‹ La maréchale d'AubemerChapitre 147 sur 155 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

pensée que Gudule devait le mépriser, et le respect filial défendait de l'éclairer. L'abbé pensa pouvoir, sans trahir la confiance mise en lui, profiter de cette occasion pour faire parvenir la vérité à madame de Saveuse : lui apprendre combien la conduite de Henri était digne d'éloges, sa situation de pitié.

La maréchale lui prêta une profonde attention. Lorsqu'il eut terminé sa relation, elle le remercia de sa confidence, promit un secret absolu et ajouta :

« Ce sera une grande satisfaction pour madame de Saveuse, de savoir combien son attachement est justifié par le mérite de Henri; je la ressens vivement aussi, soyez-en sûr. »

L'abbé Blondel ne prétendait pas autre

chose, et pourtant, sans se rendre bien compte de son impression . il sortit de chez la maréchale, froissé et désappointé. Il était tard, l'abbé retourna à l'hôtel d'Estout^ville où il avait son domicile, ruminant, à part lui, s'il parlerait à Henri de la conférence d'où il sortait; il n'était pas encore décidé lorsqu'il reprit son poste auprès du lit , où un peu de fièvre et beaucoup de désir de solitude retenaient son jeune et triste ami.

A sept heures le mardi matin , madame d'Aubemer entrait dans l'étude de son notaire. — M. Norbert devait sa charge à l'amitié de M. Dermonville. qui. en mourant , lui avait recommandé sa veuve. Cet ordre de son patron avait été

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