CHAPITRE XV
VOUS mènera chez M. Dumas et je vous attendrai ici.
— Je n'irai pas chez M. Dumas, dit résolument M. Norbert.
— Mon cher monsieur Norbert, je vous en supplie; jusqu'ici, vous l'avouerez, je ne me suis jamais permis aucune transaction que sous votre bon plaisir....
— C'est bien pour cela que je n'ai pas besoin d'aller chez M. Dumas, grommela Norbert entre ses dents.
— Mais enfin, au bout du compte, ajouta la maréchale un peu impatientée, ma fortune est à moi, j'en puis disposer!
— Ah bien oui ! il ferait beau voir ! Si je vous avais laissée gouverner votre fortune, reprit avec chaleur M. Norbert,
ce ne serait pas cinq cent mille francs, ce serait cinq cent mille liards que vous ne trouveriez point aujourd'hui ; vous seriez comme ce marquis d'Estouteville, que vous avez peut-être rencontré dans mon escalier : depuis cinq jours, il cherche partout trente mille francs, pour les frais de noce de son fils, et il ne peut pas trouver un patard ; mais celui-là y est trop bien accoutumé pour en prendre aucun souci : il a eu beau faire sonner bien haut les deux millions de la future, qui les a pourtant bel et bon, personne n'a voulu s'y fier.
— Mademoiselle de Toreignstein a deux millions?
— Oui, bien comptés.
— C'est énorme deux millions !
— C'est une fort grosse dot.