CHAPITRE XV. SVA
ne se soit amusé à séduire la pupille de son père, ce qui est à peu près impossible , l'honneur ne peut lui faire une loi de l'épouser s'il s'en trouve malheureux.
— Malheureux ? Oh oui ! Malheureux à en mourir, je crains, reprit l'abbé d'une voix émue.
— Je vous en conjure donc, au nom de votre affection pour lui, au nom de celle que je porte à ma nièce, qui peutêtre en mourra aussi. (Vous voyez que je vous parle comme à un confesseur.) Je vous en conjure, dites- moi ce qui décide Henri. »
L'abbé Blondel avait promis le secret, il comptait le garder; mais, poussé ainsi jusque dans ses derniers retranchements, et véritablement inquiet de l'état de déses-
poir OÙ il voyait Henri, il se décida à confier à madame d'Aubemer la cruelle position de son ancien élève. L'abbé n'avait pas grande considération pour le marquis, son manque de délicatesse l'avait peu étonné ; mais il savait en même temps combien il tenait à conserver l'opinion publique en sa faveur, et il le croyait trèscapable de vouloir maintenir l'honneur de l'homme mondain, même aux dépens d'un crime. Il ne pouvait donc que pleurer avec Henri sans oser l'encourager à la rébelhon dont le résultat pouvait amener une aussi funeste catastrophe ; et le marquis , trèspersuadé que les chagrins d'amour laissent peu de traces, acceptait le sacrifice de son fils sans le moindre scrupule. Une des principales douleurs de Henri était la