre utilement. Je désire extrêmement le mariage de ma nièce avec Henri d'Estouteville ; j'ai lieu de croire que lui le désirait également il y a peu de jours, et qu'elle y

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espérait son bonheur. Qu'est-il survenu à la traverse? Est-ce un caprice d'amoul'eux? A-t-il un motif impérieux pour rompre avec nous? Ce mariage, enfin, dont on parle, doit-il véritablement s'accomplir? Vous devez tout savoir^ répondez-moi avec la même franchise que je vous parle..

— Hélas! madame la maréchale, je ne le puis à mon amer regret : Henri est le plus honnête, le plus délicat et le plus malheureux des hommes; il adore madame votre nièce, et il se sacrifie au devoir et à l'honneur.

— Ce sont là de fort beaux mots qui ne signifient rien du tout, mon cher abbé. Il faut absolument que vous vous expliquiez plus clairement. A moins qu'il

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