CHAPITRE XV
les papiers nécessaires à la transaction. La maréchale s'empressa de signer; mais M. Norbert ne lui fit grâce d'aucune formalité : il fallut compter tous les billets, lire tous les actes, il était plus de onze heures lorsqu'il se leva, et pendant qu'il arrangeait son portefeuille, il dit :
« A présent, madame la maréchale, que je vous ai obéi, permettez-moi de vous rappeler que, pour réparer cette large brèche, il faudra être plus raisonnable. A l'avenir plus de laiteries, plus de laboratoires improvisés pour servir dix jours, plus de
— Non, non, non, mon cher Norbert, j'ai bien autre chose en tête dorénavant !
— Je ne vois pas que les nouvelles fan-
taisies soient moins onéreuses que les anciennes, » murmura M. Norbert en faisant sa révérence et en jetant mi coup d'œil de regret sur les cinq cent mille francs qu'il laissait derrière lui. En traversant le vestibule, M. Norbert glissa dans l'oreille de
son clerc :
(( Nous avons heureusement quelques
économies que je lui fais faire de temps
en temps sans qu'elle s'en doute, et je
pense bien que les réserves des bois de
Franche-Comté couvriront le déficit ; mais
je ne veux pas qu'elle le sache. Que diable !
il ne faut pas qu'elle recommence; je ne'
lui aurais pas cédé si facilement cette fois
même , si je n'avais démêlé qu'il y a
quelque belle action là-dessous C'est
une si excellente dame ! »