CHAPITRE XV
fidèlement accompli, M. Norbert s'était identifié aux int-érêts de madame Dermonville. Le maréchal d'Aubemer lui ayant aussi donné toute sa confiance , il était resté l'ami, le conseil de madame d'Aubemer, et quoique leur âge ne fût pas fort différent , il se considérait comme son tuteur, et elle lui en reconnaissait les droits ; aussi n'était-ce pas sans quelque embarras qu'elle se présentait devant lui.
u Hé, bon Dieu ! madame la maréchale, qui peut me valoir l'honneur de votre visite à pareille heure ? s'écria M. Norbert, en recroisant soigneusement sa robe de chambre à ramages qui couvrait un costume noir de la meilleure tenue, et se rasseyant à son bureau,
après avoir avancé un fauteuil à la maréchale.
— Mon bon monsieur Norbert, je suis pour vingt-quatre heures à Paris, il fait bien beau, mais si chaud que je n'ai pu dormir.... J'ai songé toute la nuit à faire mon testament, et je suis venue en causer avec vous.
— C'est bien, cela, c'est très-bien; c'est une idée fort sage ; ces sortes d'actes se font beaucoup mieux en pleine santé. Vous aviez un testament que vous avez détruit après la mort de M. le chevalier d'Aubemer... Nous allons prendre l'état de vos biens, et vous pourrez agir en connaissance de cause. »
M. Norbert s'était levé et se dirigeait vers le carton qui portait en grosses lettres