‹ La maréchale d'AubemerChapitre 18 sur 155 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

et elle accepta avec satisfaction l'offre de son tuteur. Peu de semaines après elle épousa M. Dermonville, au grand mécontentement de sa famille, qui n'avait pas été consultée. Le public en général blâma ce mariage ; on trouvait que mademoiselle d'Élancourt; fille de qualité, alliée aux premières maisons de France, possédant trente mille livres de rente et une beauté fort remarquable, ne devait pas épouser un homme de quarante-cinq ans dont la seule distinction se bornait à une très-grande fortune ; on aurait pu y ajouter beaucoup de bon sens et un heureux caractère, mais ce sont de ces avantages dont on tient peu état dans le monde, et le bruit courait que M. Duparc avait vendu la jeune et charmante Emilie d'E-

lancourt à beaux deniers comptants. — M. Dermonville entoura sa femme d'un grand luxe, établit sa maison sur un pied très-élégant, et elle devint l'arbitre de la mode, sorte d'importance qui absorbe au début de la vie et ne laisse pas aux regrets le temps de se former. Emilie paraissait donc très-satisfaite dans les liens d'une union disproportionnée pour l'âge et la naissance.

Sa sœur Caroline, retenue au couvent par la volonté expresse du baron d'Elancourt, passait néanmoins la plus grande partie de ses journées chez madame Dermonville. Elle y fut remarquée par le comte Gustave de Saveuse , dont bientôt elle partagea le sentiment ; Emilie s'en porta protectrice et se chargea de parler à

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